Tchad 2013 : la réhabilitation impossible d’un dictateur notoire (dossier d’information)

Tchad 2013 : la réhabilitation impossible d’un dictateur notoire (dossier d’information)

Chad 2013 : The Impossible Rehabilitation of a Notorious Dictator (Information Kit)

16 décembre 2013

English version below

Accéder au complément du 5.3.14 : « Influence et implication d’Idriss Déby en Centrafrique de mi-2012 à janvier 2014« .

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Tchad 2013 : la réhabilitation impossible d’un dictateur notoire

Dossier d’information réalisé dans le cadre du Collectif de Solidarité avec les Luttes Sociales et Politiques en Afrique,

Paris, 15 décembre 2013

Lire le dossier d’information en version PDF ou en html ci-dessous.

Le Collectif de Solidarité avec les Luttes Sociales et Politiques en Afrique se mobilise depuis 2009 à Paris dans le sens d’un soutien aux démocrates africains et dans le sens d’une réforme profonde de la politique française. Il constitue un espace de réflexion collective de plaidoyer et d’échanges entre partis politiques et associations, de France et d’Afrique. Aussi, le dossier d’information « Tchad 2013 : la réhabilitation impossible d’un dictateur notoire » s’attache à décrire à la fois les caractéristiques de la dictature tchadienne, et la relation entre les Etats français et tchadien.

Depuis l’arrivée d’Idriss Déby au pouvoir, le Tchad a connu de nombreuses rébellions. De nombreux massacres ont été commis par l’armée tchadienne et en particulier par la Garde républicaine. De nombreux faits datant d’avant la Cour Pénale Internationale attendent toujours vérité et justice, d’autant plus que le démarrage du procès Habré accentue l’enjeu spécifique tchadien dans la construction d’une justice internationale en Afrique.

Idriss Déby est accusé d’ingérence et de déstabilisation dans les pays voisins, en particulier en Libye, au Soudan et en Centrafrique. L’islam tchadien s’est radicalisé pendant son règne. Le régime semble incapable de se réformer et d’évoluer vers l’Etat de droit. La répression des opposants et des journalistes continue, et le régime tchadien s’est fait remarqué en raison des « disparitions forcées ». Depuis 2003, l’argent du pétrole a aggravé la corruption et les tensions. La démocratie n’a pas réussi à se mettre en place.

Idriss Déby a été mis en place en 1990 par l’armée française, installée au Tchad depuis 1986 et le début de l’opération Epervier. Le soutien français n’a jamais cessé, et est allée, en 2013, suite à la guerre au Mali, jusqu’à une tentative diplomatique de réhabilitation. Plus globalement en Afrique, la politique française, très influencée en 2013 par l’armée française, vise à construire « la paix et la sécurité » sans aucune considération pour la nature des régimes. L’alliance avec le pire dictateur des anciennes colonies françaises, le tchadien, entraine une relance de la Françafrique autour du réseau de dictateurs « amis de la France ».

Au regard de ce bilan, la politique française en Afrique et au Tchad nécessite une réforme rapide : un arrêt du soutien diplomatique et militaire aux dictateurs, et en priorité à Idriss Déby, un soutien actif aux démocrates africains, un retrait adapté des troupes françaises du Tchad, des garanties concernant la lutte contre la corruption des fonctionnaires français au Tchad, la vérité et la transparence sur l’ensemble des crimes observés par des fonctionnaires français au Tchad entre 1982 et 2013.

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Chad 2013 : The Impossible Rehabilitation of a Notorious Dictator

An Information Kit prepared in the framework of the Collective for Solidarity with Social and Political Struggle in Africa,

Paris, 15 December 2013

Read the information kit in PDF format, or in html below.

The Collective for Solidarity with Social and Political Struggle in Africa has been working since 2009 in Paris to support African democrats and for far-reaching reform of French policy. It is a space for collective reflection, advocacy and exchange between political parties and associations from France and Africa. The information package “Chad 2013 : the impossible rehabilitation of a notorious dictator” attempts to describe both the characteristics of the Chadian dictatorship, and the relationship between the French and Chadian States.

Chad has experienced many rebellions since Idriss Déby came to power. Widespread massacres have been committed by the Chadian army, and in particular by the Republican Guard. Many facts dating from before the time of the International Criminal Court are still awaiting truth and justice, all the more so because the start of the Habré trial highlights the specific issue of Chad in the construction of international justice in Africa.

Idriss Déby is accused of interference and destabilization in neighboring countries, especially in Libya, Sudan and the Central African Republic. Islam in Chad has been radicalized during his reign. The regime seems unable to reform and move towards the rule of law. Repression of opponents and journalists continues, and the Chadian regime has drawn attention to itself because of a number of “enforced disappearances.” Since 2003, oil money has exacerbated corruption and tension. Democracy has failed to be implemented.

Idriss Déby was put in place in 1990 by the French army, which has been present in Chad since the beginning of Operation Sparrowhawk (l’opération Epervier) in 1986. French support has never stopped, and in 2013, following the war in Mali, has gone as far as diplomatic efforts in favor of rehabilitation. More generally in Africa, French policy, heavily influenced in 2013 by the French army, aims to build “peace and security” without taking into account the natures of regimes. The alliance with the worst dictator of the former French colonies, the Chadian, is resulting in a relaunch of Françafrique centered on the network of “friends of France” dictators.

In light of its record, French policy in Africa and Chad requires rapid reform : a stop to diplomatic and military support for dictators, especially for Idriss Déby ; active support for African democrats ; appropriate withdrawal of French troops from Chad ; guarantees concerning the fight against the corruption of the French officials in Chad ; and truth and transparency on all crimes observed by French officials in Chad between 1982 and 2013.

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TCHAD 2013 : LA REHABILITATION IMPOSSIBLE D’UN DICTATEUR NOTOIRE

Dossier d’information réalisé dans le cadre du Collectif de Solidarité avec les Luttes Sociales et Politiques en Afrique

Paris – 15 décembre 2013 Version originale en Français

https://electionsafrique.wordpress.com/ (ex http://electionsafrique.org)

Sommaire

Introduction 3

1. 23 ans de règne, 23 ans de guerres civiles 3

Historique des rébellions et guerres civiles de 1990 à 2013 3

2. Massacres, crimes de guerre, crimes contre l’humanité 6

A. 1990-2013 : Massacres sous la présidence d’Idriss Déby 6

B. 1980-1990 : Massacres sous présidence d’Hissène Habré avec implication d’Idriss Déby 10

3. Le président stable dans une région instable ? 12

3.1 Soudan : 2004-2009 12

3.2 Libye : 2011 13

3.3 Nigéria : 2009-2013 15

3.4 Centrafrique : 2012-2013 15

4. Islam au Tchad : équilibrisme ou double jeu ? 19

5. Incompatibilité avec l’Etat de droit 20

6. Répression des opposants et de la presse : le poids du passé 21

7. Une caricature de pétro-monarchie 22

8. La « démocratie apaisée » qui n’a jamais trompée personne 24

9. Le soutien français à Idriss Déby ne s’est jamais tari 25

10. Que fait l’armée française au Tchad ? 26

11. En 2013, la tentative de réhabilitation passe par Paris 28

12. Paix et sécurité en Afrique sans démocratie et Etat de droit ? 30

13. Conclusion : Idriss Déby au centre de la Françafrique version Hollande 31

14. Bibliographie 33

Rapports : 33

Livres : 35

Sites internet : 35

Sources spécifiques à la liste de massacres présumés : 36

15. Communiqué du Collectif de Solidarité avec les Luttes Sociales et Politiques en Afrique du 28 octobre 2013 37

16. Présentation du Collectif de Solidarité avec les Luttes Sociales et Politiques en Afrique 40

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Introduction

Idriss Déby a été applaudi à Bamako aux côtés de Hollande le 19 septembre 2013. Il se présente désormais comme un rempart et un acteur incontournable face au terrorisme islamique ou comme sous-traitant potentiel d’opérations militaires ou de maintien de la paix. Ainsi, le dictateur tchadien sort très renforcé de la guerre au Mali. Il a obtenu le 18 octobre pour le Tchad un siège de membre non permanent au Conseil de Sécurité de l’ONU. Pour l’exécutif français, la lutte contre le ‘djihadisme’ au Sahel est passée par l’alliance de l’armée française avec les troupes d’un chef d’Etat qui est pourtant l’un des pires dictateurs d’Afrique.

L’actualité de 2013 marquée par l’influence française dans le sahel semble masquer la réalité tragique du régime tchadien. La ‘réhabilitation’ d’un dictateur à ce point reconnu nécessite une occultation des différents aspects de l’histoire et de la politique du Tchad : les guerres civiles, les massacres et crimes de l’armée tchadienne, le sous-développement, le détournement de la rente pétrolière, les élections fraudées, la répression des démocrates, de la presse, et de la société civile.

Ce début d’ ‘amnistie’ française pour les crimes du président tchadien profite à l’ensemble des dictateurs dont les crimes sont de moindre ampleur ou concomitants. La réhabilitation des dirigeants africains qui en découle est l’un des signes les plus évidents de l’abandon de la « rupture avec la Françafrique » qui ne pouvait passer que par un éloignement souligné entre Paris et les dictateurs, et un renforcement rapide du soutien aux forces démocratiques.

En lieu et place de cette politique tant attendue, a été mis en œuvre une politique française axée sur la « Paix et la sécurité » sans considération pour la nature des régimes. La politique française semble en retrait par rapport à une « approche globale » prônée par le Service européen pour l’action extérieure, qui n’aurait pas abandonné, théoriquement, la démocratisation pour privilégier une politique de sécurité. L’influence de l’armée française sur le Tchad comme sur la politique française est ainsi mise en évidence, et l’absence de vérité et de justice sur la coopération militaire au Tchad rappelle que l’armée française n’a pas encore été réformée pour sortir de sa fonction structurante de la Françafrique.

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  1. 23 ans de règne, 23 ans de guerres civiles

Depuis 1990, les rébellions se sont succédé au Tchad, de la même manière qu’avant l’arrivée d’Idriss Déby. Il est lui-même un chef rebelle qui a mieux réussi que les autres. Son règne entoure le démarrage de la production pétrolière. La production de pétrole nécessite pour les sociétés pétrolières une stabilité des régimes politiques, parce que la production se prévoit sur plusieurs décennies. Les rébellions se sont créées, au départ en réaction à la prise de pouvoir, ensuite, en réaction aux massacres précédents, au caractère ethnique de l’armée, puis à l’accaparement des recettes pétrolières par la famille présidentielle et, de plus en plus, à l’impossibilité d’alternance politique.

Historique des rébellions et guerres civiles de 1990 à 2013

1991-1992 (1995) Lac Tchad : rébellion pro-Habré Mouvement pour la Démocratie et le Développement (MDD) de Moussa Medellah Mahamat Seid (Boudouma du Lac-Tchad et Kanembou du Kanem)

1991 octobre Guera : mutinerie (essai coup d’Etat ?) du 13 octobre 1991 : Maldom Bada Abbas (armée tchadienne et MPS comme Déby), colonels Kaffine et Garboubou.

Février 1992 à avril 1993 Conseil du sursaut national pour la paix et la démocratie (CSNPD) du Colonel Moïse Kété à Ndjaména à partir 21 fé¬vrier, puis Logone, puis en 1993 dans Lac Tchad et Sud (Logone oriental).

1993 été Ouaddaï : Gniguilim et Chokoyane : Rassemblement pour la démocratie et la liberté (RDL) du Capitaine Mahamat Nour Abdelkerim

1994 août à mars 98 Logone occidental (Sud et oriental, et Moyen-Chari) : Forces armées de la République fédérale (FARF) de Laoukein Bardé

1998 février Sud : Sahr : Front démocratique populaire (FDP) de Mahamout Nahor

1999 Ouaddaï : Abéché : Front National du Tchad (FNT) du docteur Bachar Harris

3.99–fin 2000 Tibesti : Mouvement pour démocratie et justice au Tchad (MDJT) de Youssouf Togoïmi (en 2013 le MDJT existe toujours au Sud de la Libye, dirigé par Hissein Yaya Barka)

2003 Centrafrique : participation au remplacement de Patassé par Bozizé

2004 – 2009 Soudan : guerre au Darfour : système d’alliances croisées des rébellions entre Soudan et Tchad.

2004 Est + Darfour : Socle pour le changement, l’unité nationale et la démocratie (SCUD), mutins de l’armée tchadienne en mai 2004 réunis autour de Yaya Dillo.

2006 avril-déc Ndjamena +Est : Front uni pour le changement (FUC) de Mahamat Nour armé par Soudan et Béchir

2006(dec05) – 2008(2010) Est : Union des forces pour la démocratie et le développement (UFDD) et autres rébellions (UFDD = coalition FUC, RND, CDR, UFPD, RAFAT et RPJ)

2008 2 et 3 février Ndjaména et sa banlieue + Est : commandement militaire unifié UFDD du général Mahamat Nouri, UFDD-Fondamentale d’Abdelwahid Aboud Mackaye et Rassemblement des forces pour le changement (RFC) de Tom et Timan Erdimi

2008-2009 Est : Union pour la Force et la Résistance (UFR) dirigé par Timan Erdini coalition de Front pour le Salut de La République (FSR), Union des Forces pour la Démocratie et Le Développement Rénovée (UFDDR-R), Mouvement National pour le Redressement (MNR), Mouvement National et le Mouvement pour la Démocratie et la Justice au Tchad (MDJT)

2008-2009 Centrafrique : Front Populaire pour le Redressement (FPR)

2013 Mali : intervention 2200 soldats tchadiens

2013 Centrafrique : soutien à la Sélèka puis participation à Force multinationale de l’Afrique centrale (Fomac)

2013novembre Soudan : combat contre reste de l’Union pour la Force et la Résistance (UFR)

La chercheuse experte du Tchad Marielle Debos parle de « gouvernement par les armes », « mode de gouvernement qui consiste à lâcher la bride de la soldatesque et à octroyer l’impunité à certains hommes en armes, qui ne vont pas être formellement intégrés dans les forces régulières. Parce qu’ils bénéficient d’une impunité, ils vont avoir des pratiques illégales et violentes. Ces pratiques sont aussi un moyen de contrôler et de surveiller la population »[1], dans un contexte d’« entre-guerres » désignant « une situation d’entre-deux, une situation de « ni guerre, ni paix » », dans lequel « les hommes en armes vont et viennent entre les forces régulières et les rébellions » avec « des passages nombreux d’une faction rebelle à une autre, des passages par les pays voisins, par la Libye, le Soudan, la Centrafrique. » Les armes circulent en grand nombre au Tchad. La pauvreté génère une main d’œuvres mobilisable, et les tchadiens sont des mercenaires peu chers.

Selon la chercheuse[2], « Le Tchad n’est pas ‘failli’, il est gouverné par les armes. Le champ politique n’a jamais été pacifié. L’impunité et le manque de justice sont différents du manque d’Etat. Le désordre est organisé et productif politiquement. L’impunité s’organise au quotidien aux travers des ‘intouchables’ ou par des ordres donnés par ‘décrets sans numéros’. Les dysfonctionnements correspondent à un mode de gouvernement. Le gouvernement par les armes va au-delà de la violence d’état : il y a une distribution des positions de prédation avec impunité. Le discours sur la stabilité et la paix est une façon de ne pas poser des questions clés. Trois questions sont négligées : les droits, la possibilité des mobilisations civiles (et non armées), la redistribution des ressources, notamment de celles du pétrole. Il ne suffit pas de sortir de la guerre, il faut également sortir de l’entre-guerres. »

La Garde républicaine qui constitue l’essentiel de l’armée tchadienne est schématiquement organisée en cercles concentriques claniques : une garde rapprochée, premier cercle surtout de parents d’Idriss Déby, un deuxième cercle surtout de son ethnie Zaghawa (Bideyat) avec quelques arabes (Déby « évite de confier l’ensemble de la chaîne de commandement aux seuls Zaghawa »)[3], à cause de sa femme, et un troisième cercle composé des hommes de troupes des autres ethnies.

Les dirigeants français en s’alliant avec les soldats tchadiens pour le Mali, ont soigneusement évité de parler de la raison pour laquelle cette armée était si forte. L’armée tchadienne a profité de l’augmentation des recettes pétrolières : le budget de l’État est passé de 390 milliards de F CFA en 2002 à 1500 milliards en 2012 (de 595 millions à 2,3 milliards d’Euros)[4]. Le CCFD-Terres solidaires a donné quelques chiffres (qui demanderaient une vérification) sur les achats d’armes : « les dépenses militaires sont passées de 35,4 milliards (50 millions d’Euros) à 275,7 milliards de F CFA (420 millions d’Euros) » entre 2004 et 2008, pour se maintenir à 154,5 milliards de F CFA en 2010 (240 millions d’Euros)[5]. Dans le contrat avec la Banque mondiale pour le financement de l’oléoduc Tchad-Cameroun, le Tchad s’engageait à conserver 10 % des revenus dans un « fonds pour les générations futures » et que sur le reste, « 80 % devaient être consacrés à des secteurs prioritaires pour le développement, 5 % à la région de Doba et pas plus de 15 % au budget de l’Etat » : ce contrat n’a pas été respecté et une grande partie des sommes ont permis d’acheter des armes[6], même si cela s’est amélioré à partir de 2009.

Le 19 juin 2013, l’ONG Watchlist spécialisée dans les enfants-soldats demandait l’exclusion des troupes tchadiennes des forces de l’ONU au Mali « tant que le Tchad, cité sur la ‘liste d’infamie’, n’aura pas finalisé son plan d’action relatif aux enfants dans les conflits armés »[7]. Il est probable que sous la pression internationale, Idriss Déby puisse régler ce problème.

Pendant 23 ans de dictature, des rébellions tchadiennes ont continué à se créer. La bataille de février 2008 a failli chasser Déby, et il n’a dû sa survie qu’à l’intervention française. La démocratie permettrait d’aller vers une paix durable grâce à la légitimité des urnes et à un meilleur partage des richesses. En attendant, Idriss Déby continue de s’imposer par la force en jouant du soutien français. Malheureusement, en raison des nombreuses rébellions depuis 23 ans, la frontière entre politiciens, militants et anciens cadres rebelles n’est pas bien définie, parmi les réfugiés hors du Tchad également. Ce mélange ne favorise pas l’éclosion d’une culture démocratique, pour aller vers une alternance pacifique. Là aussi, la situation est bloquée à un stade où les stratégies politico-militaires fragilisent l’organisation d’une opposition démocratique.

[1] 18 août 2013, Marielle Debos : au Tchad, « il y a une histoire et un mode de gouvernement marqués par la violence » : http://www.rfi.fr/afrique/20130818-… + Le métier des armes au Tchad. Le gouvernement de l’entre-guerres, Marielle Debos, Paris, Karthala, 2013. Marielle Debos évoque aussi les douanes volantes.

[2] Marielle Debos, 21.11.13, Paris, présentation livre « Le métier des armes au Tchad Le gouvernement de l’entre-guerres »

[3] 17 août 2010, ICG : Tchad : au delà de l’apaisement, p18 : http://www.crisisgroup.org/fr/regio…

[4] 19 mars 2013, Le Tchad dix ans après les premiers barils de pétrole, economie.jeuneafrique.com

[5] 30 janvier 2012, Rapport CCFD-Terre Solidaire « Le développement piégé : les transferts d’armes et le développement du Tchad (2005 – 2010) » : La France et d’autres pays ont vendu des armes au Tchad, page 25, http://ccfd-terresolidaire.org/ewb_…, et la thèse de Gilbert Maoundonodji en sciences politiques, Université Catholique de Louvain, 2009 : http://pul.uclouvain.be/fr/livre/?G…, voir aussi août 2009, SIPRI, Suède : Arms flows to the conflict in Chad, by Pieter d. Wezeman : http://books.sipri.org/files/misc/S…

[6] 11 mai 2013, Au Tchad, la répartition de la manne pétrolière suscite le mécontentement, lemonde.fr

[7] 20 juin 2013, Des centaines d’enfants soldats au Mali, http://www.lemonde.fr/afrique/artic…, Washington Post : http://watchlist.org/wordpress/wp-c…

  1. Massacres, crimes de guerre, crimes contre l’humanité

Massacres de la Garde Républicaine, exécutions extra-judiciaires, exécutions d’opposants, villages brûlés, prisonniers torturés et exécutés : le bilan du règne de Déby sera très difficile à réaliser. Un inventaire des crimes est presque impossible à dresser car les organisations de droits humains n’ont la possibilité d’enquêter que très partiellement au Tchad.

Les défenseurs des droits humains et les journalistes sont en danger, isolés car la répression touche aussi les soutiens. Le 16 février 1992, Maître Behidi vice-président de la Ligue Tchadienne des Droits de l’Homme (LTDH) était assassiné. En 2013, Idriss Déby emprisonne, expulse des opposants, corrompt des journalistes, des militants des droits humains, des politiciens. Il a pendant 23 ans terrorisé, empêché les enquêtes, qui sont infaisables loin de la capitale. Se déplacer pour enquêter sur un village où a eu lieu un massacre est dangereux. Même les organisations de droits humains qui sont par ailleurs connues pour faire des bilans critiques du régime, ne peuvent risquer d’enquêter partout et craignent les sanctions. Un village au sens tchadien signifie 5000, 10000, 15000 personnes. Il est impossible de chiffrer les disparitions et morts dans les massacres des forces de l’Etat tchadien touchant ces villages, qui ont été souvent brûlés pendant des combats. Des informations plus précises peuvent exister sur des massacres de moindre ampleur, mais le paradoxe n’est qu’apparent, car des enquêtes plus approfondies nécessiteraient une protection face à l’Etat impliqué dans les crimes.

La liberté de la presse n’existe que si la presse existe, libre, non corrompue, disposant d’un minimum de moyen. Sous Habré, il n’existait aucune liberté de la presse. Sous Déby, il existe des radios et journaux privés mais avec très peu de moyens. La presse a été réduite au minimum par les intimidations, la répression et la corruption. Les bons journalistes sont contraints à l’exil et ensuite souvent coupés de leurs sources d’information. Internet a permis une amélioration mais internet est arrivé tardivement et assez longtemps après les plus nombreux massacres.

Déby garantit l’impunité aux exécutants de ses ordres. Par exemple, en juillet 2013, la justice tchadienne, concluant à un non-lieu au terme des investigations de la commission d’enquête gouvernementale au sujet de la disparition de l’opposant Ibni Oumar Saleh, a reconnu « que c’étaient bel et bien des militaires de la Garde présidentielle qui avaient enlevé l’homme politique, mais qu’il s’est avéré impossible de les identifier. » [8] Par le biais de l’Agence Nationale pour la Sécurité, la police politique, Déby intervient en personne dans des arrestations, tortures, et certains assassinats. Les locaux de l’ANS jouxtent le palais présidentiel, où loge Déby.

La majorité des grands massacres ont eu lieu dans les années 90 et sont liés à des guerres entre l’armée tchadienne et des rébellions. Les documents de Survie et FX Verschave, des organisations de droits humains comme Amnesty ou la FIDH, et des opposants politiques comme Yorongar, permettent d’établir une première liste de « massacres présumés » (voir la liste des sources en bibliographie). Les informations sont à vérifier, puisque que les conditions n’ont pas permis des enquêtes complètes et approfondies. Les différents documents sources ne parlent pas des mêmes faits.

[8] 30.9.13, Jean Bernard Padaré : l’avocat qui construit scientifiquement la perte d’Idriss Deby ITNO : http://www.ndjamena-matin.com/artic…

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A. 1990-2013 : Massacres sous la présidence d’Idriss Déby

Date Evénement, massacre Source (URLs en bibliographie) Estimation

1990-1993 Exécutions extra-judiciaires, disparitions dans les même centres de détention que pour opposants à Habré, tortures. Amnesty : L’héritage Habré, octobre 2001, amnesty.org. Amnesty cité par survie.org 800 tués (Amnesty selon Survie en 1996)

1990-1993 Viols systématiques Verschave selon des rapports Amnesty et FIDH de 92 et 93 au procès Verschave le 6.3.1, Noir Procès, FXVerschave.

1991-1992 Lac Tchad : massacres des Boudouma du Lac-Tchad et des Kanembou du Kanem par garde présidentielle pendant guerre contre Mouvement pour la Démocratie et le Développement (MDD) N Yorongar mars 2009 : yorongar.com

1991 – octobre Guera (+Ndjaména) : massacres après prétendu coup d’Etat du 13 octobre 1991 et repli des fidèles de Maldom Abbas (MPS) (Colonels Kaffine et Garboubou) Noir silence, Verschave, p154-171. 21.10.91, Maldom Abbas and support amnesty.org centaines militaires et civils tués (FXV), au moins 40 morts(Amnesty)

1992 – février Ndjaména : massacre suite aux affrontements du 21 fé¬vrier avec CSNPD Amnesty : Le cauchemar continue,avril93, amnesty.org 38 cadavres + … (Amnesty)

1992 – février-juillet 220 tchadiens membres réels ou supposés du Mouvement pour la Democratie et le Developement (MDD) enlevés au Nigéria, tués après tortures dirigées par Déby. MDD actif dans Lac Tchad jusqu’à 1995. Amnesty, MDD, amnesty.org, Noir silence, Verschave, p154-171. 220 tués selon Verschave, 3 tués 200 disparus selon Amnesty

1992 – toute année (Août) Logone : Boudouloum et Goré : répression populations sous prétexte de lutter contre la rébellion du Colonel Moïse Kété du CSNPD et du Capitaine Laokin Bardé Frison. Massacres, viols, incendies de villages Logone oriental, Doba, août 1992 : Amnesty : 1 centaine massacrés + 7 … Noir silence, Verschave, p154-171. Amnesty : L’héritage Habré, octobre 2001, amnesty.org, Amnesty : Le cauchemar continue,avril93, amnesty.org 1 centaine de tués à Doba (Amnesty) + …

1993 – Janvier février, mars Lac Tchad et Sud (Logone oriental) : liés à lutte contre Colonel Moïse Kété et CSNPD, selon Amnesty : homicides arbitraires, « disparitions », incendies des greniers à blé et des maisons dans la préfecture Moyen-Chari et Logone-Oriental. vers le 21 janvier 1993, 45 civils au moins, tués par Garde républicaine à Goré. 26 morts à Bebou en mars. Massacres alors que CSNPD est en RCA. Amnesty : L’héritage Habré, octobre 2001, amnesty.org(+ amnesty.org selon LTDH) Amnesty selon Noir silence, Verschave, p165 246 tués 22 villages brûlés pillés en janvier (Amnesty selon Verschave), 45 civils à Goré + 26 à Bebou (Amnesty et LTDH)

1993 – Avril Logone : Kouhou Goré : suite massacres par garde républicaine liés à CSNPD. Village de Kouh : 78 tués le même jour. Amnesty demande enquête 21 avril 93 amnesty.org Antoine Bangui au procès Verschave le 6.3.1, Noir Procès, FXVerschave. (pressafrique.com) (203 égorgés selon pa.com ?) 78 tués à Kouh (A.Bangui)

1993 – été Ouaddaï : Gniguilim et Chokoyane : massacre civils suite à lutte contre rébellion Rassemblement pour la démocratie et la liberté (RDL) du Capitaine Mahamat Nour Abdelkerim Dobian Assingar président LTDH et Antoine Bangui au procès Verschave le 6.3.1, Noir Procès, FXVerschave. 80 tués (ABangui)

1993 – 8 août N’Djaména : manifestation réprimée à roquette et à arme automatique (ressortissants de Gniguilim et Chokoyane) Noir silence, Verschave, p154-171.(+ pressafrique.com + coll RTI pro-Habré juliette.abandokwe) 150 à 300 tués (Verschave)

1994 – janvier Ouaddaï : Abéché : massacres lié à guerre contre Front National du Tchad (FNT) du docteur Bachar Harris Yorongar avec cassette vidéo au procès Verschave le 6.3.1, Noir Procès, FXVerschave.

1994 – août Logone occidental : massacres pendant guerre contre rebelles Forces armées de la République fédérale (FARF) de Laoukein Bardé par Garde républicaine : 30 tués dont 2 enfants. Amnesty : L’héritage Habré, octobre 2001, amnesty.org Dobian Assingar président LTDH au procès Verschave le 6.3.1, Noir Procès, FXVerschave. 30 tués dans 1 massacre (Amnesty)

1994 – sept. Logone (Sud) : « 72 heures d’expédition punitive et politique de terre brûlée »(FARF) Noir silence, Verschave, p165 LTDH : pressafrique.com

1995 – février Logone oriental : Goré (FARF) Commission enquête selon pressafrique.com 247 tués

1995 Ouaddaï lié à guerre contre Front National du Tchad (FNT) du docteur Bachar Harris Antoine Bangui au procès Verschave le 6.3.1, Noir Procès, FXVerschave. 1995 Logone Occidental : massacres à Moundou et à 35km de Moundou (FARF) Yorongar au procès Verschave le 6.3.1, Noir Procès, FXVerschave.

