Elections locales au Gabon : communiqué de la société civile

Elections locales au Gabon : communiqué de la société civile

Communiqué reçu du Réseau des organisations libres de la société civile pour la bonne gouvernance au Gabon (ROLBG)

le 15.12.13

Élections locales 2013 au Gabon : De sérieuses irrégularités qui remettent clairement en doute la fiabilité des résultats attendus

Le 14 décembre 2013, se sont déroulées sur l’étendu du territoire national, des élections pour désigner les Conseils Municipaux et Départementaux du Gabon. Au terme de cette consultation, le Réseau des organisations libres de la société civile pour la bonne gouvernance au Gabon (ROLBG), principale organisation de la société civile ayant observé le déroulement du scrutin formule les conclusions suivantes : Dans l’ensemble, il apparaît très clairement que malgré les milliards de FCFA dépensés auprès de la société française GEMALTO pour instaurer la biométrie, l’application de cette technologie a totalement failli durant le processus électoral. De plus, de nombreux cas d’irrégularités, notamment de fraudes, de corruption d’électeurs, d’intimidation par les forces de l’ordre, d’absence de l’opposition durant le décomptage des votes et de transport illégal de votants dans certains bureaux de vote, permettent de dire que les élections locales 2013 au Gabon auront été mal organisées et sont préjudiciables aux résultats, en plus de semer un sérieux doute sur la qualité ou la fiabilité de ces résultats attendus ; doutes susceptibles d’aboutir sur une demande d’annulation pure et simple de ce scrutin.

Ci-après les observations du ROLBG.

Sur l’organisation

Ouverture tardive des bureaux de vote en moyenne à 11heures ; Absence des principaux membres dans les bureaux de vote, le Président et vice président de la majorité et de l’opposition, ainsi que les deux assesseurs ; Constitution de membres de bureaux de vote séance tenante notamment à l’École publique de Louis, Martine OULABOU et Alibadeng, avec l’appui des forces de l’ordre (notamment les fameux Bérets rouges) ; Installation d’un quartier général de l’armée au sein d’un centre de vote notamment école publique d’Akébé 2 ; Distribution des cartes d’électeurs séance tenante ; Listes électorales déchirées et jetées par terre ; Désordre organisé concernant les pièces d’identités à fournir pour voter ; La non exigence de présentation d’une pièce d’identité dans certains centres de vote « centre École pilote du centre bureau n°1 et n°5 » ;

La biométrie

En ce qui concerne le caractère biométrique et transparent de cette élection, les observateurs de la société civile mandatés par le ROLBG, ont constaté que : Contrairement à ce qui a été annoncé par le Gouvernement, cette élection n’a pas été organisée avec la biométrie. Une élection biométrique suppose d’après les normes et standard internationaux, un dispositif informatique, composé d’un ordinateur portable, installé dans chaque bureau de vote, que les électeurs soient authentifiés par la prise de leurs empreintes digitales de facto pour la reconnaissance de leur profil. L’autre constat est le fait que les électeurs ne disposaient pas de cartes biométriques. On peut donc dire que cette élection ne répond pas aux normes applicables à un scrutin biométrique.

Sur le Déroulement

L’ouverture tardive des bureaux de vote ; Face à la défaillance de la CENAP, la facilitation pour les forces de l’ordre en uniformes et armées d’entrer à l’intérieur de certains bureaux de vote et parfois de façon agressive, notamment au bureau de vote de l’école d’Akébé plaine où les observateurs ont été verbalement agressés ; De nombreux citoyens non pas pu accomplir leur droit de vote à cause du refus catégorique de certains membres de bureaux de leur donner la carte d’électeur, ou l’impossibilité de retrouver leurs noms sur la liste électorale ; Le transport massif d’électeurs et la distribution d’argent dans les bureaux de vote notamment ceux de Louis, Kinguélé, Akébé 2 et Ondogo ; Des électeurs qui monnayaient leurs voix au sortir des bureaux de vote ; Quelques incidents ont été constatés à l’école urbaine du centre bureaux n°1, n°2, n°3 qui sont allés au-delà de l’heure de fermeture légale de vote qui était à 18h, et à l’école des Charbonnages où les observateurs ont été agressés par certains membres zélés des bureaux de vote ; De nombreux étrangers non habileté à voter ont été dénoncés, pris à partie et remis à la Gendarmerie

Dépouillement et proclamation :

Dans de nombreux centres, la fermeture des bureaux n’a pas été simultanée, pendant que certains fermaient à 18 heures d’autres par contre sont allés au-delà de là de l’heure légale de clôture ; Le dépouillement et la proclamation ont été réalisés dans l’obscurité particulièrement à Martine OULABOU où l’électricité a été délibérément coupée ; Dans de nombreux centre de vote, le dépouillement s’est déroulé dans l’opacité, singulièrement aux écoles publiques de Louis et de Dragages où le public a été chassé par les forces de l’ordre.

Synthèse des observations :

Sur l’organisation, le ROLBG note une organisation approximative du scrutin dans la globalité avec de nombreux manquements.

Sur le plan du déroulement, le ROLBG note de nombreux disfonctionnements préjudiciable à la qualité et à la régularité du scrutin, incluant :

l’ouverture tardive des bureaux de vote ; la gestion quelconque des bureaux de vote ; le manque de coordination entre la CENAP et les représentants des partis politiques ; l’impossibilité pour des milliers d’électeurs disposant de carte d’électeur de voter ; les listes électorales déchirées et jetées à même le sol ; la présence massive des forces de sécurité dans les bureaux de vote qui ont parfois entravés la sécurité dans les bureaux de vote ; le transport massif des électeurs notamment à Ndendé, Port-Gentil, Omboué Gamba et Mouila et, la corruption à travers la distribution d’argent par les candidats ; l’offre de corruption des électeurs

Sur le dépouillement, on note que dans nombreux bureaux, celui-ci et la proclamation ont été fait sans électricité.

CONLUSION GENERALE ET RECOMMANDATIONS :

Le scrutin s’est déroulé dans l’ensemble sans incident majeur et sans violence. C’est à l’honneur de la population qui ne veut qu’exprimer son vote à chaque élection de façon démocratique. Du point de vue de la biométrie, un élément important qui devait clairement établir la différence avec les élections précédentes, cette élection n’a pas été organisée selon les règles strictes qui sous-tendent cette technologie. Ce qui met en doute le caractère transparent du scrutin sur l’ensemble du territoire national du fait de la non application de ladite technologie, c’est-à-dire la biométrie.

Pour le ROLBG, l’administration des élections locales 2013 fut désastreuse et les nombreuses irrégularités observées ne donnent pas d’autres choix que de recommander une annulation pure et simple de ces élections.

Fait à Libreville, le 15 décembre 2013

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s