1997 – Oct. Logone Occidental : Moundou (+Goré) : massacre des FARF ralliées dans leur coordination de Moundou (le 30 octobre 1997 en présence de soldats français) (Verschave) Amnesty : L’héritage Habré, octobre 2001, amnesty.org. Noir silence,Verschave, p165. Dobian Assingar LTDH au procès Verschave le 6.3.1, Noir Procès, FXVerschave. Agence Reuters, 01.11.97 selon pressafrique.com, fosses communes, plus de 150 tués, en majorité civils selon Assingar. 80 selon Amnesty.

nov97- mars98 Sud et 2 Logone (et Moyen-Chari) : FARF : massacres ethniques. Déby physiquement présent aux 2 Logone selon FXVerschave. Collectif des associations des droits de l’homme signé Benam Manadiyam : 58 tués (bilan provisoire). Mars 1998, torture et assassinat de centaines de personnes. 97-98 : villages brûlés. 11 mars 1998 : assassinats d’une quinzaine de chefs de villages. FXVerschave, M.-H. Aubert, députée (selon archives Mission Information parlementaire (France) sur Pétrole de 1998), Dobian Assingar LTDH, André Barthélémy, Issa Karam Ibrahim, Antoine Bangui au procès Verschave le 6.3.1, Noir Procès, FXVerschave. procès FXV : 58 + centaines tués en mars 1998 (Aubert), plus de 500 tués en 97-98 (Assingar). 15 chefs tués (Barthélémy)

1998 – février Sud : Sahr : massacres après enlèvement 4 français par docteur Mahamout Nahor (Front démocratique populaire (FDP)) le 10 février 1998 sur ordre Déby selon capitaine IKIbrahim. Massacres avec soldats français à proximité. Noir silence, Verschave p167. Issa Karam Ibrahim au procès Verschave le 6.3.1, Noir Procès, FXVerschave. Noir Chirac, Verschave, p230 citant Thomas Sotinel, Le Monde, 23.5.1998 57 tués (Verschave), 200 à 300 tués selon IKIbrahim

1999 Ouaddaï : Abéché : massacres liés guerre contre Front National du Tchad (FNT) du docteur Bachar Harris Antoine Bangui au procès Verschave le 6.3.1, Noir Procès, FXVerschave. 240 tués (ABangui) 2000 Tibesti : guerre contre Mouvement pour la démocratie et la justice au Tchad (MDJT) de Youssuf Togoimi : massacre des 25 rebelles arrêtés avec Togoimi (avril 2000) + 9 prisonniers fin 2000 Rapport USA 2000 : state.gov Rapport USA 2001 : state.gov 25 + 4 + 9 tués selon USA en 2000

2002 1er Juillet Entrée en vigueur du Statut de Rome créant la CPI, compétente sur crimes commis à compter du 1er Juillet 2002. 2003-2009 Soudan : responsabilité de Déby dans guerre au Darfour, pendant système d’alliances croisées des rébellions entre Soudan et Tchad. Rapport sur Béchir de l’ONU pour la CPI du 2.9.8 : aucune allusion à Déby.

2006 : 12-14 avril (+ décembre) Ndjamena : bataille contre Front uni pour le changement (FUC) de Mahamat Nour armés par Soudan : « 14 militaires et des civils, soupçonnés d’avoir participé à l’attaque ont disparu » Amnesty sept. 2009 : Disparitions forcées au Tchad, amnesty.fr 14 militaires et des civils disparus

2006 – avril Frontière Soudan (+ Ndjamena) : bombardement par Mirage français sur civils à Adré et Moudeïna pendant lutte contre Front uni pour le changement démocratique de Mahamat Nour (FUC). 12-14 avril : FUC attaque Ndjamena. Décembre : combats avant traité de paix. 13.4.6, AFP sangonet.com Que fait l’armée française en Afrique, Raphaël Granvaud (Survie, 2009), p307 (civils tués par bombardements français)

2006(dec05) – 2008(2010) Est : Exécution prisonniers de guerre pendant guerre avec Union des forces pour la démocratie et le développement (UFDD) coll. RTI pro-Habré : juliette.abandokwe 2008 – 2 et 3 février Ndjaména : bataille contre rebelles de l’Est : commandement militaire unifié UFDD du géneral Mahamat Nouri, UFDD-Fondamentale d’Abdelwahid Aboud Mackaye et Rassemblement des forces pour le changement (RFC) de Tom Erdimi. Selon Commission d’enquête le 5.8.8 : 977 personnes incluant civils, ANT, et rebelles tués, 1758 blessés, 34 violées, and 380 détenus. Mitraillettes bombes hélicoptères ont tués de nombreux civils dans la banlieue de Ndjaména : Abena, Blabline, Chaguoua, Diguel. Assassinats suspects. Amnesty oct 2013 : « centaines de personnes ont été tuées, d’autres arrêtées, et certaines soumises à des disparitions forcées », dont Ibni Oumar Saleh. Rapport USA : state.gov Que fait l’armée française en Afrique, Raphaël Granvaud (Survie, 2009), p308-322 Amnesty oct. 2013 : « Au nom de la sécurité » (officiellement 977 tués : civils + armée + rebelles selon Commission d’enquête) + disparitions forcées selon amnesty

(2008-2009) (Est : guerre contre rebelles : Front pour le Salut de La République (FSR), Union des Forces pour la Démocratie et Le Développement Rénovée (UFDDR-R), Mouvement National pour le Redressement (MNR), Mouvement National et le Mouvement pour la Démocratie et la Justice au Tchad (MDJT), Union pour la Force et la Résistance (UFR) : affrontements à Goz Beida le 13 juin 2008, à Am Dam le 15 juin 2009, et à Goz Beida et Koukou Angarana les 6 et 7 mai 2009) (rapport Mission des Nations Unies en RCA et au Tchad (MINURCAT : aucun massacre indiqué)

2008 – février Centrafrique : selon Human Right Watch, civils tués, villages brûlés, dont le 29.2.8 plusieurs villages autour de Maitoukoulou. Rapport USA selon HRW : state.gov civils tués, villages brûlés

2008 – 29 juin Moyen Chari – Kouno : répression islamistes deSheikh Ahmet Ismael Bichara Rapport USA : state.gov + rfi.fr 68 tués (+4 gendarmes)

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B. 1980-1990 : Massacres sous présidence d’Hissène Habré avec implication d’Idriss Déby

1980 – 15déc Ndjaména : Déby alors chef d’état-major des Forces armées du Nord tue 25 prisonniers de guerre libyens chez Habré Koti Yacoub Hisseine au procès Verschave le 6.3.1, Noir Procès, FXVerschave. 25 tués par Déby

1982-1989 Déby, COMCHEF des Forces armées du Nord (FAN) puis des Forces Armées Nationales Tchadiennes (FANT) de 1983 à 1985 (chef d’Etat major des armées), Conseiller spécial à la défense et à la sécurité de 1987 à 1988 Mahmat Hassan Akbar 7.9.13, Tchad le procès d’Idriss Déby, Témoignage à charge : Ngarlejy Yorongar HRW 3.12.13 : rapport sur Habré 40 000 tués sous Habré (selon Commission d’Enquête)

1983-1985 Ndjaména : massacres Hadjéraï du Guéra : sous-préfectures de Mongo, Mangalmé, Bitkine et Melfi (Guéra), Aboudeia, Haraz-Manguegne et Amtiman (Salamat), Ati, Djédah, Oumhadjer (Batha), préfecture du Ouaddaï, du Chari-Baguirmi, … Ngarlejy Yorongar

1984 – sept. « septembre noir » contre Codos : Déby « comchef » des FANT. Massacre populations du sud (chrétiennes ou animistes, appelées « kirdi »), de Sarh à Moundou (par ex Kélo et Laï), en passant par nombreux villages. Logone-Occidental : Déli : 27.9.84 : au moins 80 combattants ayant déposé les armes exécutés extrajudiciairement par troupes gouvernementales + 21 employés ferme d’État exécutés, selon Amnesty. Sahr : cinquantaine dirigeants politiques ou chefs de communauté, dont beaucoup de Sarh exécutés ou disparus. Moyen-Chari : N’Galo : selon Amnesty : tueries + incendie église avec réfugiés + Danamadji + Bedaya. Amnesty : L’héritage Habré, octobre 2001, amnesty.org. Yorongar et KYHisseine au procès Verschave le 6.3.1, Noir Procès, FXVerschave. Site Ngarlejy Yorongar. Kebzabo et Yorongar témoins tchadenligne.com HRW 3.12.13 : rapport sur Habré : p280 puis p293 à (selon archives de DDS surtout) Massacres dont à Moundou 500 tués + centaines de cadres sudistes tués selon Yorongar – 50 selon Amnesty. Déli : 100 tués le 27 selon Amnesty HRW : centaines (p280) + …

1986 + Juin-Juillet 1987 + dec. 1988 Guéra : Mongo et Bitkine : répression anti-insurrectionnelle du MOSANAT : prisonniers tués. Brûlés vifs. Amnesty : L’héritage Habré, octobre 2001, amnesty.org.

En 2009, Amnesty rappelait que les disparitions forcées sont une « pratique récurrente », qui « continuent d’être une méthode utilisée par les forces de sécurité tchadiennes afin de semer la terreur parmi la population et d’intimider les opposants politiques réels ou supposés. Ce fut le cas en avril 2006 lorsque les groupes d’opposition armés ont attaqué la capitale N’Djamena. Lors des affrontements, 14 militaires et des civils, soupçonnés d’avoir participé à l’attaque, ont été arrêtés puis ont disparu. »[9] L’organisation insiste sur la disparition d’Ibni Oumar Mahamat Saleh. Dans son dernier rapport ‘« Au nom de la sécurité ? », du 24 octobre 2013, Amnesty parle des disparitions forcées toujours nombreuses qui « constituent des crimes aux termes du droit international, sont soumises à la compétence universelle et peuvent, dans certains cas, s’apparenter à des crimes contre l’humanité, notamment en vertu du Statut de Rome. »[10]

Une partie des crimes sont des crimes contre l’humanité donc imprescriptibles. Idriss Déby, s’est adapté pour éviter d’être poursuivi par la CPI, pour des crimes après juillet 2002, comme l’a été le président soudanais El Béchir en 2008. Le 1er novembre 2006, le Tchad a ratifié le Statut de Rome[11].

En 1990, la Commission d’enquête nationale avait établi à 40 000 le nombre de victimes du régime Habré. Dès 1993, Amnesty alertait sur la continuité des méthodes des deux régimes[12]. Le procès Habré retardé plusieurs années se tiendra aux Chambres africaines à Dakar pendant 27 mois à partir de mi- 2013, « 15 mois pour l’instruction, 7 mois pour le procès en première instance et 5 mois pour le procès en appel »[13]. Le procès Habré porte en lui un enjeu fondamental, dans la construction du droit en Afrique, dans sa relation avec la justice internationale. Est-ce que le procès mettra en évidence le rôle des français et américains dans la formation et le financement de la Direction de la Documentation et de la Sécurité (DDS) ? Il démarre dans un contexte d’attaque de la Cour Pénale Internationale par un certain nombre de présidents africains, dont une partie de dictateurs reconnus. Chaque élément d’impunité aura un impact historique. Idriss Déby aurait obtenu une « immunité » au procès de Habré aux Chambres Africaines au Sénégal, où il est prévu qu’il intervienne comme témoin[14]. Quelles seront les possibilités d’enquêter en dehors du cadre fixé par la dictature tchadienne actuelle ? Les témoins qui ont connus les deux périodes seront-ils orientés pour ne parler que des années 80 ? Il existe des fosses communes de la période Habré et d’autres de la période de Déby.

Commandant en chef des Forces Armées du Nord (FAN), puis des Forces Armées Nationales Tchadiennes (FANT) de 1983 à 1985 (chef d’Etat major des armées), puis Conseiller spécial à la défense et à la sécurité de 1987 à 1988, Idriss Déby a mené une partie des massacres attribués à Habré, dont ceux du ‘Septembre noir’ en 1984 dans le Sud, et ceux de la région de Guéra dans la répression du MOSANAT entre 1986 et 1988. Reed Brody d’Human Rights Watch, très impliqué depuis des années sur le procès Habré s’est exprimé ainsi le 24 octobre 2013 : « Idriss Déby est impliqué dans le dossier. Il était le commandant en chef de l’armée tchadienne pendant un moment particulièrement meurtrier qu’on appelle communément « Septembre noir ». A ce titre, il faut qu’il s’explique. Il faut que sa participation soit examinée. Je ne dis pas qu’il a commis des actes ou non. Mais je pense que le fait qu’il ait été commandant en chef et souvent dans le sud du pays, physiquement en 1984 et 1985, l’oblige à s’expliquer sur ces faits. Maintenant, on ne peut pas mettre sur le même pied l’exécutant qu’aurait été Idriss Déby, d’une part, et le chef suprême qu’était Hissène Habré d’autre part… une des raisons de ce procès, c’est de lancer un avertissement à Idriss Déby et pour dire à ceux qui ont le pouvoir actuellement qu’il y a des limites, que votre prédécesseur est en train d’être jugé pour avoir dépassé ces limites. Gare à vous si vous dépassez ces limites vous aussi ! Ce procès est délicat pour Idriss Déby à plusieurs titres. »[15] Idriss Déby n’a-t-il pas déjà franchi cette limite ? Quelle limite ? Est-ce une limite après amnistie implicite ? La position d’Human Right Watch, ou du moins de Reed Brody, n’est-elle pas politique ?

[9] Septembre 2009, Amnesty : « Disparitions forcées au Tchad » : http://www.amnesty.fr/sites/default…

[10] http://www.amnesty.org/fr/library/a…

[11] 7.11.6, Le Tchad devient le 104e État partie au Statut de Rome, icc-cpi.int

[12] 21 avril 1993, Amnesty International demande l’ouverture d’une enquête exhaustive sur les massacres perpétrés par l’armée dans le Sud en 1993, http://amnesty.org/fr/library/asset… , Avril 1993, Le cauchemar continue, http://amnesty.org/fr/library/asset…

[13] 2.7.13, Affaire Habré : Un budget de 4.695.907.261 Fcfa prévu pour une procédure de 27 mois, http://www.seneweb.com/news/Justice…

[14] 30.9.13, Jean Bernard Padaré : l’avocat qui construit scientifiquement la perte d’Idriss Deby ITNO, http://www.ndjamena-matin.com/artic…

[15] Enquête Plus : http://www.enqueteplus.com/content/…

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  1. Le président stable dans une région instable ?

Idriss Déby, dans le cadre françafricain relativement stable depuis les ‘indépendances’ était intervenu dans des pays non-frontaliers, au Togo en 1993 ou au Congo-Brazzaville en 1999 pour soutenir Sassou Nguesso [16]. Avant d’intervenir au Mali en 2013, il s’est concentré sur les pays voisins : Libye, Soudan, Cameroun et Nigéria. Au Soudan, en Centrafrique, et au Mali, Idriss Déby s’est imposé comme stratège militaire.

Le Tchad est impliqué dans la déstabilisation de la région. La limite floue entre armée tchadienne et mercenaires, en raison des entrées et sorties fréquentes entre rébellions et armée, permet à Déby de camoufler son rôle. Un des objectifs est d’éviter la formation de rébellions. Soutenu à l’intérieur par les français présent depuis 1986, Idriss Déby a accumulé l’expérience qui lui permet de se renforcer militairement à l’extérieur. C’est ce qu’il a de nouveau fait en 2013 au Mali et en Centrafrique.

[16] Peut-être aussi en RDC en soutien à Joseph Kabila (aucune source). Source Congo-B janvier à août 1999, Noir Procès, FX Verschave, mai 2001 : Verschave contre Nguesso, Déby et Bongo le 28.2.1

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  1. 1 Soudan : 2004-2009

Béchir a soutenu Déby en 1990 à sa prise de pouvoir. Il l’a soutenu en 2000 contre le Mouvement pour démocratie et justice au Tchad (MDJT) de Youssouf Togoïmi qui aurait pu vaincre Déby sans l’intervention de Béchir. La relation s’est détériorée à partir de mai 2004 après la mutinerie ou coup état raté d’une opposition Zaghawa à Déby : les rebelles venus de l’armée tchadienne se sont rétablis au Soudan autour de Yaya Dillo créant le Socle pour le changement, l’unité nationale et la démocratie (SCUD)[17]. Béchir étant équivoque, Daoussa Déby, frère ainé de Déby, a suscité et renforcé le Mouvement pour la justice et l’égalité (MJE) opposé à Béchir. La création du Front uni pour le changement (FUC) de Mahamat Nour en 2004 a été soutenue par Béchir, qui soupçonnait Déby derrière le MJE.

Le FUC a attaqué Ndjaména en avril 2006. Les trois colonnes de rebelles qui atteignirent Ndjaména en 1990, 2006 et 2008 sont parties de la frontière soudanaise. Selon le journaliste, René-Jacques Lique, en 2006, le Front uni pour le changement (FUC) « a pu y arriver grâce à Deby lui-même qui, en aidant et soutenant les mouvements de rébellions au Darfour en guerre contre le régime de Khartoum, a poussé le Soudan à allumer un contre-feu. Le président soudanais Omar El Béchir s’est fait un plaisir d’armer et d’équiper à son tour le FUC de Mahamat Nour pour déstabiliser le régime tchadien. »

Le chassé-croisé des rebellions entre le Tchad et le Soudan ou système d’alliances croisées des rébellions entre Soudan et Tchad, a duré de 2004 à 2009. Idriss Déby a une part de responsabilité dans le conflit au Darfour qui fit 300 000 victimes selon l’ONU[18]. De l’avis du géographe Géraud Magrin, « Le Soudan reprocha au Tchad d’appuyer la rébellion au nom de la solidarité au sein du groupe Zaghawa, auquel appartient Idriss Déby. En retour, le Soudan se mit à appuyer les rébellions tchadiennes (voir Debos, 2007). »[19] Cependant, entre 2006 et 2009, la relation entre le Tchad et le Soudan a été marquée par des divergences entre Idriss Déby et ses frères Daoussa Déby et Timan Déby, le « sultan des sultans »[20] : Daoussa Déby et d’autres Zaghawas ont soutenu les MJE et Khalil Ibrahim sans qu’Idriss Déby ne le fasse lui-même, et en 2008 Daoussa Déby a poussé le MJE à soutenir Idriss Déby en février 2008 pendant l’attaque de l’UFDD (et RFC, UFCD et UFDD Fondamentale) venues du Soudan. En allant vers la réconciliation avec le Soudan en 2009, Idriss Déby a progressivement repris le dessus dans l’influence sur le MJE[21].

Des centaines de milliers de réfugiés soudanais sont venus au Tchad dans des camps. Selon Oxfam en 2008, « les réfugiés recrutés par les groupes armés ont participé aussi bien à la défense de N’Djamena quand les rebelles l’ont attaquée en février qu’à l’attaque de Khartoum en mai 2008 », et « les rebelles du Darfour recrutèrent de force 4700 adultes et enfants des camps de Bredjing et Treguine, vraisemblablement avec la complicité du Tchad. »[22]

La paix entre Déby et Béchir a été obtenue grâce à la diplomatie française et à Khadafi. Après la rencontre de 2007 entre Sarkozy et Khadafi, Khadafi a œuvré dans le sens d’un soutien à Déby et de la paix entre le Tchad et le Soudan[23]. Béchir contrôlait la menace sur le Tchad en soutenant l’UFDD de Mahamat Nouri, et le Rassemblement des forces pour le changement (RFC) qui ont atteint Ndjaména les 2 et 3 février 2008. Les MJE seraient intervenus pour aider Déby avec l’aide de Khadafi d’une manière qui reste à préciser[24]. Pendant la période 2008-2009 de l’Eufor, Khadafi a travaillé pour obtenir des ralliements, des retours à Ndjaména, et des démantèlements de rébellions. Après 2009, les organisations politico-militaires se sont mises en veille.

Au moment où Béchir a été poursuivi par la Cour Pénale Internationale pendant la guerre au Darfour, il n’était a priori pas évident que Déby ne le soit pas aussi. Déby était mieux ‘positionné diplomatiquement’. Déby a collaboré à la constitution du dossier sur Béchir à la CPI, par la protection des enquêteurs à l’Est du Tchad, avec les services d’un avocat ensuite promu comme haut fonctionnaire ou en collaborant avec l’International Republican Institute (IRI) (iri.org, USA). Le rapport de l’ONU qui a servi à l’incrimination de Béchir à la CPI[25] ne comporte pas de mise en cause de Déby. Par la suite, le chef d’Etat tchadien a trahi la CPI et suscité l’indignation en accueillant Béchir par 2 fois.

[17] 22.10.05, RFI : Rivalités zaghawa : http://www.rfi.fr/actufr/articles/0…

[18] 31.12.8, Darfour : La MINUAD a un an et 12 374 soldats déployés : http://www.un.org/apps/newsFr/story…

[19] Géraud Magrin, 2008, Tchad 2008 : Géographie d’une guerre ordinaire, http://echogeo.revues.org/2249

[20] 21.10.11, International Crisis Group : L’afrique sans Kadhafi : le cas du Tchad, p18 : http://www.crisisgroup.org/ /media/…

[21] Ensuite cette alliance cassera. Voir aussi : 15.11.11, zoom sur les luttes de pouvoir … au sein du clan Déby Itno : http://www.zoomtchad.com/index.php?…

+ Soudan : la lutte entre le Sultan Idriss Déby et son frère déchu Timan Déby par rébellions du Darfour interposées : http://tchadpages.com/2013/05/16/so…

[22] 9 septembre 2008, OXFAM : Mission non-accomplie : les populations civiles demeurent en danger à l’Est du Tchad, http://www.oxfam.org/sites/www.oxfa…

[23] 21 octobre 2011, International Crisis Group : L’afrique sans Kadhafi : le cas du Tchad, p6

http://www.crisisgroup.org/ /media/…

[24] hypothèse transport par hélicoptères libyens selon Nicolas Beau « Papa Hollande au Mali : Chronique d’un fiasco annoncé »2013.

[25] 2 septembre 2008, ONU : “Human rights situations that requires the Council’s attention : Report of the Special Rapporteur on the situation of human rights in the Sudan : http://daccess-dds-ny.un.org/doc/UN…

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  1. 2 Libye : 2011

Selon International Crisis Group[26], « De 1990 à 2005, Khadafi a mené avec le président Idriss Déby une politique de normalisation marquée par l’intensification de la coopération bilatérale et la contribution de la Libye à la pacification du Nord du Tchad. A partir de 2005, suite à la dégradation de la situation à l’Est du Tchad, il s’est posé en médiateur et garant d’un équilibre des forces entre le Tchad et le Soudan. » Après le conflit avec le Soudan, Déby avait une dette envers Khadafi.

L’abandon par les forces occidentales du colonel, et l’attaque de l’OTAN le 19 mars 2011 ne pouvaient que fortement perturber la relation entre les dictateurs tchadien et libyen. Dans une interview à Jeune Afrique, le président tchadien a parlé, à propos de l’intervention militaire, de « décision hâtive pouvant avoir de lourdes conséquences en matière de déstabilisation régionale et de dissémination du terrorisme en Europe, en Méditerranée et en Afrique. »[27]

Deux semaines après l’attaque de l’OTAN le 19 mars 2011, Khadafi a demandé l’aide de Déby. Dès le 8 avril, le Conseil National de Transition libyen a dénoncé, la présence de 3000 soldats de la Garde républicaine tchadienne, en nommant les généraux[28]. Peu de media occidentaux, Le Figaro et The Telegraph, ont repris cette information[29]. Selon une autre source, 400 soldats seraient d’abord partis de Bardei dans le Tibesti, puis 1000 soldats partis vers Benghazi. Beaucoup de ces tchadiens seraient morts à Benghazi dans les premiers bombardements, dans la division blindée du fils Khamis de Khadafi.

Rapidement, selon une méthode bien rodée, la confusion avec une qualification en mercenaires tchadiens recrutés par Khadafi s’est installée. Dès le 25 mars, C’est Déby lui-même dans une interview à Jeune Afrique qui orientait sur le vocabulaire à employer : « Il n’existe aucune filière, officielle ou officieuse, de recrutement de mercenaires pour la Libye. Cela dit, plusieurs centaines de milliers de tchadiens vivent en Libye, certains depuis longtemps, intégrés à la société de ce pays. Il n’est donc pas exclu qu’une poignée d’entre eux aient pu, d’une manière ou d’une autre, participer aux combats à titre individuel. »[30]. Dans son rapport ICG rapporte la défense du pouvoir tchadien [31] : « Selon N’Djamena, ces combattants, au sein desquels les tchadiens seraient loin d’être majoritaires, n’appartiendraient pas à la Garde présidentielle puisqu’ils ont été recrutés soit en Libye soit dans les pays voisins par des intermédiaires travaillant pour les pro-Kadhafi. Les autorités tchadiennes ont démenti avoir coordonné des recrutements avec ces intermédiaires, qui auraient agi au Tchad à leur insu. » Les soldats et/ou mercenaires survivants et les recruteurs du Tchad sont ensuite devenus des témoins gênants, persona non grata au Tchad, et ont disparus dans la nature.

ICG analyse la position tchadienne en 2011 sous forme d’un équilibre[32] : « Les huit mois de guerre qui ont abouti à la chute du colonel Kadhafi ont dû être très longs pour Idriss Déby dont la stratégie initiale a consisté à ne pas abandonner son partenaire du Nord sans subir les coûts politiques d’une telle démarche ». Suivant l’Union africaine, il a finalement pu mettre en exergue les failles de la stratégie de l’OTAN [33] : « Je crois que l’Histoire me donnera raison. Ce n’est un secret pour personne que des stocks d’armes considérables en provenance des arsenaux libyens circulent dans la zone sahélo-saharienne et le long du millier de kilomètres de notre frontière commune. .. À qui profite ce vaste marché  ? Aux terroristes d’AQMI et de Boko Haram, aux rébellions du Darfour et d’ailleurs. .. la façon brutale avec laquelle on l’a fait chuter ne pouvait être que génératrice de désordres dans un pays sans institutions ni Constitution. » Cette analyse fin 2011 permettra à Déby de se préparer au conflit malien début 2013.

Après sa victoire, le Conseil National de Transition libyen est resté hostile à Déby, l’accusant également de conserver une part du trésor de Khadafi que celui-ci, acculé et sans autre issue, aurait envoyé par camion au Tchad[34]. Face à cette tension, Déby a peur d’une nouvelle rébellion tchadienne venant de Libye, les Toubous étant à cheval entre Tchad, Libye et Niger. La rébellion Mouvement National et le Mouvement pour la Démocratie et la Justice au Tchad (MDJT) a perdu son chef Youssouf Tougoumi en 2002, mais le MDJT existe toujours au Sud de la Libye, dirigé par Hissein Yaya Barka.

[26] Ibid, p5, 21 octobre 2011, International Crisis Group : L’afrique sans Kadhafi : le cas du Tchad

[27] 25.3.11, AFP : Le Tchadien Deby affirme qu’Aqmi s’est emparé de missiles en Libye : http://www.jeuneafrique.com/actu/20…

[28] “ The president of Chad sent three thousands of the presidential guards to assist Qadhafi, and they fought in Az-Zawiya, Misurata, Ras Lanuf and Burayqah under the command of : 1.General Abbadi Sair. 2. General Touffa Abdoullaye.3.General Ramadane Erdebou. 4. General Ousmane Bahar Mahamat Itno.5. Col. Bakhit Bahar Mahamat Itno”, « Statement of the Transitional National Council on the assistance of the Chadian government to Kadhafi’s regime », Benghazi, 8.4.11, http://www.libyanmission-un.org/ntc…

[29] Tchadactuel repris par Le Figaro : http://www.lefigaro.fr/internationa…, et selon ICG Ibid p9, note 35 : « Libya protests : foreign mercenaries using heavy weapons against demonstrators », The Telegraph, 20 février 2011 et « Libye : un avenir incertain. Compte-rendu de la mission d’évaluation auprès des belligérants libyens », Centre international de recherche sur le terrorisme – Aide aux victimes du terrorisme (CIRET-AVT), Paris, mai 2011

[30] 25.3.11, AFP : Le Tchadien Deby affirme qu’Aqmi s’est emparé de missiles en Libye : http://www.jeuneafrique.com/actu/20…

[31] Ibid, p11, 21 octobre 2011, International Crisis Group : L’afrique sans Kadhafi : le cas du Tchad

[32] Ibid, p8, 21 octobre 2011, International Crisis Group : L’afrique sans Kadhafi : le cas du Tchad

[33] 26.12.11 Idriss Déby Itno : « En Libye, l’Histoire me donnera raison » http://www.jeuneafrique.com/Article…

[34] 22.9.11, Le cynique cinéma de DEBY ne trompe pas le CNT : http://www.ndjamena-matin.com/artic…, voir aussi les biens de Khadafi en Afrique du Sud ou recherchés dans le Sahara.

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  1. 3 Nigéria : 2009-2013

Des enquêtes délicates seraient nécessaires concernant les relations entre le Tchad et le Nigéria et le Nord du Cameroun ou est installée Boko Haram. Ainsi, Jeune Afrique parle de « source diplomatique » et d’« information non confirmée et difficilement vérifiable » en février 2013 à propos de « 500 membres de Boko Haram, la secte islamiste nigériane, (qui) auraient réussi à s’infiltrer à N’Djamena »[35]. Tous les ans, des familles tchadiennes envoient des enfants dans les écoles coraniques de Boko Haram[36]. Fin novembre 2013, la présence de Boko Haram au Tchad a aussi été évoquée à propos de la Centrafrique : « Le potentiel de déstabilisation est aussi régional, puisqu’il implique des rebelles tchadiens et soudanais et que la secte islamiste nigériane Boko Haram étend désormais ses tentacules jusqu’au Cameroun et au Tchad, des voisins de la Centrafrique. »[37]

Les frontières du Tchad, du Nigéria, du Cameroun et du Niger se croisent au niveau du Lac Tchad, actuellement très asséché et réduit à une petite partie de sa surface initiale. La famille française enlevée au Nord Cameroun le 19 février 2013 a été recherchée dans les îlots, canaux, et zones marécageuses[38]. Selon le site américain (de l’armée américaine) ‘Combating Terrorism Center’, « Boko Haram profite du Niger, du Tchad et du Cameroun pour trouver refuge, s’entrainer, transiter, planifier des attaques et recruter »[39].

Une partie des forces offensives de Boko Haram sont tchadiennes, étant donné le ‘métier des armes’ répandu au Tchad. En cas de combat contre l’Etat Nigérian, comme en 2009 et 2010, les tchadiens fuient vers le Nord Cameroun, et le Lac Tchad. La région regorge d’armes venant de Libye, Soudan, Ouganda, et le plus gros marché se trouve dans un village du Nord Cameroun. Début 2012, deux ministres tchadiens, dont un neveu d’Idriss Déby, ont été accusées, par un tchadien du Nigéria rapportant un massacre de l’armée nigériane, de financer Boko Haram[40], ce qui demanderait une enquête tenant compte du climat de répression, de corruption et d’impunité.

[35] 13.2.13, Tchad : la menace Boko Haram : http://www.jeuneafrique.com/Article…

[36] 1.3.12, Des centaines d’enfants migrants tchadiens fuient le Nigeria : http://www.rfi.fr/afrique/20120229-…, 13.10.12, Nigeria-Tchad : Les enfants migrants retrouvent leur famille, http://www.irinnews.org/fr/report/9…

[37] 27.11.13, Centrafrique : Paris prêt à intervenir militairement dans quelques jours : http://rpdefense.over-blog.com/2013…

[38] 3.3.13, La traque des membres de Boko Haram cible le Lac Tchad : http://www.francetvinfo.fr/monde/ca…

[39] 14.1.13, Boko Haram’s International Connections : http://www.ctc.usma.edu/posts/boko-…

[40] 3.3.12, Massacre de tchadiens au Nigeria, le lien financier de deux ministres tchadiens avec Boko Haram : http://tchadonline.com/index.php/ma…

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  1. 4 Centrafrique : 2012-2013

NB : Remarque du 5.3.14, pour plus d’informations lire le complément : « Influence et implication d’Idriss Déby en Centrafrique de mi-2012 à janvier 2014« .

Déby avait déjà mis en place Bozizé à la place de Patassé en mars 2003 avec l’assentiment du président français[41]. Les tchadiens se faisaient appelés les « libérateurs ». Le Tchad est resté influent en soutenant Bozizé contre plusieurs rébellions. En février 2008, les soldats tchadiens étaient en Centrafrique, où selon Human Right Watch cité par le gouvernement américain, « ils ont tué des civils et brûlé des villages »[42]. Bozizé s’étant rapproché de l’Afrique du Sud, a exclu progressivement le Tchad. Surtout, le malaise a grandi en 2012 pendant des négociations entre Bozizé et les opposants politiques et rebelles sur les accords de paix conclus en 2011. Les soldats tchadiens assuraient la protection de Bozizé, suite à une critique de Bozizé concernant des viols à Bangui, Bozizé a demandé à Déby de maîtriser ses soldats, et Déby a retiré la protection en octobre 2012. Selon RFI : « Quand la Seleka a lancé sa première offensive sur Bangui, en décembre, les militaires tchadiens étaient intervenus. Principe de précaution, Ndjamena soupçonnait Michel Djotodia d’entretenir de bonnes relations avec la rébellion tchadienne. »[43] Déby abandonnera totalement Bozizé par la suite, après avoir fait le nécessaire.

Michel Djotodia est ancien consul de Centrafrique au Soudan du sud, proche du Capitaine Mahamat Nour Abdelkerim, du FUC, qui, après avoir signé la paix avec Déby en 2006 a été en mars 2007 nommé ministre de la défense du gouvernement tchadien (ensuite limogé le 1er décembre 2007 au lendemain de nouveaux combats). Déby aurait reçu à tour de rôle Djotodia de l’Union des forces démocratiques pour le rassemblement (UFDR), et les chefs rebelles centrafricains, Noureddine Adam (CPJP, en exil à Dubaï) et Mohamed Moussa Dhaffane (Convention patriotique du salut du Kodro (CPSK)), Abdoulaye Miskine, du Front démocratique du peuple centrafricain (FDPC) (ancien de Patassé), 4 représentants des 4 composantes principales de la future Séléka[44].

Selon Jeune Afrique[45], « À la mort de Charles Massi, leader politique de la CPJP, en décembre 2009, Noureddine Adam prend la tête du mouvement. Après avoir dénoncé, en juin, l’accord que l’un de ses compagnons, Aboulaye Hissène, venait de signer avec Bangui, il décide, le 20 août (2012), d’unir ses forces avec la Convention patriotique du salut du Kodro (CPSK) de Mohamed Moussa Dhaffane. Les deux hommes parviennent à convaincre Michel Djotodia et l’UFDR de les rejoindre. C’est l’acte de naissance de la Séléka. » et[46], « Pendant trois ans (2010-2012), Noureddine Adam passe le plus clair de son temps entre le maquis et le Tchad où il connaît des fortunes diverses, un moment arrêté pour connivences supposées avec les rebelles qui combattent Idriss Déby Itno, puis soutenu au point de passer bientôt pour « l’homme de N’Djamena » ». Déby a libéré Noureddine Adam, et Mohamed Moussa Dhaffane (CPSK) qui était aussi emprisonné au Tchad mi-2012[47].

Beaucoup des mercenaires tchadiens passent facilement d’une rébellion à une autre. Les rébellions qui se maintiennent au Soudan depuis 2009 ont moins d’avenir. Une grande partie des mercenaires de la Séléka a été recrutée dans des rébellions tchadiennes au Soudan[48], et, en particulier, les spécialistes techniques qui manient les armes lourdes sont des tchadiens du Soudan, ex FUC, UFR (et UFDD)[49]. Selon le chercheur Roland Marchal[50], « Idriss Déby est conscient que parmi les gens de la Séléka se trouvent de nombreux combattants tchadiens, qui ont servi sous les ordres de Mahamat Nouri, Adouma Hassaballah et Adoum Yacoub Kougou et, pour l’essentiel, appar­tiennent à des groupes ouaddaïens. De plus, anticipant une victoire militaire de la Séléka, de nombreux opposants tcha­diens dans les pays de la grande région s’agitent et parlent de reprendre la lutte armée avec cette fois ci la RCA comme sanctuaire. » Il est très difficile de savoir quel est le lien, le niveau d’accord, entre ces mercenaires, des officiers présents en Centrafrique, et les leaders des rébellions. Par exemple, le capitaine Ismail Moussa du Front de Salut pour la République (FSR) de Ahmat Hassaballah Soubiane s’est rendu en RCA (ou il serait resté finalement sans troupes) et le FSR a félicité la Séléka en mars 2013[51]. Le journaliste Vincent Munié indique, lui, la présence en RCA « des rebelles Tchadiens du Colonel Aboud Moussa Mackaye (UFDD-Fondamental), des Janjawids Soudanais échappés du conflit au Darfour »[52]. Beaucoup de mercenaires seraient issus de l’Union des forces pour la démocratie et développement (UFDD) de Mahamat Nouri, et du Front Populaire la Résistance Nationale (FPRN), d’Adoum Yacoub. Comme la Séléka est divisée, il est par ailleurs difficile de connaître le poids de chaque chef.

Si une partie des mercenaires a pu invoquer une motivation ‘djihadiste’, une propagande a exagéré cette dimension jusqu’à une rumeur « faisant de la Séléka, le cheval de Troie des islamistes soudanais »[53]. Des pillages d’églises, d’écoles, d’hôpitaux, des registres de naissances[54], et des affrontements entre chrétiens et musulmans ont eu lieu sans que l’on puisse parler de conflit entre religions, tant les mercenaires étaient éloignés des populations. La situation est devenue suffisamment confuse pour que les violences augmentent.

La formation de la Séléka n’aurait pas été possible sans financement. La logique politique laisse croire que Déby a pu financer plusieurs composantes de la Séléka. L’hypothèse et l’accusation n’ont pas été confirmées par des preuves, le Tchad et la Centrafrique n’étant pas par ailleurs des pays qui permettent des investigations sans risque. Des témoins parlent aussi de transport d’armes et de déplacement de pick-up depuis Ndjaména, qui auraient paradoxalement servi à des mercenaires jusqu’alors opposés à Déby, peu de temps avant l’attaque de janvier 2013. L’arrivée d’armes lourdes entre les mains d’une partie de la Séléka, plus proche de Déby, est aussi évoquée.

En mars 2013, dans la Force Multinationale des Etats d’Afrique Centrale (FOMAC), les seules troupes vraiment offensives étaient tchadiennes. Les 23 et 24 mars 2013, les forces spéciales tchadiennes ont discrètement combattu l’armée centrafricaine et les soldats d’Afrique du Sud pour ouvrir une brèche à la Séléka, lui permettant d’entrer dans Bangui. Pour Roland Marchal : « Ce n’est qu’après avoir obtenu de fortes assurances de la part des dirigeants de la Séléka (notamment la nomination à des postes clefs de l’appareil d’État centrafricain de membres des services de sécurité tchadiens) (12 : « Chad : Déby’s Enemies Crowd in », Africa confidential, vol.54, n°11, 24 mai 2013), avoir remisé l’argument religieux de Bozizé (qui faisait de la Séléka, le cheval de Troie des islamistes soudanais) et assisté aux ultimes tentatives de ce dernier de se remettre en selle, qu’Idriss Déby donne son feu vert à l’attaque de Bangui en mars 2013. L’implication accrue du Tchad dans la force régionale apparaît alors autant comme un signe de puis­sance que comme l’expression d’une faiblesse face à la possible menace que représente un mouvement comme la Séléka, dont une partie des commandants au niveau intermédiaire n’obéit qu’im­parfaitement à la direction et est prompte à vendre ses services aux plus offrants. »

Le 2 octobre 2013, Jean-Christophe Belliard, directeur d’Afrique et de l’Océan indien au ministère des affaires étrangères français a indiqué [55] : « Il (Déby) s’est, par la suite, rendu compte que la Séléka avait son propre agenda, et comptait, dans ses rangs, des éléments opposés au gouvernement tchadien. » Selon Africa Confidential du 24 mai 2013[56], « Au départ, les dirigeants de la Séléka, Michel Am Nondokro Djotodia et le leader du CPJP, le « général » Noureddin Adam, avaient promis à Déby d’empêcher les rebelles d’origine tchadienne de contester son autorité. Déby a le sentiment que cette garantie n’est pas suffisante et a réussi à obtenir la nomination du général Mahamat Bahar à la tête du renseignement militaire centrafricain, le deuxième bureau. Il aurait été durant longtemps l’agent, à Bangui, de l’Agence nationale de sécurité, les services de renseignement tchadiens. » Après la victoire de la Séléka, Déby aurait constaté que les chefs de la Séléka étaient de plus en plus autonomes, et aurait eu confirmation de liens entre la Séléka et des chefs tchadiens du Soudan dont l’UFDD. La Séléka serait alors passé en quelques semaines de 5000 à 15000 mercenaires, les chefs les plus proches du Tchad, recrutant rapidement. Officiellement, le nombre de soldats tchadiens est passé de 500 à 800 dans la FOMAC et le pouvoir tchadien a participé à la négociation sur le passage de la Fomac à la Mission internationale de soutien à la Centrafrique (Misca). Le double-jeu a continué.

Roland Marchal réagit après le début de l’intervention française en Centrafrique le 7 décembre 2013[57] : « la Seleka a pu recruter extrêmement facilement des milices ou des mercenaires au Darfour et au Tchad et donc ça pose la question de qu’est-ce qu’il se passe au Darfour. Il y a quelques années, c’était le conflit à la mode dont il fallait absolument parler. Aujourd’hui les politiques européens se taisent. Ça pose aussi la question du Tchad. Une partie significative mais pas la majorité de la Seleka est composée d’anciens rebelles tchadiens. Pourquoi alors que l’Union européenne est intervenue pendant plus d’un an à dépenser 900 millions d’euros pour une opération, pourquoi finalement il n’y a pas eu d’accord politique pour régler ce problème au Tchad ? Pourquoi fallait-il suivre les Français et sauver seulement le soldat Idriss Déby ? Ça ce sont de véritables interrogations qu’il faut poser et qui montrent effectivement qu’il y a une dimension régionale. L’ambiguïté ou l’ambivalence du Tchad, qui est un peu pompier pyromane dans cette crise, doit être analysée. »

Suite à la prise de pouvoir de la Séléka et de Djotodia, la population centrafricaine est actuellement en grand danger[58]. Le 15 décembre 2013, l’AFP remarque[59] : « Les soldats tchadiens, qui ont logiquement évacué leurs ressortissants pendant la crise, assurent également la sécurité de personnalités centrafricaines comme le président de la transition (et ex-chef rebelle) Michel Djotodia mais aussi des grands chefs Séléka, qui n’occupent pas forcément de postes officiels. Selon certains soldats français, là-aussi sous couvert de l’anonymat, des soldats tchadiens ont fourni leur brassard Fomac (force militaire de la Mission africaine) à des Séléka leur permettant ainsi de conserver leurs armes et de continuer à circuler. Ce mélange contribue à rendre un peu plus confuse une situation déjà trouble. « Les Fomac tchadien nous tuent. Ils sont avec la Seleka, pas avec la Fomac », accusent de nombreux Centrafricains, dans un pays en très grande majorité chrétien. ».

Déby s’est comporté en pompier-pyromane en Centrafrique[60], et le gendarme français qui a les moyens d’observer tout au Tchad comme en RCA n’a pas réagi, ‘obligé’ par la rente diplomatique du Mali, ou secrètement intéressé. L’armée française et la diplomatie française se justifient aux regards des actions officielles de l’armée tchadienne, sans mettre en exergue le jeu des mercenaires qui cache aussi la circulation de l’argent. De son côté, Déby peut se targuer d’éviter la menace de rébellions contre lui en RCA[61]. Mi-novembre 2013, l’armée tchadienne est entrée au Darfour avec l’accord du Soudan, pour essayer d’en finir avec l’Union des Forces de la Résistance (UFR), la coalition surtout active entre janvier et mai 2009 formée de 8 rébellions dont l’UFDD, l’UFDD-F, le FPRN, et le RFC, coalition maintenant divisée et dispersée.

Début décembre 2013, à Bangui, la population salue l’arrivée de l’armée française mais associe les 800 soldats tchadiens de la FOMAC à la Séléka[62]. Une grande partie de la population, des personnalités de la société civile réclament le départ de l’armée tchadienne. Paul Biya, qui souhaite empêcher la Séléka d’entrer au Cameroun fait pression pour limiter le rôle du Tchad dans la MISCA[63]. La mise en évidence des responsabilités tchadiennes et le retrait des forces tchadiennes apparaissent indispensables pour sortir des cercles vicieux et aller vers un règlement politique de la crise centrafricaine.

[41] Survie : Centrafrique : Exit Patassé : http://survie.org/billets-d-afrique…

[42] 25 février 2009, Gouvernement USA : 2008 Country Reports on Human Rights Practices, http://www.state.gov/j/drl/rls/hrrp…

[43] 26.3.13, Centrafrique : Bozizé lâché par Déby, ignoré par Hollande : http://www.rfi.fr/afrique/20130326-…

[44] http://fr.wikipedia.org/wiki/Seleka…

[45] 4.4.13 Centrafrique : Noureddine Adam, l’autre homme fort de Bangui : http://www.jeuneafrique.com/Article…

[46] 26.4.13, Centrafrique : Noureddine Adam, général de fortune : http://www.jeuneafrique.com/Article…

[47] 8.7.12, La CPJP se dit favorable pour le retour de la paix : http://www.radiondekeluka.org/secur…

[48] jusqu’à 80-85% selon une source tchadienne, « pas la majorité » selon Roland Marchal, le 9.10.13,, http://www.rtbf.be/info/emissions/a… sachant qu’il y a eu passage de 5000 à 15000 mercenaires

[49] UFR : coalition surtout active début 2009 formée de 8 rébellions : UFDD, UFDD-F, FPRN, RFC, … : http://fr.wikipedia.org/wiki/Union_…

[50] juin 2013, Roland Marchal, Politique Africaine, p8 : http://www.politique-africaine.com/…

[51] 24.1.12, Tchad-RCA : les forces du FSR aperçues à Birao : http://makaila.over-blog.com/articl…, 25.3.13, Communiqué le FSR félicite la Séléka : http://www.letchadanthropus-tribune…

[52] 29.9.13 , Vincent Munié Monde diplomatique, http://www.unhcr.org/cgi-bin/texis/…

[53] juin 2013, Roland Marchal, Politique Africaine, p8 : http://www.politique-africaine.com/…

[54] Souvent de ‘pseudo’ administrateurs qui ne parlent ni français ni sango, les 2 langues officielles, ont été installés

[55] 2.10 .13, Jean-Christophe Belliard à Commission des affaires étrangères : http://www.assemblee-nationale.fr/1…

[56] 24.05.13, Africa Confidential, Deby’s enemies crowd in : http://www.africa-confidential.com/…, traduction française : http://www.tchadactuel.com/?p=8995, voir aussi : 10.7.13, Juliette Abandokwe : Le rôle de Seleka dans l’annexion de la RCA par le Tchad : http://juliette.abandokwe.over-blog…, nomination 19.4.13 : http://centrafrique-presse.over-blo…

[57] 9.12.13, Roland Marchal, interview Matin Première : http://www.rtbf.be/info/emissions/a…

[58] 11.12.13, Human Right Watch, Peter Bouckaert, article montrant le rôle actuel du général Mahamat Bahar : http://www.hrw.org/fr/news/2013/12/…

[59] 15.12.13, AFP, http://quebec.huffingtonpost.ca/201…

[60] 1er janvier 2013, Centrafrique (RCA) : L’agenda secret de la rébellion (interview d’un responsable du mouvement Séléka), http://afrikarabia.blogspirit.com/a…

[61] Un autre objectif pourrait être d’empêcher l’exploitation du champ pétrolier à cheval entre Tchad et RCA

[62] 10.12.13, Centrafrique : « Dehors les Tchadiens, traitres, chiens », crie la foule à Bangui : http://mali-web.org/afrique/centraf…

[63] 2.12.13, Centrafrique : Les soldats tchadiens ‘non grata’ dans la MISCA : http://www.lanouvellecentrafrique.i…

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  1. Islam au Tchad : équilibrisme ou double jeu ?

A propos du conflit entre Tchad et Soudan entre 2006 et 2009, Jean-François Julliard du Canard Enchainé remarque qu’« allié de Déby, Paris considère celui-ci comme un rempart face à l’islamisme soudanais et aux horreurs du Darfour »[64]. De nouveau en 2013 avec AQMI au Mali, Idriss Déby s’est présenté avec cette même image. La réalité tchadienne contredit cette présentation diplomatique qui a été reprise hâtivement.

En 1990, Déby, qui a pris le pouvoir grâce à la DGSE française, était entouré de rebelles Zaghawas soudanais et avait obtenu le soutien de Béchir et d’Hassan Abdallah Al-Tourabi, important chef religieux faisant partie des Frères musulmans[65]. Hassan Hissein, ancien colonel soudanais, proche de Déby avec qui il est entré au Tchad en 1990, imam de la Grande mosquée de Ndjaména, actuellement président du Conseil Islamique du Tchad, est resté la personnalité la plus influente[66]. En 1993, certains imams ont exprimé la demande que le Tchad devienne ‘Etat islamique’. L’Etat a, dans les années 90, commencé à transformer la société, par le contrôle et la prise en main islamique de l’éducation, de l’économie, ou de l’armée. Vers 1995 et 1996, une ‘réislamisation’ a eu lieu avec des violences. Les Frères musulmans très présents divisent les pratiques musulmanes en deux en arrivant dans une zone. A Ndjaména, en particulier, les pratiques se sont séparées.

L’arabe littéraire est devenu avec le français langue officielle en 1983, ce qui a été confirmé par la constitution de 1996. Voulant remplacer le français par l’arabe, Déby a rendu progressivement le bilinguisme obligatoire, par exemple dans les collèges, lycées, et universités en 2010-2011[67]. Le Tchad est une mosaïque d’ethnies et de langues : 120 langues coexistent. 24% des tchadiens parlent français (au Sud surtout), 6% anglais, 2,6% arabe littéraire (ou sinon beaucoup plus parle l’arabe du commerce dans les grandes villes). Déby a rapproché le Tchad de la Ligue arabe, au point que soit évoqué son adhésion.

Selon le chercheur David Mascré[68], « Le Tchad est au cœur de l’arc saharo-sahélien, théâtre depuis quelques années d’un important développement de l’islam radical, potentiellement source de terrorisme. Situé sur la ligne de faille opposant monde musulman et monde animiste chrétien (44 % de la population tchadienne est chrétienne), le pays est aux premières loges du mouvement de recomposition identitaire et d’affrontement ethnico-religieux qui secoue désormais depuis quelques années une partie de l’Afrique subsaharienne. »

Idriss Déby et l’imam Hassan Hissein ont la volonté d’islamiser le sud peuplé à majorité de chrétiens[69], au travers de la construction de mosquées ou de l’installation de migrants, des caravanes de missionnaires venus du Soudan dans des villages nommés ‘Mabruka’.

Ce qui a commencé en 91, a eu des effets après 2000, sous l’influence de l’Arabie saoudite (salafistes, wahhabistes), du Qatar (Frères musulmans), et de la Libye. De plus en plus de femmes voilées sont visibles à Ndjaména[70]. Actuellement, le wahhabisme gagne du terrain. Le salafisme a tenu son premier congrès en Afrique subsaharienne au Tchad en 2012. Le pourcentage des musulmans dans l’Islam radical augmente et se rapproche des 30% en 2013. Le Tchad a permis à des organisations radicales de s’implanter dont Dawa Alamia Islamia (Appel mondial islamique) basée en Libye construisant des écoles et mosquées, ou Dawa Alamia (tout court, Appel mondial) financée par le Koweit et le Soudan[71], et depuis 2009, des chiites d’Iran, l’islam tchadien étant sunnite. Des tensions ont grandi entre musulmans.

[64] 5 mars 2009, Le Tchadien disparu qui embarrasse la France, http://www.tchadenligne.com/article…

[65] http://fr.wikipedia.org/wiki/Hassan…

[66] Lettre du continent, 23.2.95 : http://www.africaintelligence.fr/LC…

31.7.10, L’imam de la grande mosquée de Ndjaména, le nouveau griot de Khadafi : http://ambenatna.over-blog.com/arti…

[67] 2010, La langue arabe au tchad, Jean-Didier Nandiguim Kamnadji, http://tcomtchad.info/?p=9732

[68] David Mascré, 2007 ?, Tchad-Darfour, les dessous d’une crise : http://www.cairn.info/article.php?I…

[69] Dr Gali, L’Islam et le Tchad, http://www.tchadforum.com/node/163

[70] 2.4.13, L’Imam Hassan Hissène Abakar appelle les femmes à se voiler : http://tchad24.unblog.fr/2013/04/02…

[71] Dr Gali, L’Islam et le Tchad, http://www.tchadforum.com/node/163

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  1. Incompatibilité avec l’Etat de droit

Durant l’intervention au Mali, en mai 2013, Idriss Déby a essayé d’écraser le peu d’opposition encore debout, sans déclencher de grande réaction internationale[72]. Il s’est justifié en parlant de « tentative d’organiser un printemps arabe »[73]. Manifestement, il a profité que l’on ait besoin de lui au Mali pour éliminer des opposants, sachant qu’il ne pourrait pas le faire aussi facilement ensuite. L’opposition est très faible à cause de l’historique de la répression, elle est donc maîtrisable en s’attaquant aux leaders, survivants des épisodes de répression précédents.

Selon la FIDH, « deux députés, deux généraux et un colonel ont été arrêtés ». Les 2 députés sont « Mahamat Malloum Kadre, député du Mouvement patriotique du salut (MPS, le parti du président Déby) et le député Saleh Makki, de la Coordination des partis politiques pour la défense de la Constitution (CPDC) ». « Saleh Kebzabo, président de l’Union nationale pour le développement et le renouveau (UNDR) et chef de file de la CPDC et Gali Gata Ngoté, lui aussi député et membre de la CPDC », ont aussi failli être arrêtés, soupçonnés d’une tentative de déstabilisation. « Les députés Gali Gata Ngoté et Routouang Yoma Golom ont été inculpés de ‘complot et d’atteinte à l’ordre constitutionnel’ et incarcérés. Le député Ngarjely Yorongar a quant à lui été libéré et reste à la disposition de la justice en tant que témoin. »

La surveillance d’internet et les écoutes téléphoniques ont joué un grand rôle dans les arrestations de mai 2013. Elles sont assurées par un système et des fonctionnaires israéliens, comme au Togo et au Cameroun.

La répression a également touché la presse, toujours selon la FIDH : « le journaliste Eric Topona, secrétaire général de l’Union des journalistes tchadiens, a été convoqué, inculpé et incarcéré le 6 mai dernier … poursuivi pour « atteinte à l’ordre constitutionnel » dans le cadre de l’affaire Jean Laokolé, un jeune blogueur accusé de diffamation et lui aussi en prison. Le lendemain, le 7 mai 2013, le directeur de publication du journal indépendant Abba Garde, Avenir Moussey De la Tchire, a été arrêté par la police judiciaire, pour la diffusion d’articles appelant à « la haine et au soulèvement populaire », selon la police. » Le bras long a atteint le Sénégal, d’où a été expulsé le blogueur Makaïla Nguebla qui vivait depuis 2005 là où se déroulerait bientôt le procès Habré.

Le 29 octobre 2013, le Tchad a subi l’Examen Périodique Universel de l’ONU à Genève[74]. Cet examen n’est pas directement contraignant – l’absence d’application des recommandations n’est pas sanctionnée -, mais est complet et fiable. L’étude de son processus permet aux institutions internationales, aux ONG, aux journalistes de se référer à un processus basé sur la légitimité de l’ONU, ce qui permet de juger de l’avancement de la construction de l’Etat de droit. L’intention de l’Etat de se réformer est visible selon les progrès entre 2 examens passés à 4 ans d’intervalles. Amnesty a rendu à l’ONU l’état des lieux le plus complet et les recommandations les plus instructives. Son document révèle la nature du régime, et l’horreur paralysante que vit la population depuis 23 ans[75], au-delà des apparences diplomatiques atténuantes que revêt le passage de l’EPU. La liste des griefs est bien documenté sur chaque points : Disparitions forcées, Violence liée au genre, Recrutement et utilisation d’enfants soldats, Conditions carcérales, Morts en détention, Torture et autres mauvais traitements, Arrestations et détentions arbitraires, Attaques contre les défenseurs des droits humains, Liberté d’expression, Harcèlement des opposants politiques, Ratification et mise en œuvre des normes internationales relatives aux droits humains, Peine de mort. Les disparitions forcées sont les crimes qui se rapprochent le plus des massacres antérieurs aux améliorations depuis la fin de la guerre en 2009.

Amnesty a indiqué en 2013 que « l’État concerné ne s’est guère mobilisé pour appliquer ces recommandations. » Des progrès ont été réalisés sans que l’essentiel n’avance. L’EPU ne revient pas sur le bilan du régime depuis son instauration, et ne vise pas à la justice et la vérité pour l’ensemble des crimes. Idriss Déby, est lui-même mis en cause et susceptible d’avoir à rendre des comptes devant la justice de son pays si elle réussit à se mettre en place. Il fait évoluer son régime lentement, en privilégiant les points qui ne le touche pas. Déby essaye avec le soutien français renouvelé en 2013 d’améliorer son image, et il a réussi à gagner des points politiquement, mais la construction de l’Etat de droit ne se juge pas en fonction de la diplomatie. Les progrès des droits interférent les uns les autres, le régime bloque globalement tout en lâchant du lest, pour éviter une accumulation de pression.

D’autres recommandations avaient également suivi la guerre de février 2008, les massacres et les assassinats dont celui d’Ibni Oumar Mahamat Saleh : Jugement des responsables gouvernementaux, indemnisations des victimes, suppression des prisons secrètes et contrôle des lieux de détention officiels, réforme de la justice et du secteur de la sécurité, ouverture du jeu démocratique et gouvernance. Le Comité des droits de l’Homme de L’ONU mi-2009 jugeait que « de graves violations des droits de l’homme ont été commises en toute impunité et continuent de l’être sur le territoire du Tchad, notamment des meurtres, des viols, des disparitions forcées, des détentions arbitraires, des cas de torture, des destructions de propriétés, des déplacements forcés et des attaques contre la population civile ». Pour l’EPU, 174 recommandations ont été publiées le 31 octobre[76], et l’Etat tchadien a jusqu’à mars 2014 pour répondre.

[72] 9 mai 2013, FIDH + LTDH + APTDH : vague de répression sur fond de tensions militaires : http://www.fidh.org/tchad-vague-de-…

[73] Interview au Figaro, 7.6.13, http://www.lefigaro.fr/internationa…

[74] 29 octobre 2013, Examen Périodique Universel du Tchad, ONU, Genève, http://www.upr-info.org/Examen-2013…

[75] 31 juillet 2013, Suggestions de recommandations aux États qui seront soumis à l’Examen périodique universel (17e session 21 oct–1er nov), http://amnesty.org/en/library/asset…

[76] Human Rights Council Working Group on the Universal Periodic Review, Draft report of the Working Group on the Universal Periodic Review – Chad, http://www.upr-info.org/IMG/pdf/a_h…

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  1. Répression des opposants et de la presse : le poids du passé

Les assassinats d’opposants ont une importance particulière au Tchad en raison de la disparition du leader politique Ibni Oumar Mahamat Saleh le 3 février 2008 pendant la bataille de Ndjamena. Auparavant, en considérant uniquement les chefs politiques et pas les journalistes et syndicalistes, les assassinats ont été plus souvent ceux des chefs politico-militaires, très liés aux guerres. Ce dernier assassinat d’un leader civil a déstabilisé l’opposition démocratique et détruit les espoirs de démocratisation. Idriss Déby est soupçonné d’être le commanditaire de l’assassinat de celui qui était son principal opposant. Le 22 juillet 2013, la justice tchadienne a prononcé un non-lieu qui sonne comme un nouvel aveu de culpabilité[77]. Ce crime trop récent poursuivra Déby : une plainte est déposée en France, et l’affaire est mentionnée dans l’Examen Périodique Universel.

D’autres leaders politiques ont subi la répression et des arrestations, et surtout le député Ngarjely Yorongar, arrêté 14 fois et torturé. Récemment en 2012 et 2013, les députés Saleh Kebzabo, Gali Ngoté Gata et Saleh Makki ont été inquiétés par la justice tchadienne instrumentalisée. Des syndicalistes sont également visés par la répression, tels Michel Barka de l’Union Syndicale du Tchad (UST), emprisonné en 2008, et MM. François Djondang, et Younous Mahadjir, deux autres leaders de l’UST poursuivis en 2012, Mbailaou Gustave Bétar mort en prison en décembre 2012, arrêté pour avoir souri lors d’une audience. Des responsables d’association de droits humains ont été visés, dont Me Joseph Behidi, Président de la Ligue Tchadienne des Droit de l’Homme assassiné le 16 février 1992 et plus récemment, Daniel Deuzoumbe Passalet, président de Droits de l’homme sans frontières (DHSF), arrêté en 2011.

Pourtant, la répression de la liberté de la presse et des opposants est aussi en 2013 une répression d’une moindre intensité que celle du passé. La justice a permis des libérations, le parlement tchadien a voté contre la suppression de l’immunité des députés Lama Tchindébé et Saleh Kebzabo voulue par Déby[78]. Cette répression s’effectue actuellement à un niveau équivalent de ce qui peut se passer dans d’autres pays aux régimes moins féroces, si l’on juge de la nature du régime au-delà des dernières années. Par contre la tension persiste en fonction de l’historique. Paradoxalement, le fait qu’une répression fréquente et de basse intensité ait été médiatisée et mise en exergue en 2013, à partir de la guerre au Mali, parce que le bilan sur 23 ans a été largement occulté, a permis au régime tchadien de se présenter à un niveau de dictature plus bas qu’il n’est en réalité. Un va-et-vient d’agression-rabâchage et bruits-interventions à l’étranger banalise le niveau de dictature pour ceux qui se contentent de l’actualité et non du bilan du régime sur 23 ans.

La vague d’arrestation a suivi immédiatement le déclenchement de la guerre au Mali[79], pour que celle-ci ne serve pas d’amorce pour exiger des changements au Tchad, à partir de l’argument selon lequel la guerre au Mali servait à rétablir la démocratie. Même si les prisonniers en 2013 ont été souvent libérés, après quelques jours, semaines ou mois, l’ensemble crée un climat de terreur. Une caution implicite française s’y ajoute : les critiques de la diplomatie française sont suffisamment faibles pour être bien comprises comme un accord pour ne pas revenir sur ce qui dérange vraiment.

La presse tchadienne n’a pu se développer comme le prouve la forme des journaux indépendants, au maximum en format A4, à la fréquence maximale hebdomadaire. Il n’existe pas d’imprimeur indépendant autre que l’imprimerie nationale du Tchad. Les rédactions doivent obtenir avant toute publication l’autorisation du Haut Conseil de la Communication, qui pratique une censure radicale.

Les manifestations sont systématiquement interdites par les autorités. En 23 ans, la seule manifestation qui a réussi à commencer est un rassemblement de femmes en 2001 devant l’ambassade de France à Ndjaména pour contester le processus électoral. Elle a été rapidement dispersée à balles réelles, sous les yeux de l’ambassadeur français. L’avocate Jacqueline Moudeina a été grièvement blessée par une grenade. La liberté de manifester est une revendication essentielle pour débloquer le processus démocratique. Après la guerre au Mali, que ferait l’armée française si l’armée tchadienne tirait de nouveau sur des manifestants pacifiques ?

[77] 26 juillet 2013, Disparition de Ibni Oumar Mahamat Saleh : la justice tchadienne prononce un non-lieu, jeuneafrique.com, 25 juillet 2013, nouvelle impasse dans la procédure sur la disparition de l’opposant Ibni Oumar Saleh, rfi.fr

[78] 4 septembre 2013, Levée de l’immunité des députés Lama Tchindébé et Saleh Kebzabo : Quand le parlement dit NON à l’exécutif : Le paradoxe tchadien (Le Pays) : http://fr.africatime.com/articles/q…

[79] 9.5.13, FIDH, LTDH, APTDH vague de répression sur fond de tensions militaires, http://www.fidh.org/tchad-vague-de-…, 12.7.13, un vent répressif s’abat sur le Tchad, http://www.la-croix.com/Actualite/M…

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  1. Une caricature de pétro-monarchie

Le 29 septembre 2013, le ministre tchadien des Finances a annoncé un triplement de la production du pétrole en 2015 : 200 000 barils par jour en 2014, puis 300 000 en 2015, alors que la production est tombée vers 100 000 en 2013 loin du niveau record de 173 000 en 2005. Même s’il y a des doutes sur cette annonce, le Tchad pourrait rejoindre des pays voisins tels le Gabon à 250 000 barils par jour depuis 2007, ou le Congo-Brazzaville 270 000 b/j en 2012. En 2011, les réserves du Tchad ont été estimées à 2000 millions de barils. Le pétrole est exploité depuis 2003 par le Consortium constitué d’Esso filiale d’Exxon (USA), de Chevron (USA) et de Petronas Carigali (Malaysie) et plus récemment 2 autres sociétés : CNPCI (Chine) et OPIC (Taïwan). Une raffinerie sino-tchadienne a été ouverte en 2011. Le Tchad engrange 28,7% des bénéfices contre 72,3% pour le Consortium, selon le Réseau Foi et Justice Afrique-Europe[80]. Actuellement, le pays a pu récupérer ainsi jusqu’à 1,2 milliards de dollars en un an, en 2007[81]. Récemment, il a décidé la création d’un fonds d’investissement de 50 Milliards de dollars avec l’aide du français Samuel Maréchal, ancien dirigeant du Front National (en France)[82].

En octobre 2012, le Tchad a publié son dernier rapport Initiative pour la Transparence dans les Industries Extractives (ITIE)[83]. L’engagement dans le processus ITIE est positif, mais il reste beaucoup d’incertitudes sur la volonté d’appliquer les règles de transparence ITIE. En dix ans, le pétrole a rapporté 7,5 milliards d’euros[84], mais cette richesse a été accaparée par le clan au pouvoir très axé sur la famille de Déby. Le Tchad reste en mars 2013 184e sur 186 dans le classement de l’Indice de développement Humain 2012 du Rapport sur le développement humain du PNUD[85]. En 2008, la Banque Mondiale s’est retirée du Tchad en constatant sa déception au niveau lutte contre la pauvreté, et un recul niveau droit, corruption, qualité de l’administration[86].

Le budget de l’État a presque quadruplé entre 2002 et 2012 de 595 millions à 2,3 milliards d’euros. Le nombre de fonctionnaire a beaucoup augmenté. La convoitise de l’argent du pétrole et l’absence de perspective d’alternance politique ont motivé la création des rebellions. L’argent du pétrole a permis le renforcement rapide de l’armée tchadienne depuis 2003[87], sans que la rente ne profite à la population paupérisée. Le pétrole a financé le maintien du régime, par la corruption, l’achat de conscience, et l’achat des armes pour renforcer l’armée confrontée aux rebellions, 50 Millions d’euros en 2004, 420Ms en 2008, 240Ms en 2010.

L’argent a aussi permis la construction d’infrastructures, des routes en particulier, mais sans transparence des appels d’offre des marchés et avec une grande corruption. Les dépenses de l’Etat ne sont pas connues, et une grande partie du budget est utilisée par la Direction des Grands Travaux Présidentiels[88]. Le frère ainé d’Idriss Déby, Daoussa Déby dirige[89] la Société nouvelle d’études et de réalisations (SNER), l’entreprise de travaux publics qui fait construire les routes du Tchad par des sous-traitants.

Depuis 2003, grâce à l’or noir, le Tchad est devenu rapidement un Etat pétrolier, avec les difficultés rencontrées dans ce type de pays : économie de rente, absence de modernisation sociale, absence de démocratie, verrouillage politique, et répression. Selon International Crisis Group en 2009[90], « les ressources pétrolières sont devenues pour le pouvoir tchadien une source de renforcement militaire, de clientélisme et de cooptation politiques. Cette situation contribue à verrouiller davantage l’espace politique national et à maintenir le pays dans un blocage persistant qui radicalise des antagonismes entre le pouvoir et ses opposants. »

Cette manne crée des Biens Mal Acquis au Tchad et à l’étranger, notamment en Afrique du Sud, en Malaisie et en Tunisie. Il y a de la petite et de la grande corruption, interne au pays et d’étrangers au pays. La corruption politique est particulièrement mal connue et peu documentée, puisque les risques sont importants pour révéler des affaires, dans un pays où la presse n’est pas libre et la répression très forte. Dès qu’une personnalité émerge dans la société civile ou un parti politique réalise un travail efficace social ou politique, elle peut être contactée et aidée financièrement, ce qui signifie ensuite être absorbée par le système dictatorial.

Suite au scandale des faux dinars de Bahrein, les principaux responsables n’ont jamais été inquiétés. Verschave dans son livre Noir Silence puis surtout le député Yorongar ont dénoncé la participation de Déby dans le trafic de fausse monnaie en apportant de nombreux éléments à charge[91].

Idriss Déby a développé également son système de corruption extérieure, d’acteurs étrangers influents. Étant donné les difficultés pour enquêter, il n’y a souvent que des soupçons qui ne peuvent être rapportés qu’avec précautions : amitiés anormales, déplacement-soutiens, discontinuités dans les discours, prises de positions biaisées suspectes, des indices fragiles vus de l’extérieur, qui font, à défaut de preuves, des quasi-certitudes pour des tchadiens avertis. La liste des amis de Déby, difficile à dresser, est longue : personnes clé pour la validation d’élections, chercheurs français habitués des media, journalistes étrangers, militaires français, politiciens français, personnel de l’ONU, société civile dans d’autres pays d’Afrique, dont certains dans les organisations de droits humains, fonctionnaires d’autres pays … Comment dénoncer quand la peur règne et quand chaque révélation se paye au prix fort ? Le propre de la dictature est d’occulter fortement cette corruption qui crée un réseau de soutiens stratégiques, à la manière de Ben Ali en Tunisie.

[80] 2011, L’exploitation du pétrole au Tchad et la population de la région, par Réseau Foi et Justice Afrique-Europe (AEFJN), http://www.aefjn.org/index.php/mate…

[81] 26 août 2009, International Crisis Group : Tchad : sortir du piège pétrolier, http://www.crisisgroup.org/ /media/…

[82] 2.10.13, M&A finance s’active au Tchad, http://africaintelligence.fr/LC-/ho…

[83] http://www.itie-tchad.org/

[84] 11.5.13, Le Monde, Au Tchad, la répartition de la manne pétrolière suscite le mécontentement : http://www.lemonde.fr/international…

[85] 28 mars 2013, classement Indice de développement Humain 2012, http://hdrstats.undp.org/fr/pays/pr…

[86] 20 novembre 2009, Appui du Groupe de la Banque mondiale au Programme de développement pétrolier et d’oléoduc Tchad-Cameroun, Rapport d’évaluation rétrospective du programme, http://siteresources.worldbank.org/…

[87] 30.1.12, rapport CCFD « Le développement piégé : les transferts d’armes et le développement du Tchad (2005 – 2010) » : La France et d’autres pays ont vendu des armes au Tchad, http://ccfd-terresolidaire.org/ewb_…

[88] http://www.tchadoscopie.com/article… , Voir aussi : juin 2013, Roland Marchal dans Politique Africaine p6, http://www.politique-africaine.com/…

[89] voir précisions : 23.10.13, « coming out » de Daoussa Déby Itno, monsieur Frère : http://www.jeuneafrique.com/Article…

[90] 26 août 2009, International Crisis Group : Tchad : sortir du piège pétrolier, http://www.crisisgroup.org/ /media/…

[91] 24.11.9, extrait livre Yorongar : Tchad, le procès d’Idriss Déby : http://www.yorongar.com/imprimer.ph…

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  1. La « démocratie apaisée » qui n’a jamais trompée personne

Idriss Déby n’a aucune légitimité démocratique. Arrivé par les armes, il a été installé durablement en 1996 par les experts en fraude électorale français, Jerôme Grand d’Esnon et André Rouge, à l’époque où la Françafrique pouvait tout se permettre[92]. Le multipartisme des années 90 était comme dans beaucoup de pays une apparence pour cacher l’absence de processus électoraux valides. Comme les autres dictateurs, Idriss Déby n’a eu ensuite qu’à se lancer dans les scrutins frauduleux en écrasant son opposition.

Les 2 dernières mascarades, les législatives et la présidentielle, en 2011, sans aucun enjeu[93], ont été discrètement cautionnées par une Union Européenne timide et presque honteuse, au travers de l’observation de l’expert des élections en dictature, Louis Michel, qui a rendu à Déby le même service qu’il avait rendu au fils d’Eyadéma au Togo lors de la présidentielle de 2010. L’accord du 13 aout 2007[94] a été vidé de sa substance[95]. La présidentielle a été boycottée par les principaux opposants[96]. Le Tchad est une caricature de dictature, mais la caricature la plus scandaleuse est celle de la simulation étrangère d’un soutien à une démocratisation inexistante. Les dernières élections, les législatives de 2011 ont montré une fois de plus l’absence de force politique de l’Union européenne[97] et les compromissions de certains de ses éléments.

Le 7 août 2013, a été créé une prétendue Commission Nationale Electorale Indépendante[98]. Les législatives sont prévues en 2015 (février). La présidentielle est prévue en 2016 (avril). Quels progrès attendre ? Combien de temps faudra-t-il pour qu’une opposition crédible et solide puisse se construire sans être sous la pression de la répression et de la corruption (parfois sous forme de cooptation) ? Pour l’instant peu de progrès ont été réalisés, et l’absence de perspectives d’alternance a favorisé la création de forces armées rebelles. Alors que les cadres du régime ne se renouvellent pas, que le gouvernement travaille sans programme, Déby tentera sans doute d’imposer un contrôle total. Déby est assisté de nombreux juristes[99]. Le Cadre National du Dialogue Politique (CNDP) est maîtrisé par le régime, et objet de critiques vives de l’opposition démocratique, en particulier de la Coordination des partis pour la défense de la Constitution (CPDC)[100].

L’argent du pétrole permet à Déby de financer des activités politiques en Afrique à la manière de Khadafi. Il intimide d’autres présidents, en particulier en Afrique de l’Ouest, et fragilise ainsi la démocratie, là où elle commence à s’installer, par exemple au Sénégal quand il impose, au travers de l’organisation du procès Habré, un recul de la liberté de la presse, avec l’expulsion du blogueur tchadien Makaila Nguebla[101].

La démocratisation de l’Afrique centrale est actuellement impossible. Les destins du Tchad, de la Centrafrique, du Cameroun, de la Guinée Equatoriale, du Congo Brazzaville et du Gabon sont liés. Les dictateurs sont globalement solidaires : 5 de ces 6 pays connaissent des dictatures très durables qui se sont mises en place et renforcées avec la Françafrique. Cette situation bloquée est aussi le résultat de l’historique de la politique française dans la région qui a favorisé son approvisionnement en pétrole. Si les dictateurs ont acquis une grande autonomie dans les dernières années, leur avenir dépend aussi de l’évolution de la politique française.

[92] François-Xavier Verschave dans Noir Chirac, 2002, p225 du chapitre Légitimer le frère Déby, bourreau des Tchadiens

[93] 10.5.11, Gaëtan Gorce : Réaction suite à la promulgation des résultats de l’élection présidentielle au Tchad, gorce.typepad.fr

[94] http://eeas.europa.eu/chad/accord_p…

[95] Voir recommandations d’International Crisis Group : 17 août 2010 : Tchad : au delà de l’apaisement : http://www.crisisgroup.org/fr/regio…

[96] 26.4.11, boycott : Campagne présidentielle : Le trio d’opposants ne baisse pas les bras : http://www.journaldutchad.com/artic…

[97] En 2013, l’Union européenne essaye de définir sa politique : 12.12.13 Conclusions du Conseil sur le rapport de la Commission sur l’aide de l’UE à la gouvernance démocratique : http://www.consilium.europa.eu/uedo…

[98] 3.9.13, la société civile à la conquête de la CENI, http://makaila.over-blog.com/articl…

[99] dont le Groupe d’Études et de Recherches sur la Démocratie et le Développement Economique et Social (GERDDES-Tchad)

[100] 20.11.13, RFI : Au Tchad, le président Deby reçoit l’opposition : http://www.rfi.fr/afrique/20131120-…

[101] 12 .6.13, Interview Makaila Nguebla, http://survie.org/billets-d-afrique…

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  1. Le soutien français à Idriss Déby ne s’est jamais tari

Sans remonter aux crimes coloniaux français au Tchad[102], les compromissions françaises avec Déby ont commencé avec Habré : « Du temps d’Hissein Habré, grand ami de la France, les cadavres flottaient sur le fleuve Chari, traversant N’Djaména, longeant le parc de la résidence de l’ambassadeur de France » [103].

Idriss Déby est arrivé au pouvoir en 1990 propulsé par l’officier de la DGSE, Paul Fontbonne[104]. Celui-ci est resté conseiller de la présidence de Déby, de décembre 1990 à juin 1994. Dans son livre Noir Silence, Verschave indiquait : « Jusqu’en octobre 1998, une vingtaine d’agents de la DGSE entrainent la Garde républicaine. »[105], alors que « le Quay d’Orsay déploie chaque année des trésors de lobbying pour épargner au cher Déby la sollicitude de la Commission des droits de l’homme de l’ONU. »

Dans les années 90, les dirigeants français espéraient obtenir en partie les gisements pétroliers tchadiens, pour Elf qui faisait parti du consortium international (Elf, Esso, Shell) qui serait chargé de l’exploitation du pétrole après la construction du pipe-line Tchad-Cameroun : « M. Yorongar, s’est notamment élevé contre la façon dont ce projet est géré par l’entourage du chef de l’Etat, M. Idriss Déby, et a dénoncé – pour la première fois lors de la campagne présidentielle de juin et juillet 1996 – le financement par Elf de la campagne électorale de MM. Déby et Kamougué, aujourd’hui Président de la République et Président de l’Assemblée nationale. »[106] Elf et Shell se sont ensuite retirés du consortium fin 1999.

Toujours selon des modes opératoires françafricains, en 1997, l’armée tchadienne a été utilisée au Congo-Brazzaville, pays pétrolier où Elf était partie prenante de la guerre civile : « l’armée de l’air française mettrait des avions de transport militaire à la disposition des soldats tchadiens, envoyés au Congo pour combattre aux côtés de Sassou Nguesso. Les appareils décolleraient d’Abéché (Tchad) où la France a ses aises »[107].

Le pétrole étant abandonné côté français, l’armée française est restée le principal acteur français au Tchad. Comme au Rwanda entre 1990 et 1994, le mélange des responsabilités politiques et militaires face à l’observation des nombreux crimes d’un allié, a poussé vers un silence mutuel. La distribution de la responsabilité entre politiciens et militaires est difficile à analyser. Les intérêts sont partagés. Le soutien français à Déby est passé, pendant 23 ans et jusqu’à la justification de la collaboration au Mali et en Centrafrique, par un mutisme sur l’ensemble des crimes.

En 2006 et 2008, menacé par des rébellions, Idriss Déby a été sauvé deux fois par l’armée française. En 2008, selon certains témoignages, Sarkozy aurait aussi décidé en fonction d’une ‘théorie de la stabilité’, plus qu’en fonction d’une affinité avec le président en place. Le pays était considéré comme une zone d’enjeu militaire où le pouvoir ne pouvait pas s’acquérir par les urnes, et aucune alternative à Déby n’existait.

A force d’être en position d’observateur, l’Etat français s’est retrouvé impliqué en février 2008 en raison de la présence présumée près de l’assassinat du leader de l’opposition démocratique Ibni Oumar Mahamat Saleh de militaires français, Jean-Marc Marill, et le colonel Jean-Marc Gadoullet. L’enquête de la juge d’instruction française Emmanuelle Ducos, depuis l’été 2013 au pôle Génocide et crimes contre l’humanité du Tribunal de Grande Instance de Paris, devrait permettre d’en savoir plus suite à la plainte à Paris des enfants d’Ibni Oumar Mahamat Saleh. Cette plainte est une plainte de plus parmi celles déposées en France et qui concernent la Françafrique : génocide du Rwanda, Biens Mal Acquis, affaire Borrel à Djibouti, affaire du Beach au Congo-Brazzaville.

Ibni Oumar Mahamat Saleh, le dirigeant du Parti pour les Libertés et le Développement (PLD), était un mathématicien reconnu en France. Jusqu’à mai 2012, le Parti Socialiste français s’est impliqué pour la justice et vérité sur cette affaire qui implique le dictateur tchadien. En 2008, Nicolas Sarkozy a demandé la présence d’observateurs européens et français dans la Commission d’enquête tchadienne. En 2010, Jean-Marc Ayrault, alors député, poussé par Gaëtan Gorce[108], principal soutien de la lutte pour la vérité et la justice, a lui aussi signé une résolution demandant au gouvernement français d’intervenir de nouveau[109]. Le 25 juillet 2013, la justice tchadienne a prononcé un non-lieu, faute d’avoir pu « identifier les auteurs, coauteurs et complices »[110] sans que cela ne l’éloigne d’Hollande. Gaëtan Gorce est isolé depuis la guerre au Mali, alors que le gouvernement a poussé en 2013 de nouveau le PS vers la Françafrique.

[102] Tchad Index chronologique 1900-1960 par M.Debos Avril 2008, http://www.massviolence.org/IMG/pdf…

[103] Roger-Vincent Calatayud, Rapport de la mission d’observation au Tchad (4-11 février 1992) cité par Survie en 1996 : http://survie.org/publications/les-…

[104] 2000, Noir silence, François-Xavier Verschave, éd. Les Arènes, p151-171 : chapitre 8 ‘Tchad, pétrole et dictature’ : p153

[105] 2000, Noir silence, François-Xavier Verschave, éd. Les Arènes, p154-171 : chapitre 8 ‘Tchad, pétrole et dictature’

[106] Juin-juillet 1996 + 6 mars 2001, Yorongar – FX Verschave au procès contre Déby, Noir Procès, FXVerschave, mai 2001,

[107] Le Nouvel observateur du 25.9.97 citant l’opposition tchadienne, in La Françafrique, le plus long scandale de la République, François-Xavier Verschave (Survie), 1998, page 311 à 313

[108] 4.12.12, Gaëtan Gorce : La France doit continuer d’exiger la vérité sur la disparition d’Ibni Oumar Mahamat Saleh : http://gorce.typepad.fr/blog/2012/1…

[109] 25 mars 2010, adoption par l’Assemblée Nationale française de la résolution ‘Affaires étrangères : disparition de M. Ibni Oumar Mahamat Saleh au Tchad le 3 février 2008′ déposée par les députés PS : MM. Gaëtan Gorce, Jean-Marc Ayrault, Serge Janquin, François Loncle, …, http://www.assemblee-nationale.fr/1…

[110] 26 juillet 2013, Disparition de Ibni Oumar Mahamat Saleh : la justice tchadienne prononce un non-lieu, jeuneafrique.com, 25 juillet 2013, nouvelle impasse dans la procédure sur la disparition de l’opposant Ibni Oumar Saleh, rfi.fr

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  1. Que fait l’armée française au Tchad ?

Comme l’indique si bien le site internet de la présidence tchadienne le 18 octobre 2013, le Chef d’Etat-major des armées françaises, « l’amiral Edouard Guillaud est un habitué des allées du Palais présidentiel »[111]. Les militaires français de l’opération Epervier commencée en février 1986, légionnaires, soldats de l’armée de l’air et de l’armée de terre, étaient installés au côté du pouvoir tchadien avant même l’arrivée d’Idriss Déby. Avant cela, l’armée française a accumulé une longue histoire de collaboration avec les soldats tchadiens : 14-18, 39-45, Madagascar, Indochine, Cameroun. Le Tchad est considéré comme une zone militaire.

Cette présence influence les décisions des gouvernements français, et, dans les années 90, selon Verschave, « A Paris, ce que « souhaitent » les officiers qui passent ou sont passés au Tchad (un lobby considérable) est perçu comme un ordre. »[112] Cette présence fait le lien entre les régimes Habré et Déby : « Des massacres du ‘septembre noirs’ de 1984 à ceux de l’automne-hiver 1997-1998, c’est l’armée française qui assure la logistique, comme on dit pudiquement, c’est-à-dire qui amène les tueurs à pied d’œuvre. Pendant la besogne, les instructeurs ou conseillers français qui les accompagnent regardent ailleurs. »[113]

En 1996, l’association Survie citait Tibe Kalande, le président de l’association Tchad Non-Violence : « Aujourd’hui, [la France] soutient d’un côté le processus démocratique, et, de l’autre, elle forme la Garde républicaine qui est en fait l’auteur de tous les massacres qui ont lieu au Tchad. Cette ambiguïté choque les Tchadiens(108). […] Sous prétexte de réorganiser l’armée, la France équipe (véhicules tous terrains, fusils,…) et entraîne cette garde. Des instructeurs français les encadrent. La France joue un double jeu.’ »[114].

L’armée française a été aux premières loges pour observer les crimes d’Idriss Déby. En février 1998, à Sahr dans le Sud du Tchad, après l’enlèvement de 4 français par Mahamout Nahor, des massacres ont été commis sur ordre de Déby avec des soldats français à proximité. Toujours selon Verschave, « les ratissages font 57 victimes, en majorité des civils. Les militaires tchadiens sont appuyés par des éléments de l’opération Epervier et un hélicoptère français. »[115] L’armée française aurait été aussi témoin en février 2008 de l’assassinat du leader de l’opposition démocratique Ibni Oumar Mahamat Saleh.

Le sultan Déby est aimé par l’Etat-Major français. L’armée française a maintenu sa collaboration alors que les crimes s’accumulaient, cautionnant l’impunité, et contribuant ainsi à une banalisation des crimes contre l’humanité. Les rapports d’Amnesty sont sortis, listant de nombreux crimes surtout dans les années 90, sans que la politique militaire française soit amendée dans le sens d’un éloignement d’Idriss Déby.

La collaboration militaire française a aidé Déby à rester au pouvoir, en particulier avec les deux interventions françaises pour le sauver en 2006 et 2008 face aux rébellions venant de l’Est. Selon Raphaël Granvaud, dans ‘Que fait l’armée française en Afrique ?’ (Survie, 2009), en 2006, « Selon le FUC (Front uni pour le changement démocratique) et les mouvements d’opposition, les avions français auraient non seulement directement pris pour cible les assaillants, jusque dans la capitale, sans considération pour les « dommages collatéraux » mais auraient également bombardé les villes d’Adré et de Moudeïna (à la frontière avec le Soudan), occasionnant de nombreuses victimes civiles. »[116]

Le 28 janvier 2008, alors que 2000 à 3000 hommes armés par le Soudan menaçaient Ndjaména, l’armée française est intervenue de nouveau. Selon deux journalistes du mensuel Marchés tropicaux, cités par Raphaël Granvaud : « Aux commandes, on retrouve le colonel Jean-Marc Marill, attaché de défense à l’ambassade de France à N’djaména. Tout le long des combats, il dirigea les opérations pour le compte d’Idriss Déby. »[117] Le général Puga, chef d’état-major particulier du président depuis 2010, très influent dans le conflit malien, était l’intermédiaire entre le colonel Marill et Sarkozy. Il est devenu « selon plusieurs observateurs, l’une des personnalités les plus influentes auprès de François Hollande », selon le Monde, qui précise le 15 octobre 2010 que « faute de ligne politique claire, les militaires et leurs réseaux restent aujourd’hui les gardiens du temple de la relation franco-africaine »[118]. La suite, l’opération européenne Eufor-Tchad-RCA (2008-2009), sous influence française, est jugée de manière très critique par International Crisis Group : « Grâce à l’Eufor, la France a donc activement contribué à renforcer Déby sans aider les tchadiens à trouver une solution durable à leur crise. »[119]

Dans quelle mesure la motivation à soutenir le président tchadien n’est pas aussi liée aux ventes d’armes en période de crise économique depuis 2008 ? En 2013, la « rente diplomatique du Mali » appuie son rôle dans la « paix et la sécurité » qui pourrait justifier le renforcement de son armée.

Le Tchad est un pays de grande corruption. Idriss Déby a développé comme d’autres dictateurs son système de corruption de soutiens étrangers, au Tchad et ailleurs. Les preuves de la corruption sont toujours difficiles à obtenir là où la presse est réduite au minimum et l’investigation impossible. Le risque de corruption augmente avec la durée de présence[120]. Les conséquences d’une éventuelle corruption d’officiers français par le régime tchadien seraient qu’Idriss Déby disposerait d’un moyen de pression pour influencer la politique française. Il faut espérer que non, mais quelques confidences privées en raison du danger ont déjà créé un doute[121]. La question mérite d’être posée pour considérer sous tous les aspects l’opération Epervier et sa durée.

Par ailleurs, pour pallier les défaillances de l’Etat tchadien, l’armée française joue un rôle humanitaire et social, grâce à l’hôpital militaire Epervier, ou en intervenant en cas d’incendies ou de catastrophes naturelles[122]. Les populations tchadiennes sont également sensibles aux emplois dépendants de l’armée française. Une coopération civile s’éloignant du soutien du régime tchadien aurait pu améliorer l’état du Tchad depuis longtemps. L’Union européenne affiche dans son bilan, le « forage de 4700 puits pour l’accès à l’eau dans 8 régions et la construction, la réhabilitation et l’équipement de 18 hôpitaux et plus de 50 salles d’opérations »[123].

L’armée tchadienne qui collabore quotidiennement avec l’armée française participe à la répression, en particulier en empêchant l’expression populaire et les manifestations pacifiques. Si jamais la liberté d’expression commençait enfin à être possible au Tchad, il serait intéressant d’observer la réaction des troupes françaises en cas de reflux des libertés et de répression violente. Pour l’instant, Déby parle de manière décomplexée de la nécessité de réprimer ceux qui rêvent d’un « printemps arabe »[124].

[111] 18.10.13, Coopération Tchad-France : http://www.presidencetchad.org/affi…

[112] 2000, Noir silence, François-Xavier Verschave, éd. Les Arènes, p151-171 : chapitre 8 ‘Tchad, pétrole et dictature’ : p168

[113] 2000, Noir silence, François-Xavier Verschave, éd. Les Arènes, p151-171 : chapitre 8 ‘Tchad, pétrole et dictature’ : p169.

[114] 11/94 Non-Violence Actualité, cité par Survie en 1996 : http://survie.org/publications/les-…

[115] 2000, Noir silence, François-Xavier Verschave, éd. Les Arènes, p151-171 : chapitre 8 ‘Tchad, pétrole et dictature’ : p167

[116] 5.10.9, Que fait l’armée française en Afrique ?, Raphaël Granvaud, Dossier Noir Survie, p305-308 : http://survie.org/publications/les-…

[117] 5.10.9, Que fait l’armée française en Afrique ?, Raphaël Granvaud, Dossier Noir Survie, p308-322 : http://survie.org/publications/les-…

[118] 15.10.13, Le Monde, Serge Michel, Faute de réseau africain, François Hollande met l’armée en première ligne : http://www.lemonde.fr/international…

[119] 5 octobre 2009, Que fait l’armée française en Afrique ?, Raphaël Granvaud, Dossier Noir Survie, p253 : http://survie.org/publications/les-…

[120] 12.12.13 vidéo d’officiers français au mariage du frère de Déby : http://www.tchadenligne.com/article…, http://makaila.over-blog.com/2013/1…

[121] Voir aussi exemple de l’affaire des pécules de démobilisation en 1992 : 2000, Noir silence, FX Verschave, éd. Les Arènes, p151-171 : chapitre 8 ‘Tchad, pétrole et dictature’ : p169

[122] 28 juillet 2011, Vers une redéfinition de la présence militaire française au Tchad ? : http://www.france24.com/fr/20110728…

[123] 7.11.13, L’Union Européenne annonce un renforcement de son aide au développement au Tchad pour 2014-2020, Communiqué de presse de la Commission Européenne : http://europa.eu/rapid/press-releas…

[124] 8.6.13, Le risque djihadiste libyen menace le Tchad, assure Idriss Déby : http://www.france24.com/fr/20130608…

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  1. En 2013, la tentative de réhabilitation passe par Paris

En 2013, la collaboration à l’intervention française au Mali a ouvert à Déby les portes d’un accès aux débats internationaux sur la paix et la sécurité en Afrique. Le reste de la communauté internationale en devient amnésique. Le 18 octobre 2013, à l’ONU, seuls 9 Etats sur 193 n’ont pas voté pour le Tchad, et le Tchad a accédé au poste de membre non permanent du Conseil de Sécurité pour la période 2014-2015. Réhabiliter diplomatiquement Idriss Déby revient à réhabiliter tous les dictateurs au bilan criminel moins important, et en particulier pour les plus concernés dans les anciennes colonies françaises. Amnistier ‘diplomatiquement’ les crimes de ses 23 ans de règnes au Tchad ouvre la porte à d’autres ‘amnisties’ ailleurs.

Pour des raisons militaires, le gouvernement et le président français sont allés chercher ou accepter l’aide de l’armée tchadienne pour le Mali[125]. Ils auraient pu demander en parallèle des garanties sur la démocratie et les droits humains au Tchad, cela a été fait si timidement que cela équivaut à ne pas avoir été fait du tout : « Les principes que nous posons doivent être respectés, y compris au Tchad. » a juste dit Hollande le 10 mai 2013[126]. Hollande a parlé de la répression des journalistes et opposants de mai 2013, ce qui est juste mais en réalité décalé et en dessous de la réalité, puisque cette étape supplémentaire dans l’attaque de la presse n’est qu’une partie visible récente et minime. Idriss Déby s’était alors contenté de faire taire ceux qui tenaient encore, ceux qu’il n’avait pas encore éliminés, mais ils étaient peu nombreux après 23 ans de mauvais traitements ; le ménage avait été fait en amont. Hollande a évité de parler de la collaboration française avec le régime tchadien pendant les périodes plus violentes précédentes, et, ainsi, « J’ai des convictions, je l’ai répété au président Déby »[127], a été surtout compris comme une garantie pour une certaine ‘impunité’ en échange des services au Mali.

Les faits sont tenaces, ils ne pèsent pas tous le même poids. Parler uniquement des derniers enfants soldats au Tchad en 2013, d’un seul viol au mali en 2013, de la répression de la presse et de quelques opposants en 2013, sans fixer le contexte et sans parler du bilan des 23 années de règne, revient indirectement à aller dans le sens d’une réhabilitation internationale d’un dictateur au bilan extrêmement lourd, et ceci est valable pour Hollande comme pour quelques ONG humanitaires trop spécialisées. Communiquer sur 1% récent du bilan d’un dictateur, c’est risquer d’occulter 99% de ses crimes plus anciens.

Le Tchad a été élu au conseil de sécurité de l’ONU le 18 octobre 2013. Quoique l’on puisse déduire de ce vote sur le respect des droits humains au niveau de l’ONU, ce vote est aussi le résultat du soutien tchadien à l’intervention française au Mali. Avant cela, rien ne prédisposait à se présenter, ce pays, dans les derniers dans tous les classements.

Au niveau international, l’idée semblerait implicitement d’amnistier indirectement tous les crimes avant la signature du traité de Rome. Comme, au Tchad, les crimes contre l’humanité et les massacres les plus nombreux datent des années 90, ce sont d’abord ces crimes des années 90 qui sont occultés, tous ces crimes qui ont été commis en présence de l’armée française au Tchad. Cela n’est possible qu’en raison de la répression très forte depuis 30 ans de toutes les organisations qui travaillent sur les droits humains. Déby essaye de faire oublier ses crimes dans les massacres des nombreuses guerres civiles depuis 1984, son rôle dans le conflit du Darfour, ou plus récemment sa relation forte avec Khadafi avant et pendant sa chute en 2011.

L’image du président tchadien a été en 2013 artificiellement et superficiellement redorée, pour des raisons de politique internationale, parce que le développement du terrorisme au Sahel est un enjeu majeur.

Même si la menace le concerne également, Déby tente surtout de se valoriser internationalement en jouant avec la crainte européenne et américaine du terrorisme. Mais ses soutiens prennent aussi un risque, comme avait pris un risque Sarkozy avec Khadafi à partir de 2007. Ce soutien contre la vérité et la justice peut avoir un prix à payer un jour. Des pressions occidentales pour diminuer la répression sont-ils envisagés pour compenser l’effet de la réhabilitation sous l’angle ‘Paix et sécurité’ au Mali ?

[125] 29.7.12, AFP, Laurent Fabius évoque la situation malienne au Tchad avec Idriss Déby : http://www.20minutes.fr/politique/9…

[126] 11.5.13, Le Monde, Arrestations au Tchad : le silence regrettable de Paris : http://www.lemonde.fr/a-la-une/arti…

[127] 31 mai 2013, Interview exclusive de François Hollande, http://www.rfi.fr/afrique/20130531-…

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  1. Paix et sécurité en Afrique sans démocratie et Etat de droit ?

Les discours de François Hollande de 2012 et début 2013 en faveur de la démocratie, prononcés à Kinshasa [128]puis devant le parlement européen[129], s’effacent devant des actes de soutien affirmés ou tacites à des régimes non démocratiques, et, en 2013, le gouvernement semble improviser sa politique étrangère en Afrique en privilégiant uniquement la gestion des crises. Cette priorité profite aux acteurs français et africains les moins légitimes ou disposant de forces militaires.

La volonté de former et entraîner les armées africaines[130] pour faire face aux conflits ne tient pas compte que la plupart de ces armées servent à maintenir au pouvoir des dictateurs. Dès lors, la politique africaine de la France apparait victime de l’influence de l’armée française et du lobby militaro-industriel. Les autres aspects, développement, droits humains, démocratie, lutte contre la corruption, passent au second plan.

En période de crise des finances publiques qui pousse aux économies et au partage des frais, l’influence des militaires et du lobby industriel touche également l’Union européenne. La construction européenne est progressive sur plusieurs décennies et la politique étrangère européenne est encore mal définie. En décembre 2013, avec le Conseil des affaires étrangères sur le développement[131], et le Conseil européen sur la Politique de sécurité et de défense commune (PSDC)[132] se joue l’équilibre européen entre différentes dimensions : défense, développement et démocratie. Si l’influence française reste prédominante au Tchad en raison de la présence militaire, cette influence se partage aussi avec l’UE. Les objectifs généraux sont de plus en plus définis, mais sur le terrain, l’application est difficile : au Tchad, dans le cadre du 11ème Fonds européen pour le développement (FED), pour 2014-2020, l’Union européenne vient d’annoncer 442 millions d’euros d’aide au développement, sans insister sur des conditions[133], alors que le Tchad annonce une augmentation de sa production de pétrole.

Le communiqué de la Commission européenne du 8 novembre 2013, à l’occasion de la visite du commissaire au développement Andris Piebalgs au Tchad indique que « l’Union européenne s’est dotée en mars 2011 d’une Stratégie pour la Sécurité et le Développement dans le Sahel. Cette stratégie repose sur la reconnaissance du caractère régional de la crise et du lien indissociable entre sécurité et développement. Elle a permis de consolider une position européenne commune sur la crise régionale et de mobiliser d’importantes ressources financières pour des actions de développement et de sécurité. L’UE est aujourd’hui déterminée à poursuivre la mise en œuvre de cette stratégie et à étendre son champ d’application au Burkina Faso et au Tchad. » Le message a été transmis en grandes pompes au cours d’un voyage commun avec le Secrétaire Général des Nations Unies, Ban Ki-Moon, et la Présidente de l’Union africaine, Dlamini Zuma. La politique européenne se définit à une échelle supérieure à celle du Tchad, et la nécessité de sortir de la dictature tchadienne n’est pas évoquée. La logique va au-delà des contraintes diplomatiques, et l’Union européenne semble en novembre 2013 admettre la réhabilitation d’Idriss Déby déjà actée à l’ONU. L’aide européenne contient des budgets pour la démocratisation et la construction de l’Etat de droit, par exemple des projets sur les droits humains avec les mairies, mais qui s’accommodent de l’absence de volonté des dictateurs et des résultats sur un plus long terme. L’esprit humanitaire dépolitisé y participe.

En ce qui concerne la paix et la sécurité, une stratégie basée sur des pressions faites sur les dictateurs pour les pousser à corriger et nettoyer la politique africaine est difficile à justifier. Les conflits se créent et se résolvent au niveau légitimité des pouvoirs en place. Les Etats sont fragiles parce qu’ils ont été dirigés par des kleptocrates. Au-delà d’un seuil de criminalité et de responsabilité historique, il est impossible de faire participer un chef d’Etat à une réforme. La diminution lente de l’impunité laisse le temps à d’autres impunités de se créer, par exemple si la corruption continue ou grandit pendant que les droits humains progressent. L’implication des dictateurs dans des politiques de sécurité et de paix en Afrique exacerbe une lutte d’influence basée sur des intérêts personnels.

Depuis que Déby a regagné une ‘légitimité internationale’, il se renforce militairement à l’extérieur. Il a réussi à s’imposer comme acteur incontournable en Centrafrique qu’il avait lui-même déstabilisée[134]. L’action du Tchad en Centrafrique est momentanément occultée par de nombreux diplomates internationaux parce qu’elle met en cause la logique qu’ils promeuvent.

L’Union européenne souhaiterait commencer à définir sa politique de défense, la Politique de sécurité et de défense commune (PSDC), au Conseil européen de décembre 2013[135]. Le sommet de l’Elysée sur la Paix et la sécurité des 5 et 6 décembre 2013, affiche une volonté française de pousser l’Europe vers les intérêts français en Afrique. Les politiques françaises et européennes, de plus en plus complémentaires, semblent s’accommoder trop facilement de l’historique de la Françafrique et des compromissions françaises avec les dictateurs, au point qu’il faille douter des justifications profondes des récents choix politiques, tels que l’augmentation de l’aide européenne au Tchad sans conditions suffisantes. En l’absence d’un sursaut, la politique européenne pourrait continuer d’être entraînée par la politique française sous influence militaire dans des alliances avec les dictateurs de la Françafrique. Le soutien à la démocratisation en Afrique semble anormalement dépendant d’un probable renforcement de la sécurité européenne et de son industrie d’armement.

Suite à la guerre au Mali, et avec, le sommet de l’Elysée sur la Paix et la sécurité des 6 et 7 décembre 2013, le gouvernement français tente de (re)faire croire que les présidents peuvent construire « la paix et la sécurité » sans considération pour la nature des régimes. Pour l’exécutif français, les peuples, privés d’élections crédibles, sont toujours exclus du débat sur leur sécurité.

[128] 11 octobre 2012, François Hollande, interview par France24, TV5Monde et RFI,http://www.rfi.fr/afrique/20121011-…, http://www.elysee.fr/president/les-…

[129] 5 février 2013, François Hollande au parlement européen : http://www.elysee.fr/videos/interve…

[130] 31 mai 2013, interview exclusive de François Hollande : http://www.rfi.fr/afrique/20130531-…

[131] 12.12.13 : http://www.consilium.europa.eu/ueDo…, SEAE 12.12.13 Main results of the Council (EN) : http://www.consilium.europa.eu/uedo…

[132] 15.10.13, C.Ashton sur PSDC : http://eeas.europa.eu/statements/do…, http://eeas.europa.eu/statements/do…

[133] 7.11.13, Communiqué de presse de la Commission Européenne : http://europa.eu/rapid/press-releas…

[134] Les 23 et 24 mars 2013, les forces spéciales tchadiennes ont discrètement combattu l’armée centrafricaine et les soldats d’Afrique du Sud de la FOMAC pour ouvrir une brèche à la Séléka, lui permettant d’entrer dans Bangui

[135] 15.10.13, Déclaration de Catherine Ashton, Haute Représentante de l’UE, sur son Rapport final sur la PSDC

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  1. Conclusion : Idriss Déby au centre de la Françafrique version Hollande

Le 1er octobre 2013, interrogé par la Commission des affaires étrangères de l’Assemblée nationale, Laurent Fabius n’a pas répondu aux critiques du député Noël Mamère sur Idriss Déby [136]. Il a semblé s’appuyer sur un ‘consensus’ apparent des députés autour de l’objectif de l’intervention française au Mali, qui ne tient pas compte des conditions de la réalisation de l’intervention. Pourtant Noël Mamère vient de lui signifier que le gouvernement français était « l’obligé » d’Idriss Déby : « Il y a des milices en Centrafrique, qui sont sauvages, brutales. Ce sont pour la plupart des milices tchadiennes. Le Tchad qui est dirigé par une crapule, qui s’appelle Idriss Déby, qui torture, qui liquide ses opposants, et dont nous sommes aujourd’hui une sorte d’obligé, à cause de notre intervention au Mali, puisque nous avons fait appel aux troupes tchadiennes, qui sont les seules à savoir mener une guerre dans le désert. »

Poussé par la nécessité de réussir l’intervention au Mali, sans en considérer le prix, les dirigeants français ont tenté d’imposer une réhabilitation’ internationale d’Idriss Déby. Celui-ci a ensuite essayé d’éliminer le peu d’opposition qui lui résistait encore, a aidé à déclencher la déstabilisation de la Centrafrique, et a accéléré le processus en cours au Sénégal visant à l’amnistier indirectement de ses crimes au travers du procès d’Hisseine Habré. Il a obtenu un siège de membre non permanent du Conseil de Sécurité de l’ONU en octobre 2013. Sa volonté de profiter du soutien français lié au conflit malien pour montrer ouvertement que tout lui était permis, démontre aussi l’impasse dans laquelle s’est jetée le gouvernement français en confirmant de nouveau son alliance avec ce chef d’Etat.

Hollande et Fabius ont-ils mesuré les conséquences de leur alliance avec les soldats tchadiens se battant au Mali ? Montrer une volonté de travailler avec Idriss Déby sans tenir compte de son bilan de dictateur sur 23 ans, c’est envoyer un signal fort de soutien à l’impunité à l’ensemble des dictateurs africains. Ceux-ci n’ont aucun mal à comprendre : Idriss Déby, par son bilan sur la durée est le pire de la dizaine de dictateurs des 20 ex-colonies françaises. Il a pu échapper à la Cour Pénale Internationale parce qu’il a fait le nécessaire et parce que la CPI ne tient pas comptes des crimes précédents le statut de Rome. Si l’état du Tchad en 2013 est lui aussi accablant, il signifie surtout l’impossibilité de réformer un régime extrême. Les autres chefs d’Etat au bilan moins lourd, ont compris qu’ils pouvaient maintenant compter sur l’indulgence française à tous les niveaux : justice, droits humains, corruption, ou processus électoraux. Le message s’adresse tout particulièrement aux pays de la Françafrique, aux régimes comme aux populations.

La réhabilitation de Déby, c’est la réhabilitation de tous les dictateurs de la Françafrique. L’amnistie des crimes de Déby, c’est l’amnistie des crimes des dictateurs de la Françafrique. Idriss Déby est devenu le centre de la Françafrique du quinquennat de François Hollande, qui est une Françafrique du renouveau de l’influence militaire.

Jusqu’où ira le soutien français à un régime qui ne laisse aucune chance à l’Etat de droit et à la démocratie de s’installer ? Est-ce que l’Union Européenne cautionnera une régression politique en raison d’une priorité accordée à la lutte contre le terrorisme ? Le gouvernement français peut encore modifier sa politique au Tchad et en Afrique. Sortir de l’impasse, éviter de replonger dans les cercles vicieux d’une relation viciée entre l’Etat français et les anciennes colonies, passeraient par un arrêt du soutien diplomatique et militaire aux dictateurs, et en priorité à Idriss Déby, par un soutien actif aux démocrates africains, par un retrait adapté des troupes françaises du Tchad, par des garanties concernant la lutte contre la corruption des fonctionnaires français au Tchad, par la vérité et la transparence sur l’ensemble des crimes observés par des fonctionnaires français au Tchad entre 1982 et 2013.

Paris, le 15 décembre 2013,

Dossier d’information réalisé dans le cadre du Collectif de Solidarité avec les Luttes Sociales et Politiques en Afrique.

[136] 1er octobre 2013, Laurent Fabius ne répond pas à Noël Mamère sur Idriss Déby devant la Commission des affaires étrangères de l’Assemblée Nationale Française : vidéo : http://videos.assemblee-nationale.f…, discours Laurent Fabius : http://basedoc.diplomatie.gouv.fr/v…

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  1. Bibliographie

Rapports :

3 décembre 2013, Human Right Watch : « La Plaine des Morts » : Le régime de Hissène Habré a commis des atrocités systématiques, nouvel ouvrage sur les abus massifs perpétrés sous l’ancien dictateur tchadien http://www.hrw.org/fr/news/2013/12/…

29 octobre 2013, Examen Périodique Universel (EPU) du Tchad, à l’ONU à Genève, http://www.upr-info.org/Examen-2013…

24 octobre 2013, Amnesty : « Au nom de la sécurité ? » Arrestations, détention et restrictions à la liberté d’expression au Tchad, http://www.amnesty.fr/AI-en-action/…

juin 2013, Roland Marchal, Politique Africaine, http://www.politique-africaine.com/…

6 septembre 2013, DHSF : Violations des droits de l’Homme au Tchad, 2012-2013, « Vers la dégradation avancée des violations des droits de l’homme et de la limitation de la liberté d’opinion et d’expression », http://dhsf-afrique.org/2013/09/vio…

31 juillet 2013, Amnesty : Suggestions de recommandations aux États qui seront soumis à l’EPU, http://www.amnesty.org/en/library/a…

2013, Lena Guesnet (BICC) : Oil, conflict and military expenditure : The Chad example, http://www.sipri.org/research/armam…

2013, Initiative pour la Transparence des Industries Extractives, rapports 2007 à 2011, http://www.itie-tchad.org/

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10 septembre 2012, Amnesty : « Tchad. « Nous sommes tous en train de mourir ici. » Les violations des droits humains dans les prisons », http://www.amnesty.org/fr/for-media…

2 avril 2012, FIDH + ATPDH + LTDH : « 4 ans après les évènements de février 2008 : l’impunité plombe les espoirs de réformes », http://www.fidh.org/Tchad-4-ans-apr…

30 janvier 2012, CCFD-Terre Solidaire : « Le développement piégé : les transferts d’armes et le développement du Tchad (2005 – 2010) » : La France et d’autres pays ont vendu des armes au Tchad, http://ccfd-terresolidaire.org/ewb_…

21 octobre 2011, International Crisis Group : L’afrique sans Kadhafi : le cas du Tchad http://www.crisisgroup.org/ /media/…

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10 déc. 10, Mission des Nations Unies en RCA et Tchad et du Haut Commissariat Des Nations Unies aux Droits de l’Homme : ‘Situation des droits de l’homme a l’est du Tchad : progrès, défis et pistes d’avenir’, http://www.ohchr.org/Documents/Coun…

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2000, François-Xavier Verschave (Survie) : Noir silence, François-Xavier Verschave, éd. Les Arènes, p. 154-171 : chapitre 8 ‘Tchad, pétrole et dictature’ http://survie.org/publications/livr… + http://regardexcentrique.wordpress.com

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1998, François-Xavier Verschave (Survie) : La Françafrique, le plus long scandale de la République, http://survie.org/publications/livr…

juin, novembre 1996, Survie : Dossier noir 3 – France, Tchad, Soudan, au gré des clans, http://survie.org/publications/les-…

Sites internet :

Etat tchadien :

http://www.presidencetchad.org/inde…, site Idriss Déby

http://www.gouvernementdutchad.org/fr/, site du gouvernement

Droits Humains :

http://dhsf-afrique.org, Droits de l’Homme Sans Frontières

http://www.laltdh.org, Ligue Tchadienne des Droits de l’Homme (LTDH)

Media indépendants :

http://makaila.over-blog.com, blog Makaila Nguebla

http://www.ndjamena-matin.com, Njamena Matin

http://tchadpages.com/, Tchad Pages

http://www.tchadactuel.com, Tchad actuel

http://www.alwihdainfo.com/tchad, Alwihda

http://tchadenligne.com Tchad en ligne

http://tchadonline.com Tchad on line

http://www.perspectives-realites-tc… Perspectives et réalités du Tchad

http://www.tchadoscopie.com Tchadoscopie

http://nouvelessor.over-blog.com, Nouvel essor

http://juliette.abandokwe.over-blog.com, blog Juliette Abandokwe (en Suisse)

http://regardexcentrique.wordpress.com, revue de presse – information media

Plus d’informations :

amnesty.org, survie.org, rsf.org, fidh.org, wikipedia..IdrissDéby, statistiques-mondiales, genocidewatch.org

Sources spécifiques à la liste de massacres présumés :

3 décembre 2013, Human Right Watch : « La Plaine des Morts » http://www.hrw.org/fr/news/2013/12/… octobre 1991, Amnesty, Maldom ABBAS and unspecified number of his suspected support http://www.amnesty.org/ar/library/a…

Novembre 1992, Amnesty, Appel : Mouvement pour la Démocratie et le Développement (MDD) http://www.amnesty.org/es/library/a…

21 avril 1993, Amnesty International demande l’ouverture d’une enquête exhaustive sur les massacres perpétrés par l’armée dans le Sud en 1993 http://www.amnesty.org/fr/library/a…

Avril 1993, Amnesty : Le cauchemar continue http://www.amnesty.org/fr/library/a…

7 novembre 1996, Survie : N’Djaména : Déby, entre Mobutu et tchador http://survie.org/publications/les-…

1999 à 2012 : Rapports sur Droits Humains au Tchad du Gouvernement des USA http://www.state.gov/j/drl/rls/hrrpt/

23 février 2000, Gouvernement USA : 2008 Country Reports on Human Rights Practices, http://www.state.gov/j/drl/rls/hrrp…

Avril 2000, Noir silence, Qui arrêtera la Françafrique ?, de François-Xavier Verschave (présentation) http://survie.org/publications/livr…

23 février 2001, Gouvernement USA : 2000 Country Reports on Human Rights Practices, http://www.state.gov/j/drl/rls/hrrp…

11 mars 2001, compte-rendu des 3 journées d’audience du procès intentés par trois Chefs d’Etat contre FX Verschave auteur de Noir Silence (28 février, 6 et 7 mars 2001) http://www.ardhd.org/francais/bulle…

Mai 2001, Noir Procès, de François-Xavier Verschave (présentation) http://survie.org/publications/livr…

Octobre 2001, Tchad, L’héritage Habré, Amnesty http://www.amnesty.org/fr/library/a…

13 avril 2006, AFP : Des avions français ont bombardé des villes de l’est du Tchad, http://www.sangonet.com/ActuDo/aiaf…

25 février 2009, Gouvernement USA : 2008 Country Reports on Human Rights Practices, http://www.state.gov/j/drl/rls/hrrp…

octobre 2009, Que fait l’armée française en Afrique, Raphaël Granvaud, Dossier Noir Survie p306, http://survie.org/publications/les-…

Septembre 2009, Amnesty : « Disparitions forcées au Tchad » http://www.amnesty.fr/sites/default…

Sources moins fiables :

1995, Idriss Deby Itno – Biographie http://www.afrique-express.com/afri…

2004, Idriss Déby, un criminel contre l’humanité soutenu par la France : Repères http://www.pressafrique.com/m90.html

18 juillet 2013, Répertoire des assassinats d’Idriss Deby (non exhaustif) par Collectif des Ressortissants Tchadiens Indignés à Dakar (pro-Habré) http://juliette.abandokwe.over-blog…

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  1. Communiqué du Collectif de Solidarité avec les Luttes Sociales et Politiques en Afrique du 28 octobre 2013

Tchad : combien de temps la population restera-t-elle otage du pire dictateur de la Françafrique ?

Communiqué du Collectif de Solidarité avec les Luttes Sociales et Politiques en Afrique, 28 octobre 2013

Sur http://www.electionsafrique.wordpress.com/ en 2015
Sur http://www.electionsafrique.org/ en 2013

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  1. Présentation du Collectif de Solidarité avec les Luttes Sociales et Politiques en Afrique

https://electionsafrique.wordpress.com/a-propos/

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ENGLISH VERSION

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Read the information kit in PDF format

CHAD 2013 : THE IMPOSSIBLE REHABILITATION OF A NOTORIOUS DICTATOR

An Information Kit prepared in the framework of the Collective for Solidarity with Social and Political Struggle in Africa

Paris – 15 December 2013 English version translated from original version in French.

https://electionsafrique.wordpress.com/ (ex http://electionsafrique.org)

Table of Contents

Introduction 3

1. 23 Years of Power, 23 Years of Civil War 3

The History of Rebellions and Civil Wars from 1990 to 2013 3

2. Massacres, War Crimes and Crimes against Humanity 6

A. 1990-2013 : Massacres under President Idriss Déby 7

B. 1980-1990 : Massacres during the Presidency of Hissène Habré in which Déby was involved 11

3. The Stable President in an Unstable Region 13

3.1 Sudan : 2004-2009 13

3.2 Libya : 2011 14

3.3 Nigeria : 2009-2013 16

3.4 Central African Republic : 2012-2013 16

4. Islam in Chad : a balancing act or a double game ? 20

5. Incompatibility with the Rule of Law 21

6. Repression of Opponents and the Press : the weight of the past 22

7. A Caricatural Petro-Monarchy 23

8. The “Pacified Democracy” which Has Never Fooled Anybody 25

9. French Support for Idriss Déby has Never Wavered 26

10. What Does the French Army Do in Chad ? 28

11. In 2013, the Attempt at Rehabilitation is via Paris 30

12. Peace and Security in Africa without Democracy and the Rule of Law ? 31

13. Conclusion : Idriss Déby at the Center of a Hollande version of Françafrique 32

14. Bibliography 34

Reports : 34

Books : 36

Internet Sites : 36

Sources specific to the list of alleged massacres : 37

15. Press Release from the Collective for Solidarity with Social and Political Struggle in Africa, October 28, 2013 38

16. Presentation of the Collective for Solidarity with Social and Political Struggle in Africa – Paris 41

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Introduction

Idriss Déby was applauded when he stood beside François Hollande in Bamako on 19 September 2013. He is now positioning himself as an unavoidable bulwark in the face of Islamist terror in Africa or a potential sub-contractor for military and peacekeeping operations. The Chadian dictator has emerged from the war in Mali with his position strongly reinforced. On 18 October 203 he obtained for Chad a seat as a non-permanent member of the United Nations Security Council. The French Government allied its army in the fight against ‘Jihadism’ in the Sahel Desert with the troops of a Head of State who is one of the worst dictators in Africa.

Events in 2013 marked by French influence in the Sahel mask the tragic reality of the Chadian regime. Therefore, to “rehabilitate” a dictator as notorious as Déby has necessitated the concealment of many different aspects of Chadian history : the civil wars, the massacres and the crimes committed by the army, the underdevelopment, the hijacking of the oil windfall, fraudulent elections, repression of democratic debate, of freedom of the press and of civil society.

This beginning of a French “amnesty” for the crimes of the Chadian President will benefit all African dictators whose own crimes are of lesser magnitude or concomitant to his. The resulting rehabilitation of African leaders is one of the clearest signs that France has abandoned its policy of “breaking with Françafrique”, which could only have happened if Paris had definitely distanced itself from the Françafrique dictators, and had rapidly reinforced its support for democratic forces.

Instead of the expected and long-awaited change in policy, France has put in place a policy based on “Peace and Security” without paying due consideration to the natures of the regimes it is dealing with. French policy seems to have backed away from the “comprehensive approach” advocated by the European External Action Service which, in theory, has not abandoned democratization in favor of a policy of security. This highlights the level of influence the French army has not only over Chad but over French policy itself. The absence of truth and justice about military cooperation with Chad is a reminder that the French army has not yet undergone the reforms necessary to distance it from the way in which it structured Françafrique.

  1. 23 Years of Power, 23 Years of Civil War

Since 1990, as in the period before Idriss Déby took power, there has been one civil war after another in Chad. He is himself a rebel leader, albeit more successful than others. His reign is centered on the start of oil production. Because levels of oil production need to be anticipated over several decades, oil companies need stable political regimes. The rebellions came about initially in response to Déby’s seizure of power, then in response to massacres during those rebellions, because of the ethnic makeup of the army, the hijacking of oil revenues by the presidential family and, increasingly, because of the impossibility of political change.

The History of Rebellions and Civil Wars from 1990 to 2013

1991-1992 (1995) Lake Chad : pro-Habré rebellion by the Movement for Democracy and Development (MDD) by Moussa Medellah Mahamat Seid (Buduma people of Lake Chad and Kanembu people of Kanem) 1991 October Guéra region : mutiny (attempted coup d’état ?) 13 October 1991 : Maldom Bada Abbas (Chadian Army and MPS like Déby), colonels Kaffine and Garboubou.

February 1992 to April 1993 Council of National Revival for Peace and Democracy (CSNPD) of Colonel Moïse Kété at N’Djamena from 21 February, followed by Logone and then, in 1993, Lake Chad and the South (Logone Oriental Region).

1993 Summer Ouaddaï : Gniguilim and Chokoyane : Rally for Democracy and Liberty (RDL) of Captain Mahamat Nour Abdelkerim From August 1994 to March 1998 Logone Occidental (South and West, and Moyen-Chari) : Armed Forces of the Federal Republic (FARF) of Laoukein Bardé

1998 February South : Sarh : Democratic Popular Front (FDP) of Mahamout Nahor

1999 Ouaddaï : Abéché : Chadian National Front (FNT) of Doctor Bachar Harris

From March 1999 to end of 2000 Tibesti : Movement for Democracy and Justice in Chad (MDJT) of Youssouf Togoïmi (in 2013 the MDJT still exists in the South of Libya, led by Hissein Yaya Barka)

2003 Central African Republic, participated in replacing President Patassé by Bozizé

2004 – 2009 Sudan : War in Darfur : crossover alliances between rebellions in Sudan and Chad.

2004 East + Darfur : Platform for Change, Unity and Democracy—Socle pour l’unité nationale et la démocratie ((SCUD), deserters from the military of Chad united around Yaya Dillo.

2006 April to December N’Djamena +East : United Front for Change (FUC) of Mahamat Nour, armed by Sudan and al-Bashir.

2006 (dec05) – 2008(2010) East : Union of Forces for Democracy and Development (UFDD) and other rebellions (UFDD = coalition of FUC, RND, CDR, UFPD, RAFAT et RPJ)

2008, 2 and 3 February N’Djamena and its suburbs + East : Unified Military Command (UFDD) of General Mahamat Nouri, Fundamental-UFDD of Abdelwahid Aboud Mackaye and Rally of Democratic Forces (RFC) of Tom and Timan Erdimi

2008-2009 East : Union for Force and Resistance (UFR) led by Timan Erdimi coalition of Front for the Salvation of the Republic (FSR), Renewed Union of Forces for Democracy and Development (UFDDR-R), National Movement for Recovery (MNR), National Movement and Movement for Democracy and Justice in Chad (MDJT)

2008 February, 2009 Central African Republic (CAR) : Popular Front for Recovery (FPR)

2013 Mali : intervention of 2,200 Chadian soldiers

2013 Central African Republic (CAR) : support given to Seleka and then participation in the Multinational Force of Central Africa (FOMAC)

November 2013 Sudan : fighting against the rest of the Union for Strength and Resistance – l’Union pour la Force et la Résistance (UFR)

Marielle Debos, a researcher whose work centers on Chad, speaks of “government by force of arms”, “a form of government whose role is to rein in the soldiery and to grant impunity to a number of armed men, who will not be formally integrated into the regular forces. Because they enjoy impunity, they are free to indulge in illegal and violent practices. These practices are also a means of monitoring and controlling the population”[1], in a “between wars” context, meaning an in-between situation of “neither war nor peace”, in which, “…armed men come and go between the regular forces and rebellions”, with “many passages from one rebel faction to another, with stints in the neighboring countries of Libya, Sudan and the Central African Republic.” Weapons circulate in large numbers in Chad. Poverty creates a labor force that can be mobilized, and Chadians are inexpensive mercenaries.

According to Marielle Debos,[2] “Chad is not a ‘failed state’, it is governed by arms. The political arena has never been pacified. Impunity and lack of justice are different from the lack of a State. Disorder is organized and politically productive. Impunity is organized daily through the “untouchables” or through orders given via “unnumbered decrees”. Dysfunctionality corresponds to a form of government. Government by arms goes beyond the violence of the state : predatory positions are distributed with impunity. For stability and peace there are three key issues that have been neglected : rights, civil (and not armed) mobilization and distribution of resources (oil revenues). The need is get away from the “between-wars” situation.”

The Republican Guard, which makes up most of the Chadian army, is concentrically organized according to a clan-based schema : the bodyguards are mostly made up of the first circle of Idriss Déby’s relatives, a second circle mostly comes from the Zaghawa ethnic group (Bideyat) along with some Arabs (Déby has avoided giving the whole line of command solely to the Zaghawas)[3], because of his wife, and a third circle is made up of troops from other ethnic groups.

French leaders, when allying themselves with Chadian soldiers in the conflict in Mali, have carefully avoided mentioning why Déby’s army is so strong. The Chadian army has benefited from the increase in oil revenues : the State budget increased from 390 billion CFA Francs in 2002 to 1500 billion CFA Francs in 2012 (from €595 million, approximately $800 million, to €2.3 billion, or about $3.1 billion).[4] “CCFD-Terres solidaires”, the biggest development NGO in France, has provided some numbers (which would need to be verified) about arms purchases : between 2004 and 2008, military spending increased from 35.4 billion FCFA (€50 million) to 275.7 billion CFA Francs (€420 million) annually. After dipping in 2009 to 147 billion CFA Francs it increased again in 2010 to 154.5 billion CFA Francs (€240 million)[5]. In the contract with the World Bank to finance the Chad-Cameroon pipeline, Chad pledged to keep 10% of the revenues in a “Future Generations Fund” and, from the sum that remained, “80% should be spent on priority sectors for development, 5% for the Doba region and no more than 15% should go to the state budget” : this contract has not been honored and a large part of the money has been used to purchase weapons,[6] even if there has been improvement since 2009.

On 19 June 2013, the NGO “Watchlist”, which specializes in the subject of child soldiers demanded the exclusion of Chadian troops from the UN peacekeeping forces in Mali, “for as long as Chad’s military remains on a UN ‘list of shame’ and has not implemented its plan to end child recruitment.”[7] It is likely that under international pressure Idriss Déby will resolve this issue.

During 23 years of dictatorship, rebellions in Chad have followed one after the other. The February 2008 battle of N’Djamena nearly unseated Déby ; he was saved only by French intervention. Democracy would permit sustainable peace through a legitimate electoral process and a better distribution of wealth. In the meantime, Idriss Déby stays in power through force of arms and by juggling with French support. Unfortunately, because of the many rebellions over the last 23 years, the boundaries between politicians, activists and former rebel leaders are not clearly defined, and it is the same among the refugees outside Chad. This mixture doesn’t favor the emergence of a culture of democracy that could lead to a peaceful transition. There too the situation is blocked at a stage where politico-military strategies undermine the organization of a democratic opposition.

[1] 18 August 2013, Marielle Debos : in Chad, ‘there is a history and a style of government marked by violence’ : http://www.rfi.fr/afrique/20130818-… + ‘Le métier des armes au Tchad. Le gouvernement de l’entre-guerres – The Profession of Carrying Arms in Chad. Government Between Two Wars’, by Marielle Debos, Paris, Karthala, 2013.

[2] Marielle Debos, 21 November 2013, Paris, at a presentation of her book ‘Le métier des armes au Tchad. Le gouvernement de l’entre -guerres – The Profession of Arms in Chad. Between-wars Government’

[3] 17 August 2010, ICG : ‘Tchad : au delà de l’apaisement’, p. 18 : http://www.crisisgroup.org/fr/regio…

[4] 19 March 2013, ‘Le Tchad dix ans après les premiers barils de pétrole- Chad ten years after the first barrels of petrol’, economie.jeuneafrique.com

[5] 30 January 2012, Rapport CCFD-Terre Solidaire ‘Le développement piégé : les transferts d’armes et le développement du Tchad (2005 – 2010)’ : La France et d’autres pays ont vendu des armes au Tchad, http://ccfd-terresolidaire.org/ewb_…

[6] 11 May 2013, ‘Au Tchad, la répartition de la manne pétrolière suscite le mécontentement—In Chad dividing up the oil bonanza creates discontent’, lemonde.fr

[7] 20 June 2013, ‘Des centaines d’enfants soldats au Mali—Hundreds of Child Soldiers inMali,’ http://www.lemonde.fr/afrique/artic…, Washington Post : http://watchlist.org/wordpress/wp-c…

  1. Massacres, War Crimes and Crimes against Humanity

Massacres by the Republican Guard, extra-judicial executions, executions of opponents, burned villages, tortured and executed prisoners : a statement of account for Déby’s reign will be very difficult to compile. An inventory of the crimes is nearly impossible to establish, because human rights organizations face severe limitations in how much they can investigate in Chad.

Human rights defenders and journalists are in danger and isolated, because repression also targets those who support them. On February 16 1992, the lawyer Joseph Behidi vice-president of the Chadian League for Human Rights (LTDH) was assassinated. In 2013, Idriss Déby continues to imprison and expel his opponents, and to corrupt journalists and human rights activists and politicians. During his 23-year reign of terror, investigations have been blocked and are impossible to conduct far from N’Djamena. Undertaking travel to investigate a massacre that has taken place in a village is dangerous. Even human rights organizations which are otherwise known for drawing up critical assessments of the regime cannot take the risk of investigating everywhere and they live in fear of sanctions. A “village” in the Chadian sense of the word can mean between 5,000, 10,000 or even 15,000 inhabitants. It is impossible to put a number on the people who have disappeared or been killed in massacres perpetrated by Chadian state forces in villages—often being burned to death during the fighting. Detailed information can be found about small scale massacres, but the paradox is only apparent, because further investigation would require protection from the very state involved in the crimes.

Freedom of the Press can exist only if there is a Press, free, not corrupted, that disposes of a minimum of resources. Under Habré there was absolutely no press freedom. Under Déby, there are radio stations and private newspapers, but with very few resources. The Press has been shrunk to a minimum though intimidation, repression and corruption. The good journalists are forced into exile and then often cut off from their sources of information. Internet has provided some improvement but the internet arrived late and quite a while after heaviest massacres.

Déby guarantees impunity to those who execute his orders. For example, in July 2013, the Chadian justice system, at the end of investigations led by a governmental commission of inquiry into the disappearance of the opposition leader Ibni Oumar Saleh, dismissed the case with a comment which acknowledged that, “although it was effectively soldiers of the Presidential Guard who kidnapped the politician, it has proved impossible to identify them”. [8] Through the National Security Agency (ANS), the political police, Déby takes part personally in arrests, torture, and some killings. The ANS quarters are right next to the presidential palace, where Déby lives.

Most of the major massacres took place in the 1990s and were linked to the wars between the Chadian army and rebellions. Documents from the French NGO “Survie” and from FX Verschave, from human rights organizations such as Amnesty International and FIDH, and political opponents like Yorongar have been used to establish an initial list of “alleged massacres” (see the list of sources in the bibliography). Since conditions have not allowed for complete and thorough investigations, items of information need to be checked. Different source documents do not speak of the same facts.

[8] 30 September 2013, ‘Jean Bernard Padaré : l’avocat qui construit scientifiquement la perte d’Idriss Deby ITNO’ : http://www.ndjamena-matin.com/artic…

A. 1990-2013 : Massacres under President Idriss Déby

Date Event, Massacre Source Estimate

1990-1993 Extra-judicial executions, disappearances in the same detention centers as for those who opposed Habré, torture. Amnesty : The Habré Legacy, October 2001 amnesty.org . Amnesty quoted by survie.org 800 killed (Amnesty, according to Survie 1996)

1990-1993 Systematic rape Verschave according to Amnesty reports and FIDH of 92 and 93 at Verschave trial on 6 March 2001, ‘Noir Procès’, by FXVerschave.

1991-1992 Lake Chad : massacres of the Lake Chad Buduma people and the Kanembus of Kanem by the presidential guard during the war against the Movement for Democracy and Development (MDD) N Yorongar March 2009 yorongar.com

1991 – October Guéra (+ Ndjamena) massacres after alleged coup d’état of 13 October 1991 and pullback of those loyal to Maldom Abbas (MPS) (Colonels Kaffine and Garboubou) ‘Noir silence’, Verschave, pp. 154-171.

21 October 91, Maldom Abbas and support amnesty.org, hundreds of soldiers and civilians massacred (Verschave) at least 40 deaths (Amnesty)

1992 – February N’Djamena : a massacre after 21 February clashes with CSNPD Amnesty : The nightmare continues, April 93, amnesty.org 38 bodies + …(Amnesty) 1992 – February-July 220 Chadians, real or supposed members of the Movement for Democracy and Development (MDD) kidnapped in Nigeria, killed after torture led by Déby. MDD active in Lake Chad until 1995. Amnesty, MDD, amnesty.org ‘Noir Silence’, Verschave, pp. 154-171. 220 killed according to Verschave, 3 killed 200 missing, (Amnesty)

1992 – full year (August) Logone : Boudouloum and Goré : repression of populations under pretext of fighting against the rebellion of Colonel Moïse Kété of the CSNPD and Captain Laokin Bardé Frison. Massacres, rapes, burning of villages Logone Oriental, Doba, August 1992 : Amnesty : 1 hundred massacred + 7… ‘Noir Silence’, Verschave, pp. 154-171. Amnesty : The Habré Legacy, October 2001 amnesty.org . Amnesty : The nightmare continues, April93, amnesty.org One hundred killed in Doba (Amnesty) + …

1993 – January February March Lake Chad and the south (Logone Oriental) linked to the fight against Colonel Moïse Kété and CSNPD, according to Amnesty : arbitrary killings, “disappearances”, burning down of granaries and houses in the Moyen-Chari prefecture and Logone Oriental. on or about 21 January 1993, at least 45 civilians killed by Republican Guard in Goré. 26 dead at Bebou in March. Massacres while the CSNPD was in CAR. Amnesty : The Habré Legacy, October 2001 amnesty.org (+ amnesty.org according to Chadian League for Human Rights (LTDH)) Amnesty according to ‘Noir Silence’, Verschave, p. 165 246 killed 22 villages burned looted in January (Amnesty quoted by Verschave), 45 civilians at Goré + 26 at Bebou (Amnesty+LTDH)

1993 – April Logone : Kouhou Gore : Republican Guard linked with CSNPD continues to massacre. Kouh village 78 killed on the same day. Amnesty calls for inquiry 21 April 93 amnesty.org Antoine Bangui at the Verschave trial 6 March 2001, ‘Noir Procès—Black Silence’, FXVerschave. (pressafrique.com) (203 throats cut according to pa.com ?) 78 killed in Kouh (A. Bangui)

1993 – Summer Ouaddaï : Gniguilim and Chokoyane : killing of civilians after fighting against the rebellion of Rally for Democracy and Liberty (RDL) of Captain Mahamat Nour Abdelkerim Dobian Assingar, president of LTDH and Antoine Bangui at the Verschave trial March 6 2001, ‘Noir Procès—Black Silence’, Verschave. 80 killed (A. Bangui)

1993 – August 8 N’Djamena : demonstration repressed with rocket fire and automatic weapons (people from Gniguilim and Chokoyane) ‘Noir silence’, Verschave, pp. 154-171. ( pressafrique.com . coll. RTI pro-Habré : juliette.abandokwe ) 150-300 killed (Verschave)

1994 – January Ouaddaï : Abéché massacres related to war against the National Front of Chad (FNT) of Dr. Bachar Harris Yorongar with videotape at Verschave trial 6 March 2001, ‘Noir procès’, FXVerschave. 1994 – August Logone Occidental massacres during war against rebel Armed Forces of the Federal Republic (FARF) of Laoukein Bardé by Republican Guard : 30 killed, including 2 children. Amnesty : The Habré Legacy, October 2001 amnesty.org Dobian Assingar President of LTDH Verschave trial, 6 March 2001, ‘Noir Procès’, FXVerschave. 30 killed in 1 massacre (Amnesty) 1994 – September Logone (South) : “72 hour punitive expedition and scorched earth policy” (FARF) ‘Noir silence’, Verschave, p165. LTDH : pressafrique.com

1995 – February Logone Oriental : Goré (FARF) Commission of Inquiry, quoted by pressafrique.com 247 killed

1995 Ouaddaï linked to the war against the National Front of Chad (FNT) of Dr. Bachar Harris Antoine Bangui at the Verschave trial, 6 March 2001 : Noir Procès, Verschave.

1995 Logone Occidental : massacres at Moundou and 35 kilometers from Moundou (FARF) Yorongar at the Verschave trial, 6 March 2001, Noir Procès, FXVerschave.

1997 – Oct. Logone Occidental Moundou (+ Goré) : massacre of the FARF during their coordination rally at Moundou (30 October 1997 in the presence of French soldiers) (Verschave) Amnesty : The Habré Legacy, October 2001 amnesty.org . p165 of Noir silence, Verschave Dobian Assingar LTDH Verschave trial 6 March 2001, ‘Noir Procès’, Verschave. Reuters, 1 October 1997 according to pressafrique.com Mass graves, over 150 killed most of them civilians according to Assingar. 80 according to Amnesty.

nov97-march98 South and 2 Logone (and Moyen-Chari) FARF : ethnic massacres. Déby physically present at the 2 Logones according to FXVerschave. Collective of human rights associations signed Benam Manadiyam 58 killed (provisional assessment).March 1998 torture and murder of hundreds of people. 97-98 : burned villages. March 11, 1998 : assassination of about fifteen heads of villages. FXVerschave, M.-H. Aubert, MP (according to the archives of the Parliamentary Information Mission (France) on Oil of 1998) Dobian Assingar LTDH, André Barthélémy, Issa Karam Ibrahim, Antoine Bangui at the Verschave trial 6 March 2001 ‘Noir Procès’, FXVerschave. FXV trial : 58 + hundreds killed in March 1998 (Aubert), over 500 killed in 97-98 (Assingar). 15 leaders killed (Bartholomew)

1998 – February South : Sarh massacres after kidnapping of 4 French doctors by Doctor Mahamout Nahor (People’s Democratic Front (FDP)) on February 10, 1998 on orders of Déby according to Captain IKIbrahim. Massacres with French soldiers nearby. ‘Noir silence’, Verschave p. 167. Issa Karam Ibrahim at Verschave trial 6 March 2001, ‘Noir Procès’, FXVerschave. Noir Chirac, Verschave, p. 230 quoting Thomas Sotinel, Le Monde, 23 May 1998 57 killed (Verschave), 200-300 killed according to IKIbrahim 1999 Ouaddaï : Abéché : massacres linked to the war against the National Front of Chad (FNT) of Doctor Bachar Harris Antoine Bangui at Verschave trial 6 March 2001, Noir Procès, FXVerschave. 240 killed (ABangui)

2000 Tibesti : war against Movement for Democracy and Justice in Chad (MDJT) of Yusuf Togoïmi : massacre of 25 rebels arrested with Togoïmi (April 2000) + 9 prisoners in late 2000 USA 2000 Report : state.gov USA 2001 Report : state.gov 25 + 4 + 9 killed according to U.S. in 2000

1 July 2002 NB : Entry into force Rome Statute creating the ICC, with jurisdiction over crimes committed after 1 July 2002. 2003-2009 Sudan responsibility of Déby in war in Darfur, during crossover rebellions between Sudan and Chad. The UN report on al-Bashir for the ICC of 2 September 2008 makes no allusion to Déby.

2006 : April 12-14 (+ December) Ndjamena : battle against the United Front for Change (FUC) of Mahamat Nour armed by Sudan, “14 soldiers disappear along with civilians suspected of having participated in the attack” Amnesty September 2009 : Enforced disappearances in Chad amnesty.fr 14 soldiers and some civilians disappear.

2006 – April Sudan border (+ Ndjamena) : French Mirage bombing of civilians in Adré and Moudeïna during fight against the United Front for Democratic Change of Mahamat Nour (FUC) April 12-14 : FUC attacks Ndjamena. December : fighting before peace treaty. 13 April 2006 AFP sangonet.com ‘Que fait l’armée française en Afrique—What Does the French Do in Africa ?’, Raphael Granvaud (Survie, 2009), p. 307 (Civilians killed by French bombing)

2006(Dec05) – 2008 (2010) East : prisoners of war executed during war with the Union of Forces for Democracy and Development (UFDD) coll. RTI pro-Habré : juliette.abandokwe 2008-February 2 & 3 N’Djamena : battle against rebels from the East : unified military command UFDD of General Mahamat Nouri, UFDD-Fundamental of Abdelwahid Aboud Mackaye and Rally of Forces for Change (RFC) of Tom Erdimi. According to the Commission of Inquiry 5 August 2008 977 people including civilians, ANT, and rebels killed, 1758 wounded, 34 raped, and 380 prisoners. Machine guns, helicopters bombs killed many civilians on the outskirts of N’Djamena : Abena, Blabline, Chaguoua, Diguel. Murder of suspects. Amnesty October 2013 : “hundreds of people were killed, others arrested, and some subjected to enforced disappearances”, of whom Ibni Oumar Saleh. U.S. report state.gov What is the French army doing in Africa, Raphael Granvaud (Survie, 2009), pp ; 308-322 Amnesty October 2013 : “In the Name of Security” (Officially 977 killed : civilians + military + rebels according to Commission of Inquiry) + enforced disappearances according to amnesty

(2008-2009) (East : war against rebels : Front for Salvation of the Republic (FSR), Union of Forces for Democracy and Development and Renewed Development (UFDDR-R), National Movement for Recovery (MNR), National Movement and the Movement for Democracy and Justice in Chad (MDJT), Union for Strength and Resistance (UFR) : clashes in Goz Beida June 13, 2008, in Am Dam June 15, 2009, and Goz Beida and Koukou Angarana 6 and 7 May 2009) (Report of the United Nations Mission in CAR and Chad (MINURCAT : no massacre indicated)

2008 – February Central African Republic : according to Human Rights Watch, civilians killed, villages burned, including several villages burned on 29 February 2008 around Maitoukoulou. U.S. Report according to HRW : state.gov Civilians killed, villages burned 2008 – 29 June Moyen Chari – Kouno : Repression of Ahmet Ismael Bichara’s Islamists. U.S. report state.gov + rfi.fr 68 killed (+four gendarmes)

B. 1980-1990 : Massacres during the Presidency of Hissène Habré in which Déby was involved

1980 – Dec. 15 N’Djamena : Déby then Chief of Staff of the Armed Forces of the North killed 25 Libyan prisoners of war at Habré’s house. Koti Yacoub Hisseine at Verschave trial 6 March 2001, ‘Noir Procès’, FXVerschave. 25 killed by Déby

1982-1989 Déby, Chief of Staff of Armed Forces of the North (FAN) and then of the Chadian National Armed Forces (Forces Armées Nationales Tchadiennes or FANT) from 1983 to 1985 (Chief of Staff for the National Army of Chad), Special consultant for defense and security

1987-1988 Mahmat Hassan Akbar 7 September 2013, Chad Idriss Déby trial, Witness against : Ngarlejy Yorongar HRW 3 December 20 report on Habré 40,000 killed under Habré (according to Commission of Inquiry)

1983-1985 N’Djamena : Hadjéraï massacres of Guéra : sub prefectures of Mongo, Mangalmé, Bitkine and Melfi (Guéra) Aboudeia, Haraz-Manguegne and Amtiman (Salamat), Ati, Djédah, Oumhadjer (Batha) Ouaddaï prefecture, Chari-Baguirmi,… Ngarlejy Yorongar

1984 – September “Black September” against Codos : Déby commander in chief, of the FANT. Massacre of southern populations (Christian or animists known as the “Kirdi”), of Sarh at Moundou (e.g. Kélo and Lai), and passing through many villages. Logone Occidental : Deli 27 Sept. 1984 : at least 80 fighters who laid down their arms were extra judicially executed by government troops + 21 employees of state farm executed, according to Amnesty. Sarh : fifty political leaders or community leaders, many from Sarh executed or disappeared. Moyen-Chari : N’Galo : according to Amnesty : killings + church burned down with refugees + Danamadji + Bedaya. Amnesty : The Habré Legacy, October 2001 amnesty.org . Yorongar and KYHisseine at Verschave trial 6 March 2001 “Noir Procès—Black Trial”, FXVerschave. Site Ngarlejy Yorongar. Kebzabo and Yorongar witnesses tchadenligne.com HRW 3 December 2013 : report on Habré : p. 280 then p. 293 à (primarily according to the archives of the DDS) Massacres at Moundou 500 killed + hundreds of southern leaders according to Yorongar – 50 according to Amnesty. Deli : 100 killed on 27th according to Amnesty. HRW : hundreds (p. 280) + …

1986 + June-July 1987 + Dec. 1988 Guéra : Mongo and Bitkine : counterinsurgency repression of MOSANAT : prisoners killed. Burned alive. Amnesty : The Habré Legacy, October 2001 amnesty.org .

In 2009, Amnesty recalled that enforced disappearances are a “recurring practice” which “continues to be a method used by the Chadian security forces to spread terror among the population and to intimidate real or perceived political opponents. This was the case in April 2006 when armed opposition groups attacked the capital N’Djamena. During the clashes, 14 soldiers and civilians suspected of having participated in the attack, were arrested and have disappeared.”[9] The organization drew particular attention to the disappearance of Ibni Oumar Mahamat Saleh. In its latest report, “In the name of security ?” dated 24 October 2013, Amnesty writes of the increasing number of enforced disappearances which “constitute crimes under international law, are subject to universal jurisdiction and may, in some cases, amount to crimes against humanity, including under the Rome Statute.”[10]

Some of the crimes are crimes against humanity therefore not subject to a statute of limitations. To avoid prosecution by the ICC for crimes committed since July 2002, as was Sudan’s President al-Bashir in 2008, Idriss Déby has adapted himself. On 1 November 2006, Chad ratified the Rome Statute.[11]

In 1990, the National Commission of Inquiry set at 40,000 the number of victims of Habré’s regime. As early as 1993, Amnesty warned about the continuity of methods between the two regimes.[12] Habré’s trial, delayed for several years, will be held in Dakar African Chambers over 27 months from mid-2013 : “15 months for legal proceedings, seven months for the trial and five months for the appeal proceedings.”[13] Habré’s trial carries within it a fundamental issue in the construction of law in Africa, in its relationship with international justice. Will the trial highlight the role played by France and the U.S. in training and financing the Chadian Documentation and Security Directorate (DDS) ? The trial starts in a context where the International Criminal Court is under attack by a number of African presidents, some of whom are recognized as dictators. Each element of impunity will have a historical impact. Idriss Déby is said to have been granted “immunity” during the Habré trial in the African Chambers in Senegal, where he is expected to testify as a witness.[14] What options for investigation exist outside the framework fixed by the current Chadian dictatorship ? Will witnesses who have knowledge of both periods be directed to speak only of the 80s ? There are mass graves from the Habré period and others from the Déby period.

Commander in Chief of the Northern Armed Forces (FAN), Chief of Staff for the National Armed Forces of Chad (FANT) from 1983 to 1985, and then Special Adviser for defense and security from 1987 to 1988, Déby led some of the massacres attributed to Habré, including those in 1984 in the South known as “Black September”, and those in the region of Guéra in the repression of MOSANAT between 1986 and 1988. Reed Brody of Human Rights Watch, who, for years, has been very much involved in the Habré trial, said on October 24, 2013 : “Idriss Déby is implicated in the case. He was Commander in Chief of the Chadian army during a particularly deadly time commonly known as “Black September”. For this, he must explain himself. The part he played must be examined. I’m not saying if he committed crimes or not. But I think the fact that he was commander in chief and was often in the south, physically in 1984 and 1985, must oblige him to explain these facts. Now, we cannot put on the same footing Idriss Déby, the person who was following orders, on one hand, and the supreme leader Hissène Habré on the other … One of the reasons for this trial is to issue a warning to Idriss Déby and to tell those who are in power now that there are lines you cannot cross, your predecessor is being judged for having crossed those lines. You too, woe betide you if you cross those lines ! There are several reasons why this trial is going to prove difficult for Idriss Déby.”[15] Has not Déby already crossed the line ? And, if so, which line ? Is it a line he crossed after an implicit amnesty ? The position taken by Human Rights Watch, or at least that of Reed Brody, is it not in itself political ?

[9] September 2009 Amnesty : ‘Disparitions forcées au Tchad – Enforced Disappearances in Chad’ : http://www.amnesty.fr/sites/default…

[10] http://www.amnesty.org/fr/library/a…

[11] 7 November 2006, ‘Le Tchad devient le 104e État partie au Statut de Rome – Chad becomes the 104th State Party to the International Criminal Court Treaty icc-cpi.int

[12] 21 April 1993, ‘Amnesty International demande l’ouverture d’une enquête exhaustive sur les massacres perpétrés par l’armée dans le Sud en 1993 – Amnesty International calls for a thorough investigation into the killings by the army in the South’ http://amnesty.org/fr/library/asset…

. April 1993 ‘Le cauchemar continue – The nightmare continues : http://amnesty.org/fr/library/asset…

[13] 2 July 2013 ‘Affaire Habré : Un budget de 4.695.907.261 Fcfa prévu pour une procédure de 27 mois – The Habré Affair : A budget of 4,695,907,261 CFA Francs estimated for a 27-month trial’, http://www.seneweb.com/news/Justice…

[14] 30 September 2013 : ‘Jean Bernard Padaré : l’avocat qui construit scientifiquement la perte d’Idriss Deby ITNO – Jean Bernard Padaré : the lawyer who is scientifically building the fall of Idriss Deby ITNO http://www.ndjamena-matin.com/artic…

[15] Enquête Plus ‘Entretien avec Reed Brody – An interview with Reed Brody’, http://www.enqueteplus.com/content/…

  1. The Stable President in an Unstable Region

Idriss Déby, in the relatively stable Françafrique framework that has existed since the ‘independences’ has intervened in non-border countries : Togo in 1993 or Congo – Brazzaville in 1999 to support Sassou Nguesso [16]. Before intervening in Mali in 2013, he focused on the neighboring countries of Libya, Sudan, Cameroon and Nigeria. In Sudan, the Central African Republic and in Mali, Idriss Déby has become recognized as a military strategist.

Chad is implicated in the destabilization of the region. The blurred boundary between the Chadian army and the mercenaries (due to frequent comings and goings between rebellions and the military) has allowed Déby to conceal the role he is playing. One goal is to avoid the formation of rebellions. Supported inside Chad by the French since 1986, Idriss Déby has accumulated the experience that allows him to strengthen himself militarily outside. This is what he has done again in 2013 in Mali and the Central African Republic.

[16] Perhaps also in the Democratic Republic of Congo, in support to Joseph Kabila (no source). Source Congo-Brazzaville from January to August 1999 ‘Noir Procès—Black Trial’, FX Verschave, May 2001 : Verschave against Nguesso and Bongo Déby 28 February 2001

  1. 1 Sudan : 2004-2009

Al-Bashir supported Déby in 1990 when he took power. He supported him in 2000 against Youssouf Togoïmi’s Movement for Democracy and Justice in Chad (MDJT) which could have overcome Déby if al-Bashir had not intervened. The relationship deteriorated from May 2004 after the mutiny or failed coup d’Etat mounted by Zaghawa opposition to Déby which failed : the rebels who left the Chadian army regrouped in Sudan around Yaya Dillo creating the Platform for Change, National Unity and Democracy (SCUD),[17]. Bashir being ambiguous about this, Daoussa Déby, Idriss Déby’s older brother, raised and strengthened the rebel Justice and Equality Movement (JEM) opposed to al-Bashir. The formation of the United Front for Change (FUC) by Mahamat Nour in 2004 was supported by al-Bashir, who suspected that Déby was behind the JEM.

The FUC attacked N’Djamena in April 2006. The three columns of rebels which reached N’Djamena in 1990, 2006 and 2008 all left from the Sudanese border. According to the reporter, René-Jacques Lique, in 2006, the United Front for Change (FUC) “managed to get that far because of Déby himself who, by aiding and supporting rebel movements in a Darfur at war against the regime in Khartoum, pushed Sudan to take counter measures. Sudanese President Omar al-Bashir, in turn, found it a pleasure to arm and equip Mahamat Nour’s FUC to destabilize the Chadian regime.”

The to-ing and fro-ing of rebellions between Chad and Sudan, or the cross-system of alliances between Sudan and Chad, lasted from 2004 to 2009. Idriss Déby has a share of responsibility for the conflict in Darfur which resulted in 300,000 victims according to the UN.[18] In the opinion of the geographer Geraud Magrin, “Sudan accused Chad of supporting the rebellion in the name of solidarity within the Zaghawa group, to which Idriss Déby belongs. In return, Sudan began to support Chadian rebellions (see Debos, 2007)”.[19] However, between 2006 and 2009, the relationship between Chad and Sudan was marked by disagreements between Idriss Déby and his brothers Daoussa Déby and Timan Déby, the ‘Sultan of Sultans.’[20] Daoussa Déby and other members of the Zaghawa supported the JEM and Khalil Ibrahim without Idriss Déby doing so himself, and in 2008 Daoussa Déby pushed the JEM to support Idriss Déby in February 2008 during the attack by the UFDD (and RFC UFCD and Fundamental UFDD) that came from Sudan. By reconciling himself with Sudan, Idriss Déby has gradually gained the upper hand in influence over the JEM.[21]

Hundreds of thousands of Sudanese refugees came to camps in Chad. According to Oxfam in 2008, “refugees recruited by armed groups participated both in the defense of N’Djamena, when the rebels attacked in February, and in the attack on Khartoum in May 2008,” and “Darfur rebels forcibly recruited 4,700 adults and children from the camps of Bredjing and Treguine, presumably with the complicity of Chad.”[22]

Peace between Déby and Bashir was obtained thanks to French diplomacy and Gaddafi. After the 2007 meeting between Sarkozy and Gaddafi, Gaddafi put effort into supporting Déby and peace between Chad and Sudan.[23] Al-Bashir controlled the threat to Chad by supporting Mahamat Nouri’s UFDD, and the Rally of Forces for Change (RFC) which reached N’Djamena on February 2 and 3, 2008. The JEM is thought to have intervened to help Déby with support from Gaddafi in a manner that remains to be clarified.[24] During the 2008-2009 EUFOR period, Gaddafi worked to rally troops, to get them to return to Ndjamena, and to dismantle rebellions. After 2009, the politico-military organizations switched to standby.

When al-Bashir was prosecuted by the International Criminal Court during the war in Darfur, it was not obvious, a priori, that Déby would not also be prosecuted. Déby was better ‘positioned diplomatically. Déby collaborated with the ICC in compiling the file on al-Bashir, protected investigators in eastern Chad, provided the services of a lawyer who was later promoted to senior civil service rank, and by collaborating with the International Republican Institute (IRI) (iri.org, USA). The UN report which served to incriminate Bashir before the ICC[25] does not include any question of Déby’s liability. Subsequently, the Chadian Head of State has betrayed the ICC and sparked outrage by twice welcoming al-Bashir.

[17] 22 October 2005, RFI : ‘Rivalités zaghawa – Zaghawa Rivalries : http://www.rfi.fr/actufr/articles/0…

[18] 31 December 2008, Darfur : UNAMID, one year old and 12,374 soldiers deployed : http://www.un.org/apps/newsFr/story…

[19] Geraud Magrin 2008, Chad 2008 : Geography of an ordinary war, http://echogeo.revues.org/2249

21 October 2011 International Crisis Group : Africa without Gaddafi : The Case of Chad, p. 18 http://www.crisisgroup.org/ /media/…

[20] 21.10.11, International Crisis Group : L’afrique sans Kadhafi : le cas du Tchad—Africa without Gaddafi, the case of Chad,’ p. 18 : http://www.crisisgroup.org/ /media/…

[21] This alliance would later break up. See also : 15 November 2011, ‘Zooming into the power struggles… within the Déby Itno clan : http://www.zoomtchad.com/index.php?…

+ Sudan : the struggle between the Sultan Idriss Déby and his fallen brother Timan Deby, by way of rebellions in Darfur http://tchadpages.com/2013/05/16/so…

[22] 9 September 2008, OXFAM : Mission incomplete : why civilians remain at risk in eastern Chad, http://www.oxfam.org/sites/www.oxfa… 20paper_FINAL_FRENCH_301008 . pdf

[23] 21 October 2011, International Crisis Group : Africa without Gaddafi : The Case of Chad, p6 http://www.crisisgroup.org/ /media/…

[24] Hypothesis about transport via Libyan helicopters, by Nicolas Beau, « Papa Holland in Mali : Chronicle of a coming fiasco » 2013.

[25] 2 September 2008, UN : “Human rights situations that require the Council’s attention : Report of the Special Rapporteur on the situation of human rights in the Sudan : http://daccess-dds-ny.un.org/doc/UN…

  1. 2 Libya : 2011

According to International Crisis Group,[26] “From 1990 to 2005, Gaddafi, along with President Idriss Déby followed a policy of normalization characterized by intensification of bilateral cooperation and Libya’s contribution to the pacification of northern Chad. From 2005, following the deterioration of the situation in eastern Chad, he set himself up as a mediator and a guarantor of the balance of power between Chad and Sudan.” After the conflict with Sudan, Déby owed a debt to Gaddafi.

It was inevitable that the abandon by Western forces of the Colonel and the NATO attack on 19 March 2011 would seriously disrupt the relationship between the Chadian and Libyan dictators. In an interview with Jeune Afrique, the Chadian president has said, about the military intervention, the “hasty decision could have serious consequences in terms of regional destabilization and the dissemination of terrorism to Europe and the Mediterranean and in Africa.”[27]

Two weeks after the 19 March 2011 NATO attack Gaddafi asked Déby for help. As of 8 April, the Libyan Transitional National Council denounced the presence of 3,000 Chadian Republican Guard soldiers, naming its generals.[28] Few Western media, apart from Le Figaro and The Telegraph, published this information.[29] According to another source, 400 soldiers left Bardei in the Tibesti and this was followed by 1,000 soldiers who went to Benghazi. Many of these Chadians, in the armored brigade led by Gaddafi’s son Khamis, reportedly died in Benghazi during the first bombardments.

In quick order, and following a well established method, confusion was sown when the soldiers were described as Chadian mercenaries recruited by Gaddafi. On 25 March, it was Déby himself, in an interview with Jeune Afrique, who showed the vocabulary to use : “There has been no process, either official or unofficial, for the recruitment of mercenaries for Libya. However, several hundred thousand Chadians live in Libya, some of them have been there for a long time, and have settled down in the country. It is therefore possible that a handful of them have, in one way or another, participated in the fighting on a personal basis.”[30] In its report the International Crisis Group (ICG) demonstrates the defense strategy of the Chadian regime :[31] “According to N’Djamena, these fighters, among whom Chadians are far from being a majority, don’t belong to the presidential guard because they were recruited either in Libya or in neighboring countries through intermediaries working for pro-Gaddafi forces. The Chadian authorities have denied coordinating recruitment with these intermediaries, who would have acted in Chad without their knowledge.” The surviving soldiers and/or mercenaries and the Chadian recruiters subsequently became inconvenient witnesses, persona non grata in Chad, and they melted away.

ICG analyzed the Chadian position in 2011 as being one of equilibrium[32] “The eight months of war that led to the fall of Colonel Gaddafi must have been very long for Idriss Déby, whose initial strategy was to not abandon his northern partner while avoiding the political costs of such an approach.” Following the line of the African Union, he was finally able to highlight the flaws in NATO strategy,[33] “I believe that history will prove me right. It is no secret that considerable stocks of weapons from the Libyan arsenals are circulating in the Sahel-Saharan region and along the thousand kilometers of our shared border… Who benefits from this huge marketplace ? The terrorists of AQMI and Boko Haram, the rebellions in Darfur and elsewhere… the brutal manner in which he was overturned could not fail to generate unrest in a country without institutions or a Constitution.” This analysis at the end of 2011 allowed Déby to prepare for the conflict in Mali in early 2013.

After its victory, the National Transitional Council of Libya remained hostile to Déby, accusing him of having kept a share of Gaddafi’s treasure which Gaddafi, when cornered and seeing no solution, allegedly sent by truck to Chad.[34] Faced with this tension, Déby feared a new Chadian rebellion coming from Libya ; the Toubou people are spread over Chad, Libya and Niger. The rebellion of the National Movement and the Movement for Democracy and Justice in Chad (MDJT) lost its leader Youssouf Tougoumi in 2002, but the MDJT still exists in the south of Libya, led by Yaya Hissein Barka.

[26] Ibid, p. 5, 21 October 2011, International Crisis Group : Africa without Gaddafi : The Case of Chad

[27] 25 March 2011, AFP : The Chadian Deby says AQMI has seized missiles in Libya, http://www.jeuneafrique.com/actu/20…

[28] ‘The president of Chad sent three thousand presidential guards to assist Gaddafi, and they fought in Az-Zawiya, Misurata, Ras Lanuf and Burayqah under the command of : 1.General Abbadi Sair. 2. General Touffa Abdoullaye.3.General Ramadane Erdebou. 4. General Ousmane Mahamat Bahar Itno.5. Colonel Bakhit Bahar Mahamat Itno,’ ‘Statement of the National Transitional Council on the support of the Chadian government to Gaddafi’s regime’, Benghazi, 8 April 2011, http://www.libyanmission-un.org/ntc% 20ENG/ntc1.pdf

[29] Tchadactuel picked up by Le Figaro : http://www.lefigaro.fr/internationa…, and according to ICG ibid p.9, note 35 : « Libya protests : foreign mercenaries using heavy weapons against demonstrators », The Telegraph, 20 February 2011 and « Libya : an uncertain future.Report of the evaluation mission to Libyan belligerents « , International Center for Research on Terrorism – Helping Victims of Terrorism (AVT-CIRET), Paris, May 2011

[30] 25 March 2011, AFP : Chad’s Deby says AMI has seized missiles in Libya, http://www.jeuneafrique.com/actu/20…

[31] ibid, p.11, 21 October 2011, International Crisis Group : ‘Africa without Gaddafi : The Case of Chad’

[32] ibid, p. 8, 21 October 2011, International Crisis Group : ‘Africa without Gaddafi : The Case of Chad’

[33] 26 December 2011, Idriss Deby : « In Libya, history will prove me right » http://www.jeuneafrique.com/Article…

  1. 3 Nigeria : 2009-2013

Investigations need to be conducted sensitively into the relationship between Chad and Nigeria and the North of Cameroon where Boko Haram is installed. In February 2013, Jeune Afrique cited a “diplomatic source” and “unconfirmed and not easily verifiable information” about “500 members of Boko Haram, the Nigerian Islamist sect (who) had managed to infiltrate N’Djamena”.[35] Every year, Chadian families send children to Boko Haram’s Koranic schools.[36] In late November 2013, the presence of Boko Haram in Chad was also evoked in the context of the Central African Republic : “The potential for destabilization is also regional, since it involves Chadian and Sudanese rebels and the Nigerian Islamist sect Boko Haram is now extending its tentacles into Cameroon and Chad, neighbors of the Central African Republic.”[37]

The borders of Chad, Nigeria, Cameroon and Niger intersect at Lake Chad, which is currently very dry and reduced to a small fraction of its original surface. Searches for the French family kidnapped in the North of Cameroon on 19 February 2013 were undertaken in the islands, canals, and wetlands.[38] According to the U.S. Army’s website ‘Combating Terrorism Center’, “Boko Haram takes advantage of Niger, Chad and Cameroon to find refuge, to train, make transit, plan attacks and recruit.”[39]

Given the “profession of arms” widely present in Chad, a part of the attacking forces of Boko Haram are Chadian. When fighting takes place against the Nigerian state, as in 2009 and 2010, the Chadians flee to northern Cameroon, and Lake Chad. The region is full of weapons coming from Libya, Sudan, Uganda, and the biggest arms market is in a village in northern Cameroon. In early 2012, two Chadian ministers, one of them a nephew of Idriss Déby, were accused by a Chadian living in Nigeria of financing Boko Haram. He related this when telling of a massacre committed by the Nigerian military police.[40] This merits an investigation which takes into account the climate of repression, corruption and impunity.

[34] 22 September 2011, ‘The cynical play acting of Déby is not taking in the NCT : http://www.ndjamena-matin.com/artic… . html , see also the property of Gaddafi in South Africa or being sought for in the Sahara.

[35] 13 February 2013, Chad : the Boko Haram threat : http://www.jeuneafrique.com/Article…

[36] 1 March 2012, Hundreds of Chadian migrant children flee Nigeria 13 October 2012, Nigeria-Chad : Migrant children reunited with their families : http://www.irinnews.org/fr/report/9…

[37] 27 November 2013, ‘Central African Republic : Paris ready to intervene militarily in a few days’ http://rpdefense.over-blog.com/2013…

[38] 3 March 2013, ‘The hunt for members of Boko Haram centered on Lake Chad http://www.francetvinfo.fr/monde/ca…

[39]14 January 2013, Boko Haram’s International Connections : http://www.ctc.usma.edu/posts/boko-…

[40] 3 March 2012, Massacre of Chadians in Nigeria, the financial link of two Chadian ministers with Boko Haram : http://tchadonline.com/index.php/ma…

  1. 4 Central African Republic : 2012-2013

NB : 5.3.14, fto know more, see in french the second information kit : « Influence et implication d’Idriss Déby en Centrafrique de mi-2012 à janvier 2014« .

Déby installed Bozizé in place of Patassé in March 2003 with the consent of the French President.[41] The Chadians referred to themselves as “liberators”. Chad remained influential in supporting Bozizé against several rebellions. In February 2008, Chadian soldiers were present in Central Africa, where according to Human Rights Watch, cited by the U.S. government, “they killed civilians and burned villages”.[42] Bozizé began to make ties with South Africa, gradually excluding Chad. Most importantly, the situation became increasingly uneasy in 2012 during negotiations between Bozizé and political opponents and rebels about the peace agreements made in 2011. Chadian soldiers were providing protection to Bozizé. Following criticism made by Bozizé about rape in Bangui, Bozizé asked Déby to control his soldiers, and Déby withdrew his protection in October 2012. According to RFI, “When the Seleka launched its first attack on Bangui in December, the Chadian military intervened. This was exercise of “the precautionary principle” : N’Djamena suspected Michel Djotodia of maintaining good relations with the Chadian rebellion.”[43] After he’d done what he thought needed to be done, Déby totally abandoned Bozizé.

Michel Djotodia used to be the Central African consul in South Sudan, close to Captain Mahamat Nour Abdelkerim of the FUC, who, after signing a peace treaty with Déby in 2006 was appointed Minister of Defense of the Chadian government in March 2007 (then sacked 1 December 2007 in the wake of renewed fighting). Déby is said to have met, one after the other, with Djotodia of the Union of Democratic Forces for Unity (UFDR) and the Central African rebel leaders, Adam Noureddine (PJCC in exile in Dubai), Mohamed Moussa Dhaffane of the Wa Kodro Salute Patriotic Convention (CPSK)), and Abdoulaye Miskine, of the Democratic Front for the Central African People (FDPC) (a former ally of Patassé) : four of the main elements of the future Seleka.[44]

According to Jeune Afrique,[45] “When Charles Massi, the political leader of the PJCC, died in December 2009, Noureddine Adam took over as head of the movement. After denouncing, in June, the agreement that one of his companions, Abdoulaye Hissène, had just signed with Bangui, he decided, on 20 August 2012, to join forces with Mohamed Moussa Dhaffane’s Wa Kodro Salute Patriotic Convention (CPSK). The two men managed to convince Michel Djotodia and the UFDR join them. It was the birth of the Seleka.” And[46] “For three years (2010-2012), Noureddine Adam spent most of his time between the bush and Chad where he enjoyed mixed fortunes, at one time arrested for alleged connivance with the rebels fighting against Idriss Déby Itno, then being supported to the point where he could soon pass for “the man of N’Djamena”. Mid 2012, Déby released Noureddine Adam and Mohamed Moussa Dhaffane (CPSK) who had been imprisoned in Chad.[47]

Many Chadian mercenaries easily move from one rebellion to another. The rebellions which have continued in Sudan since 2009 have less of a future. A large number of the Seleka mercenaries were recruited from Chadian rebellions in Sudan,[48] in particular the technical specialists who handle heavy weapons are Chadians from Sudan, former FUC, UFR (and UFDD).[49] According to the researcher Roland Marchal[50], « Idriss Déby was aware that among the members of the Seleka were numerous Chadian fighters, who had served under the command of Mahamat Nouri, Adouma Hassaballah and Adoum Yacoub Kougou and, for the most part, belonged to Ouaddaian groups. Furthermore, because they anticipated a Seleka victory, many Chadian opponents from countries all over the region are agitating and talking about resuming armed combat, this time using the Central African Republic as a sanctuary.” It is very difficult to grasp the relationship, the level of agreement that exists between these mercenaries, the officers present in the Central African Republic, and the leaders of the rebellions. For example, Captain Moussa Ismail, of Ahmat Hassaballah Soubiane’s Front for the Salvation of the Republic (FSR), went to CAR(where he finally stayed without troops) and the FSR congratulated the Seleka in March 2013.[51] The journalist Vincent Munié indicated the presence in CAR of “the Chadian rebels of Colonel Moussa Aboud Mackaye (UFDD-Fundamental), Sudanese Janjaweed who had escaped from the conflict in Darfur”.[52] Many mercenaries are said to have come from Mahamat Nouri’s Union of Forces for Democracy and Development (UFDD), and Adoum Yacoub’s National Popular Resistance Front (FPRN). Moreover, as the Seleka is divided, it is difficult to know the importance of each leader.

Although a number of the mercenaries have made claims to be ‘jihadists’, propaganda has exaggerated this aspect which has grown into a rumor that the Seleka is the Trojan horse of the Sudanese Islamists”.[53] Churches, hospitals, schools and records of births have been looted[54], and clashes between Christians and Muslims have taken place, without it being possible to speak of a religious conflict, so great was the distance between the mercenaries and the populations. The situation has now become sufficiently confusing for the levels of violence to increase.

The formation of the Seleka would not have been possible without funding. Political logic suggests that Déby could have financed several components of the Seleka. There is no evidence to confirm either this hypothesis or accusation, Chad and the Central African Republic being countries in which investigations cannot be undertaken without risk. Witnesses have also spoken of weapons transports and pickups coming from Ndjamena, which would paradoxically have rendered service to mercenaries hitherto opposed to Déby, shortly before the attack of January 2013.The arrival of heavy weapons in the hands of the part of the Seleka closest to Déby, has also been evoked.

In March 2013, in the Multinational Force of the Central African States (FOMAC), the only real fighting troops were Chadian. On 23 and 24 March 2013, Chadian Special Forces covertly fought the CAR army and South African soldiers to open a breach for the Seleka that allowed them to enter Bangui. For Roland Marchal, “It was only after receiving strong assurances from the leaders of the Seleka (most notably the nominations of members of the Chadian security services to key positions in the Central African state apparatus (12 : ‘Chad : Déby’s Enemies Crowd in’, Africa confidential, vol.54, n°11, 24 May 2013), and after rejecting the religious argument proffered by Bozizé (which said that the Seleka was the Trojan horse of the Sudanese Islamists) and assisting at the final attempts of the latter to hold onto power, that Idriss Déby gave the green light to the attack on Bangui in March 2013. Increased involvement of Chad in the regional force seems just as much a sign of power as an expression of weakness when faced with a movement like the Seleka, a number of whose commanders in the middle ranks obey the leadership only partially and are always ready to sell their services to whoever offers the most money.”

On 2 October, Jean-Christophe Belliard, the Director for Africa and the Indian Ocean in the French Ministry of Foreign Affairs stated, [55] : “He (Déby) later realized that the Seleka had its own agenda and counted within its ranks elements opposed to the Chadian government.” According to Africa Confidential of 24 May 2013[56], “Initially, the Seleka leaders, Michel Am Nondokro Djotodia and the leader of the CPJP, “General” Noureddin Adam, promised Déby that they would prevent rebels of Chadian origin from challenging his authority. Déby felt that this guarantee was not enough and he managed to obtain the appointment of General Mahamat Bahar as the head of Central African Military Intelligence, the second bureau. He is said to have been for a long time the agent in Bangui of the Chadian intelligence service, the National Security Agency.” After the victory of the Seleka, Déby must have seen that the Seleka leaders were becoming increasingly independent and received confirmation of the links between the Seleka and Chadian leaders in the Sudan, among them the UFDD. The Seleka is then said to have gone, within a few weeks, from 5,000 to 15,000 mercenaries, the leaders closest to Chad recruiting quickly. Officially, the number of Chadian soldiers in the FOMAC went from 500 to 800 and the Chadian government participated in the negotiations to transition the FOMAC into the African-led International Support Mission to the Central African Republic (MISCA).The double game continued.

After the French intervention began on 6 December 2013, Roland Marchal’s reaction was,[57] « The Seleka found it very easy to recruit militias or mercenaries in Darfur and Chad and that therefore raises the question of what is happening in Darfur. A few years ago, it was the trending conflict that absolutely had to be talked about. These days, European politicians keep quiet. That also raises the question of Chad. A significant part but not the majority of the Seleka is made up of former Chadian rebels. Therefore, why, when the European Union intervened for over a year, spending 900 million euros for an operation, why, finally, has there been no political agreement to solve this problem in Chad ? Why was it necessary to follow the French and save only the soldier Idriss Déby ? These are real questions that need to be asked and which actually show that there is a regional dimension. The ambiguous or ambivalent attitude of Chad, which is to a certain extent the arsonist-firefighter in this crisis, must be analyzed.”

Following the seizure of power by the Seleka and Djotodia, the Central African population is now in great danger[58]. On 15 December 2013, AFP stated[59] : “Chadian soldiers who, in all logic, evacuated their nationals during the crisis, also ensure the security of Central African personalities such as the interim president (and former rebel leader) Michel Djotodia but also the Seleka senior leaders, who do not necessarily hold official positions. According to some French soldiers, speaking anonymously, Chadian soldiers gave their FOMAC (Multinational Force of Central Africa) armbands to Seleka fighters, thus allowing them to keep their weapons and to continue to operate. This mixture helps to make an already troubled situation even more confusing. “Chadian FOMAC soldiers are killing us. They are with the Seleka, not with the FOMAC,” is the accusation made by many Central Africans, in a country which is, by a very large majority, Christian.”

Déby has behaved as a firefighter-arsonist in the Central African Republic,[60] and the French gendarme who can see everything that happens in Chad and the CAR has not responded, because of a diplomatic quid pro quo with Chad for its support in Mali, or because it has secret interests. The French army and French diplomacy find justification in the official actions of the Chadian army, without highlighting the game of mercenaries which also hides the circulation of money. On his side, Déby can boast of avoiding the threat of rebellions against him in CAR.[61] Mid-November 2013, the Chadian army entered Darfur with the consent of Sudan, to try to finish off the Union of Resistance Forces (UFR), the coalition that was active between January and May 2009, made up of 8 rebellions including the UFDD, UFDD-F, the FPRN, and the RFC, a coalition now divided and dispersed.

In Bangui in early December 2013, the population welcomed the arrival of the French army, but associates the 800 Chadian FOMAC soldiers with the Seleka.[62] .A large part of the population, and important people in civil society, are demanding the departure of the Chadian army. Paul Biya, who wants to prevent the Seleka from entering Cameroon, is lobbying to limit the role of Chad in the MISCA.[63] The exposing of Chad’s responsibility and the withdrawal of Chadian forces appear to be essential if the vicious circle is to be broken and so that a political settlement to the Central African crisis can be found.

[41] Survie : CAR : Exit Patassé : http://survie.org/billets-d-afrique…

[42] 25 February 2009, U.S. Government : 2008 Country Reports on Human Rights Practices, http://www.state.gov/j/drl/rls/hrrp…

[43] 26 March 2013, Central African Republic : Bozizé dropped by Deby ignored by Hollande http://www.rfi.fr/afrique/20130326-…

[44] http://fr.wikipedia.org/wiki/Seleka_% 28R% C3% 29% A9publique_centrafricaine

[45] 4 April 2013, Central African Republic : Adam Noureddine, the other strong man in Bangui : http://www.jeuneafrique.com/Article…

[46] 26 April 2013, Central African Republic : Adam Noureddine, the makeshift General http://www.jeuneafrique.com/Article…

[47] 8 July 2012, The PJCC expresses support for the return of peace http://www.radiondekeluka.org/secur…

[48] Up to 80-85% according to a Chadian source, ‘not the majority’, according to Roland Marchal on 9 October 2013, http://www.rtbf.be/info/emissions/a… taking into account that the number of mercenaries grew from 5,000 à 15,000.

[49] UFR : coalition mainly active in early 2009 formed by 8 rebellions UFDD, UFDD-F, FPRN, RFC … : http://fr.wikipedia.org/wiki/Union_… C3% A9sistance

[50] June 2013, Roland Marchal, Politique Africaine, p. 8 : http://www.politique-africaine.com/…

[51] 24 January 2012, Chad-CAR : FSR forces seen at Birao : http://makaila.over-blog.com/articl…. html , 25.3.13, Communiqué : the FSR congratulates the Seleka : http://www.letchadanthropus-tribune…

[52]29 September 2013 Vincent Munié, Le Monde diplomatique, http://www.unhcr.org/cgi-bin/texis/…

[53] June 2013, Roland Marchal, Politique Africaine, p. 8 : http://www.politique-africaine.com/…

[54] Often ‘pseudo’ civil servants who speak neither of the official languages, Sango or French, have been installed.

[55] 2 October 2013, 2.10 .13, Jean-Christophe Belliard, French Committee on Foreign Affairs : http://www.assemblee-nationale.fr/1…

[56] 24 May 2013, Africa Confidential, Deby’s enemies crowd in : http://www.africa-confidential.com/… C3% A9by% E2% 80% 99s_enemies_crowd_in , French translation : http://www.tchadactuel.com/?p=8995 , see also : 10.7.13, Juliette Abandokwe : The role of Seleka in the annexation of RCA by Chad http://juliette.abandokwe.over-blog…, nomination 19 April 2013 http://centrafrique-presse.over-blo…

[57] 9 Dec. 2013, Roland Marchal, ‘Interview with Matin Première’ : http://www.rtbf.be/info/emissions/a…

[58] 11 December 2013, Human Right Watch, Peter Bouckaert, article pointing out the present role of General Mahamat Bahar : http://www.hrw.org/fr/news/2013/12/…

[59] 15 Decem ber 2013, AFP, http://quebec.huffingtonpost.ca/201…

[60] 1 January 2013, Central African Republic (CAR) : The secret agenda of the rebellion (interview with an official of the Seleka movement http://afrikarabia.blogspirit.com/a…

[61] Another objective could be to prevent the exploitation of the oil field straddling Chad and CAR

[62] 10 December 2013, Central African Republic : ‘Out with the Chadians, traitors, dogs,’ shouted the crowd in Bangui : http://mali-web.org/afrique/centraf… -the-crowd-bangui

[63] 2 December 2013, Central African Republic : ‘Chadian soldiers ‘non grata’ in the MISCA :’ http://www.lanouvellecentrafrique.i…

  1. Islam in Chad : a balancing act or a double game ?

With reference to the 2006-2009 conflict between Chad and Sudan, Jean-François Julliard of the French satirical weekly newspaper, “Le Canard Enchaîné” remarked of “Paris’s ally, Déby… Paris sees him as a bulwark against Sudanese Islamism and the horrors of Darfur”.[64] Again in 2013, against AQMI in Mali, Idriss Déby presents himself in the same way. Chadian reality contradicts this diplomatic imagery which was brought back into service too hastily.

In 1990, when Déby took power thanks to the French Directorate-General for External Security (DGSE), he was surrounded by rebel Sudanese from the Zaghawa people and had obtained the support of al-Bashir and Hassan Abdallah al-Turabi, a leading cleric of the Muslim Brotherhood[65]. Hissein Hassan, a former Sudanese colonel close to Déby with whom he arrived in Chad in 1990, imam of the Grand Mosque in Ndjamena, currently president of the Islamic Council of Chad, has remained the person with the most influence.[66] In 1993, some imams demanded that Chad become an “Islamic State”. In the 1990s, the state began to transform society through the control and Islamic takeover of education, the economy and the army. Around 1995 and 1996, violent ‘re-Islamization’ took place. The Muslim Brotherhood, which has a very active presence, divides Muslim religious practice in two when it arrives in a zone. In N’Djamena, in particular, practices have separated.

Literary Arabic became, with French, an official language in 1983, and this was confirmed by the 1996 Constitution. Wanting to replace French with Arabic, Déby has gradually made bilingualism compulsory ; this happened, for example, in schools, high schools and universities in 2010-2011.[67] Chad is a mosaic of ethnicities and languages : 120 languages coexist. 24% of Chadians speak French (especially in the South), 6% English, 2.6% literary Arabic (or else speak the dialectal Arabic that is used to do business in large cities). Déby has brought Chad close to the Arab League, to the point where the country joining the league has been mentioned.

According to researcher David Mascré,[68] “Chad is in the heart of the Sahara-Sahel region, the theater in recent years of increasing growth in radical Islam, and potentially a source of terrorism. Located on the fault line between the Muslim world and the Christian animist world (44% of Chad’s population is Christian), the country has a front seat at the rearranging of social identity in the midst of ethno-religious clashes which, over the last few years, have shaken up a part of Sub-Saharan Africa.”

Idriss Déby and Imam Hassan Hissein wish to Islamize the south inhabited predominantly by Christians,[69] through the construction of mosques and the installation of migrants, or with the caravans of missionaries coming from Sudan and living in villages known as ‘Mabruka’

What started in 1991, began to take effect after 2000, under the influence of Saudi Arabia (Salafists, Wahhabists), Qatar (Muslim Brotherhood), and Libya. More and more veiled women are visible in Ndjamena.[70] Currently, Wahhabism is gaining ground. The first Salafist congress to be held south of the Sahara took place in Chad in 2012.The percentage of Muslims belonging to radical Islam is increasing, approaching 30% in 2013. Chad has allowed radical organizations to take root, including Dawa Alamia Islamia (World Islamic Call), based in Libya and which builds schools and mosques, or Dawa Alamia (Global Call) funded by Kuwait and Sudan,[71] and, since 2009, Shiite Iran even though Chadian Islam is Sunnite. Tensions have grown between Muslims.

[64] 5 March 2009, France embarrassed by the Chadian who has disappeared, http://www.tchadenligne.com/article…

[65] http://en.wikipedia.org/wiki/Hassan…

[66] Lettre du continent, 23 February 1995 : http://www.africaintelligence.fr/LC…. 31 July 2010, ‘L’imam de la grande mosquée de Ndjaména, le nouveau griot de Gaddafi—The Imam of the Grand Mosque in Ndjamena, Gaddafi’s new griot : http://ambenatna.over-blog.com/arti…

[67] 2010, ‘La langue arabe au tchad—Arabic in Chad’, Jean-Didier Nandiguim Kamnadji, http://tcomtchad.info/?p=9732

[68] David Mascré, 2007 ? ‘Tchad-Darfour, les dessous d’une crise—Chad-Darfur, the inside story of a crisis’ : http://www.cairn.info/article.php?I…

[69] Dr. Gali, ‘L’Islam et le Tchad—Islam and Chad’ http://www.tchadforum.com/node/163

[70] 2 April 2013, ‘L’Imam Hassan Hissène Abakar appelle les femmes à se voiler —Imam Hassan Abakar Hissène calls on women to wear the veil : http://tchad24.unblog.fr/2013/04/02… /

[71] Dr. Gali, ‘Islam and Chad’ http://www.tchadforum.com/node/163

  1. Incompatibility with the Rule of Law

During the intervention in Mali in May 2013, Idriss Déby was allowed to crush what little opposition still existed in Chad, with very little international response.[72] He justified this by talking about, “an attempt to organize an Arab Spring.”[73] Obviously, he used the fact that he was needed in Mali to eliminate opponents, knowing he would not be able to do it so easily afterwards. The opposition is very weak because of the history of repression ; it is therefore possible to subdue it by attacking the leaders who have survived the previous episodes of repression.

According to FIDH, “two members of parliament, two generals and a colonel were arrested”. The two Members of Parliament were “Mahamat Malloum Kadre, member for the Patriotic Salvation Movement (MPS, the party of President Déby) and Saleh Makki, from the Coordination of Political Parties for the Defense of the Constitution (CPDC).” “Kebzabo Saleh, President of the National Union for Development and Renewal (UNDR) and leader of the CPDC and Gali Gata Ngote another MP and also member of the CPDC”, were nearly arrested on suspicion of attempted destabilization. “Members of Parliament Gali Gata Ngote and Routouang Yoma Golom were charged with “conspiracy and undermining constitutional order” and imprisoned. MP Ngarjely Yorongar has meanwhile been released and rests at the pleasure of the judicial system as a witness.”

Internet surveillance and the tapping of mobile phones played a large role in the arrests of May 2013. As in Togo and Cameroon, this surveillance is provided by an Israeli system operated by Israeli employees.

Repression has also hit the press, according to FIDH, “The journalist Eric Topona, Secretary General of the Union of Chadian Journalists, was summoned, charged and imprisoned on 6 May last … prosecuted for “undermining constitutional order” in the context of the case made against Jean Laokolé, a young blogger accused of defamation who has also been imprisoned. The next day, 7 May 2013, the editor of the independent newspaper Abba Garde, Avenir Moussey De la Tchire, was arrested by the judicial police, for the dissemination of articles calling for “hatred and a people’s revolt”, according to the police.” The long arm reached Senegal, where the Habré trial will take place, and from where the blogger Makaila Nguebla, who had lived there since 2005, was expelled.

On October 29, 2013, Chad underwent the Universal Periodic Review of the UN in Geneva.[74] This review is not directly binding – failure to implement the recommendations is not sanctioned – but it is comprehensive and reliable. Study of its process allows international institutions, NGOs and journalists to refer to legitimate U.N. proceedings to assess progress in implementation of the Rule of Law. How well the State intends to implement reforms can be gauged by how much progress has been made between two reviews, which take place at four year interval intervals. Recommendations to the Government of Chad are made by civil society organizations. Amnesty issued the UN with the most comprehensive assessment of the situation and the most informative recommendations. Beyond the mitigating diplomatic language used for the UPR, the Amnesty paper reveals the nature of the regime, and the paralyzing horror that people have lived through for 23 years.[75] Each point on the list of grievances is well documented : enforced disappearances, gender-based violence, recruitment and use of child soldiers, prison conditions, deaths in custody, torture and other types of abuse, arbitrary arrests and detention, attacks against human rights defenders and freedom of expression, harassment of political opponents, ratification and implementation of international standards on human rights, the death penalty. The enforced disappearances are the crimes that resemble the most the massacres that took place before the improvements made since the end of the war in 2009.

Amnesty stated in 2013 that, “The State under review done nothing to implement these recommendations.” A little progress has been made but with no advance in what is really essential. The UPR does not take into account the record of the régime since its inception and does not aim to establish truth and justice for all crimes. Idriss Déby is himself implicated and liable to be held accountable to the justice of his country if ever it manages to be put in place. He changes his régime slowly, focusing on issues that do not touch him personally. With the renewal of French support in 2013, Déby is trying to improve his image, and he has managed to score political points, but the construction of the rule of law cannot be judged based on diplomacy. As rights progress they interfere with each other, the regime basically blocks everything while making concessions to avoid a buildup of pressure.

Other recommendations had also followed the war of February 2008, with its massacres and assassinations, including that of Ibni Oumar Mahamat Saleh : trials of the government officials who were responsible, compensation of victims, elimination of secret prisons and monitoring of official detention centers, reform of the judicial system and the security sector, an opening up of democratic space and governance. The UN Committee for Human Rights in mid-2009 judged that “serious violations of human rights have been committed with impunity, and continue to happen in Chadian territory, most notably murder, rape, enforced disappearances, arbitrary detentions, torture, and destruction of property, forced displacement and attacks against the civilian population.” 174 recommendations were published on 31 October 2013,[76] and the Chadian government has until March 2014 to respond.

[72] 9 May 2013, updated 07 June 2013, FIDH, LTDH, APTDH : Chad : Crackdown on a background of military tensions, http://fidh.org/en/africa/Chad/chad…

[73] 7 July 2013, Interview with Le Figaro, http://www.lefigaro.fr/internationa…

[74] 29 October 2013, Universal Periodic Review for Chad, UN, Geneva, http://www.upr-info.org/Examen-2013…

[75] 31 July 2013, ’Suggested recommendations to States considered in the 17th round of the Universal Periodic Review, (17th session, 21 october–1 november 2013), http://amnesty.org/en/library/asset…

[76] Human Rights Council Working Group on the Universal Periodic Review, Draft report of the Working Group on the Universal Periodic Review – Chad, http://www.upr-info.org/IMG/pdf/a_h…

  1. Repression of Opponents and the Press : the weight of the past

The killing of opponents assumes particular importance in Chad due to the disappearance of political leader Ibni Oumar Mahamat Saleh on February 3, 2008 during the battle of N’Djamena. Previously, if only political leaders are considered, leaving to one side journalists and trades union leaders, those murdered were politico-military leaders linked closely to wars. This murder of a civilian leader destabilized the democratic opposition and destroyed hopes for democratization. Idriss Déby is suspected of having ordered the murder of the man who was his main opponent. On 22 July 2013, the Chadian justice system dismissed the case in a way that sounds like a new admission of guilt.[77] This much too recent crime will continue to pursue Déby : a complaint has been filed against him in France, and the case is mentioned in the Universal Periodic Review.

Other political leaders have suffered repression and arrest, especially the Member of Parliament Ngarjely Yorongar, arrested and tortured 14 times. Recently, in 2012 and 2013, the MPs Kebzabo Saleh, Gali Ngote Gata and Saleh Makki were harassed by a Chadian justice system acting under orders. Trade unionists are targeted for repression, among them Michel Barka, of the Union Syndicale of Chad (UST), imprisoned in 2008 ; François Djondang and Yunus Mahadjir, two other leaders of the UST prosecuted in 2012 ; Gustave Mbailaou Betar who died in prison in December 2012, after being arrested for smiling at a hearing. Leaders of human rights associations have been targeted, including Mr. Joseph Behidi, President of the Chadian League for Human Rights, murdered on February 16, 1992 ; and, more recently, Daniel Deuzoumbe Passalet, President of Human Rights without Borders (DHSF) arrested in 2011.

However, the repression of freedom of the press and opponents in 2013 is of lower level intensity than in the past. The Justice system has released some prisoners, the Chadian parliament voted against the removal of parliamentary immunity for its members Lama Tchindébé and Saleh Kebzabo that was wanted by Déby.[78] If one considers the nature of the regime over a period longer than the past few years, this repression is currently taking place at a level equivalent to what can happen in other countries with less ferocious régimes. However tensions persist because of the regime’s past history. Paradoxically, since the beginning of the war in Mali in 2013, the publicizing and highlighting by the media of frequent low intensity repression has largely eclipsed the record of the last 23 years and has allowed the Chadian regime to present itself as a lower-level dictatorship than it is in reality. A back-and-forth of rehashed aggression and the “noise” about interventions abroad trivializes the level of the dictatorship for those who are satisfied with current events and who don’t look at the record of the regime over 23 years.

The wave of arrests began immediately after the outbreak of war in Mali[79] so that it could not provoke demands for change in Chad, based on the argument that the war in Mali was for the restoration of democracy. Even if imprisoned in 2013 were often released after a few days, weeks or months, the whole series of arrests created a climate of terror. A French implicit guarantee was added : criticism leveled by French diplomats is weak enough to be understood as an agreement not to bring up what is of real concern.

The Chadian Press has not been able to expand, and this can be seen in the format of independent newspapers, the largest of which come out on letter-size paper and once a week, at most. There is no independent printer, only the Chadian state printing office. Before publication, newspaper publishers must obtain authorization, from “The High Council for Communication”, which practices radical censorship.

Demonstrations are routinely banned by the authorities. In 23 years, the only demonstration that could begin to be held was a gathering of women in 2001 in front of the French Embassy in N’Djamena to challenge the electoral process. It was quickly dispersed with use of live ammunition, with the French ambassador looking on. The lawyer Jacqueline Moudeina was seriously injured by a grenade. Freedom to demonstrate is a basic demand requirement for unlocking the democratic process. After the war in Mali, what will the French army do if the Chadian army fires once again on peaceful protesters ?

[77] 26 July 2013, Disappearance of Ibni Oumar Mahamat Saleh : Chadian justice dismisses the case, jeuneafrique.com , July 25, 2013, a new deadlock in the investigation of the disappearance of the opponent Ibni Oumar Saleh rfi.fr

[78] 4 September 2013, L Lifting of the parliamentary immunity of Lama Tchindébé and Saleh Kebzabo : When parliament said NO to the executive : Chadian paradox (Country) : http://fr.africatime.com/articles / when-the-parliament-says-not-lexecutif-le-paradox-Chad

[79] 9 May 2013, FIDH, LTDH APTDH wave of crackdowns amid military tensions, http://www.fidh.org/tchad-vague-de-…, 12 July 2013, .7.13, a repressive wind sweeps over Chad, http://www.la-croix.com/Actualite/M…

  1. A Caricatural Petro-Monarchy

On 29 September 2013, the Chadian Minister of Finance announced a tripling of oil production by 2015 : 200,000 barrels a day in 2014 and 300,000 in 2015, although production fell to 100,000 barrels in 2013, far from the record level of 173,000 set in 2005. Even if this announcement is open to doubt, Chad could catch up with neighboring countries such as Gabon which has been at 250,000 barrels a day since 2007, or Congo-Brazzaville at 270,000 barrels a day in 2012. In 2011, Chad’s reserves were estimated at 2 billion barrels. Oil has been pumped since 2003 by the Consortium made up of the Esso subsidiary of Exxon (USA), Chevron (USA), Petronas Carigali (Malaysia), and, more recently, two other companies : CNPCI (China) and OPIC (Taiwan).A Sino-Chadian refinery was opened in 2011. Chad reaps 28.7% of the profits compared to 72.3% for the Consortium, according to the Africa Europe Faith and Justice Network.[80] Currently, the country has thus been able to recoup up to $1.2 billion in 2007.[81] Recently, it decided to create an investment fund of $50 billion with the help of Samuel Maréchal, a former leader of the French National Front.[82]

In October 2012, Chad released its latest “Extractive Industries Transparency Initiative” report (EITI)[83] Its engagement in the EITI process is positive, but there is still much incertitude about its will to implement EITI transparency rules. Over a period of 10 years, oil has brought in €7.5 billion[84], but this wealth has been captured by the clan in power centered on Déby’s family. Chad remained, in March 2013, 184th out of 186 in the UNDP 2012 Human Development Report Index.[85] In 2008, the World Bank withdrew from Chad noting its disappointment about the level of the fight against poverty, increases in the level of corruption and a decline in the quality of the legal system and administrative services.[86]

The state budget almost quadrupled between 2002 and 2012 from, €595 million to €2.3 billion. The number of civil servants has increased significantly. The lusting after oil money and the absence of prospects for political change have led to rebellions. Oil money has enabled the rapid strengthening of the Chadian army since 2003[87] without the revenues benefiting the impoverished population. Oil has funded the longevity of the regime, through corruption, buying of consciences, and the purchase of weapons to reinforce the army faced with rebellions, to the tune of € 50 million in 2004, €420 million in 2008, and €240 million in 2010.

The money has permitted construction of infrastructure, especially roads, but without transparent bidding processes and with a high level of corruption. State expenditures are not known, and a large part of the budget is used by the Department of Major Presidential Works.[88] The eldest brother of Idriss Déby, Daoussa Déby heads[89] “La Société nouvelle d’études et de réalisations, The New Company for Studies and Works (SNER)” a company which subcontracts out the work of building roads in Chad.

Since 2003, thanks to this black gold, Chad has quickly become an oil state, with all the difficulties encountered in this type of country : a rent-seeking economy, lack of social modernization, absence of democracy, a political system under lockdown and repression. According to International Crisis Group in 2009[90], “Oil has become a means for the regime to strengthen its armed forces, reward its cronies and co-opt members of the political class. This has further limited political space for the opposition and helped keep the country in a state of political paralysis that has stoked antagonism between the regime and its opponents.”

This windfall has led to “Ill-gotten gains” in Chad and abroad, most notably in South Africa, Malaysia and Tunisia. There is both low-level and high-level corruption, both internal and from foreigners in the country. Since there are significant risks to revealing corruption when it occurs, in a country where the press is not free and repression is strong, political corruption is poorly documented. Whenever a new personality begins to stand out in civil society, or when a political party does effective social or political work, contact is made with them and financial assistance is given, and this leads to the person or party being absorbed into the dictatorial system.

Since the scandal of the false Bahraini dinars, the main people responsible have never been held to account. Verschave, in his book, ‘Noir Silence—Black Silence’, and especially the Member of Parliament Yorongar denounced Déby’s participation in the trafficking of counterfeit currency by producing numerous items of incriminating evidence.[91]

Idriss Déby has also developed a system of external corruption, of influential foreign players. Given the difficulties in investigating corruption, there are often suspicious signs that can only be reported with great caution : abnormal friendships, travel assistance, discontinuities in speeches, statements of suspect points of view, weak clues seen from the outside, which, even in the absence of evidence, constitute near absolute certainties for knowledgeable Chadians. The list of Déby’s friends is lengthy and difficult to establish : key people who sign off on elections, French researchers used to the media, foreign journalists, French military personnel, French politicians, UN staff, and civil society in other African countries, including some who work for human rights organizations, officials from other countries… How can people denounce what is happening when fear reigns and when each revelation comes at a very high price ? The essence of dictatorships is to keep under wraps this corruption which creates networks of strategic support, such as that of Ben Ali in Tunisia.

[80] 2011 The exploitation of oil in Chad and the population of the region, Africa Faith and Justice Network Europe, http://www.aefjn.org/index.php/mate…

[81] 26 August 2009, International Crisis Group : ‘Tchad : sortir du piège pétrolier—Chad, escaping from the oil trap’, http://www.crisisgroup.org/ /media/…

[82]2 October 2013, ‘M&A financing livens up in Chad’, http://africaintelligence.fr/LC-/ho…

[83] http://eiti.org/Chad

[84] 11 May 2013, Le Monde, ‘Au Tchad, la répartition de la manne pétrolière suscite le mécontentement—In Chad, the dividing up of the oil windfall creates discontent’, : http://www.lemonde.fr/international…

[85]March 28, 2013, 2012 Human Development Report Index, http://hdr.undp.org/en/media/HDR_20…

[86] 20 November 2009, ‘The World Bank Group Program of Support for the Chad-Cameroon Petroleum Development and Pipeline Construction : Program Performance Assessment Report’, http://siteresources.worldbank.org/…

[87] 30 January 2012, CCFD report ‘Development Trapped : arms transfers and the development of Chad (2005-2010)’ : France and other countries have sold weapons to Chad. http://ccfd-terresolidaire.org/ewb_…

[88] http://www.tchadoscopie.com/article… , See also : June 2013, Roland Marchal in African Politics p. 6, http://www.politique-africaine.com/…

[89] For details see : 10/23/13, ‘ “coming out” of Daoussa Déby Itno, Mr. Brother’ : http://www.jeuneafrique.com/Article…

[90] 26 August 2009, International Crisis Group : Chad : Escaping from the oil trap http://www.crisisgroup.org/ /media/…

[91] 24 November 2009, excerpt from Yorongar’s book, ‘Tchad, le procès d’Idriss Déby—Chad, Idriss Déby on trial’ http://www.yorongar.com/imprimer.ph…

  1. The “Pacified Democracy” which Has Never Fooled Anybody

Idriss Déby has no democratic legitimacy. After seizing power by force of arms, he was permanently installed in 1996 by the French experts in electoral fraud, Jerôme Grand d’Esnon and André Rouge, at a time when Françafrique could do whatever it liked.[92] Multiparty democracy in the 1990s, like in many other countries, was just a façade to hide the absence of valid electoral processes. Like the other dictators, Idriss Déby then only had to engage in fraudulent elections to crush his opposition.

The last two masquerades, the legislative and presidential elections in 2011, with nothing at stake,[93] were quietly signed off on by a timid and almost shameful European Union, under the eye of Louis Michel, the expert in electoral dictatorships who provided Déby with the same service he had rendered to Eyadéma Junior in Togo during the 2010 presidential election. The agreement of 13 August 2007[94] was gutted of its substance.[95] The presidential election was boycotted by the main opposition parties.[96] Chad is a caricature of a dictatorship, but the most outrageous caricature is that of the sham foreign support for a nonexistent process of democratization. The most recent parliamentary elections, in 2011, demonstrated once again both the lack of European Union political power[97] and the compromises some of its people make.

On August 7, 2013, a so-called Independent National Electoral Commission was created.[98] Parliamentary elections are planned for 2015 (February). The next presidential election will be in 2016. What progress can be expected ? How long will it take before a credible opposition can take shape, free from both the pressures of repression and corruption (sometimes in the guise of cooptation) ? For the time being, very little progress has been made, and the lack of prospects for political change has favored the creation of rebel armed forces. In a situation where there is no renewal among the senior members of the regime, where the government is working without a program, Déby will doubtless try to impose total control. Déby is assisted by many legal experts.[99] The National Framework for Policy Dialogue (CNDP) is controlled by the regime, and comes in for severe criticism from the democratic opposition, in particular from the Coordination of Parties for the Defense of the Constitution (CPDC). [100]

Oil money allows Déby to finance political activities in Africa in a way similar to that used by Gaddafi. He intimidates other presidents, particularly in West Africa, and in this way he undermines democracy wherever it begins to take root, for example in Senegal when he imposed, through the organization of the Habré trial, a step backwards in the freedom of the press, with the expulsion of the blogger Makaila Nguebla.[101]

The democratization of Central Africa is currently impossible. The fates of Chad, the Central African Republic, Cameroon, Equatorial Guinea, Congo Brazzaville and Gabon are linked. The dictators of these countries are broadly supportive of each other : Five of these six countries suffer from long-lasting dictatorships which were put in place and have since been reinforced by Françafrique. This political deadlock is the result of the policy France has historically practiced in the region in order to favor its own oil supplies. Even though the dictators have gained greater independence in recent years, their future depends on the evolution of French policy.

[92] François-Xavier Verschave in ‘Noir Chirac-Black Chirac’ in 2002, p. 225 of the chapter ‘Making legitimate Brother Déby, Executioner of the Chadians’

[93] 10 May 2011, Gaëtan Gorce : ‘Reaction after the proclamation of the results of the presidential election in Chad’, gorce.typepad.fr

[94] http://eeas.europa.eu/chad/accord_p…

[95] See the recommendations of International Crisis Group, 17 August 2010, ‘Chad, Beyond Superficial Stability’ : http://www.crisisgroup.org/en/regio…

[96] 26 April 2011, boycott : Presidential Campaign : The trio of opponents are not giving : http://www.journaldutchad.com/artic…

[97] In 2013, the European Union tried to define its policy : 12 December 2013, Council conclusions on report from the Commission

on EU support for democratic governance, with a focus on the governance initiative, http://www.consilium.europa.eu/uedo…

[98] 3 September 2013, civil society tries to master the ‘Independent National Electoral Commission (the CENI) http://makaila.over-blog.com/articl…

[99] Among whom are the Study and Research Group on Democracy and Economic and Social Development (GERDDES-Chad)

[100] 20 November 2013, RFI : ‘Au Tchad, le président Déby reçoit l’opposition—In Chad President Déby receives the Opposition http://www.rfi.fr/afrique/20131120-…

[101] 12 June 2013, Interview with Makaila Nguebla, http://survie.org/billets-d-afrique…

  1. French Support for Idriss Déby has Never Wavered

Without going as far back as French colonial crimes in Chad[102], French compromises with Déby began with Habré, “During the time of Hissène Habré, a great friend to France, corpses floated on the Chari River which flows through N’Djamena, beside the park of the French Ambassador’s residence.”[103]

Idriss Déby came to power in 1990, propelled by Paul Fontbonne, an officer of France’s Directorate-General for External Security (the DGSE).[104] From December 1990 to June 1994, Fontbonne remained a presidential adviser to Déby. In his book ‘Noir silence – Black Silence’, Verschave stated : “Until October 1998, 20 DGSE agents trained the Republican Guard,”[105] at a time when the French Ministry for Foreign Affairs (the “Quai d’Orsay”) put in immense lobbying efforts each year to save the beloved Déby from the solicitude of the UN Commission on Human Rights.”

In the 1990s, French leaders hoped to get a share of the Chadian oilfields for Elf, which was part of the international consortium (Elf, Esso, Shell) responsible for exploitation of oil after the construction of the Chad-Cameroon pipeline : “Mr. Yorongar has spoken out strongly, in particular against the way the project is being managed by the entourage of the Head of State, Mr. Idriss Déby, and denounced—the first time was during the presidential campaign of June and July 1996, Elf’s financing of the election campaign of Messrs. Déby and Kamougué, now President of the Republic and President of the National Assembly.”[106] Elf and Shell then withdrew from the consortium in late 1999.

In line with the Françafrique modus operandi, in 1997 the Chadian army was used in Congo-Brazzaville, an oil producing country where Elf played an active part the civil war, “the French air force would make military transport aircraft available to Chadian soldiers sent to the Congo to fight alongside Sassou Nguesso. The aircraft took off from Abéché (Chad), a home from home for France”.[107]

Exploitation of oil having been abandoned by the French side, the French army has remained the key French player in Chad. As in Rwanda between 1990 and 1994, the mixture of political and military responsibilities when faced with the observation of numerous crimes committed by an ally, has encouraged mutual silence. Who shares what responsibility, between the politicians and the military, is difficult to evaluate. They share the same interests. French support for Déby over the past 23 years, including justification of the collaboration in Mali and in the Central African Republic, has meant staying silent about all of the crimes committed.

In 2006 and 2008, threatened by rebellions, Idriss Déby was saved twice by the French army. In 2008, according to some reports, Sarkozy based his decision to save Déby more on a ‘theory of stability’ than on a good relationship with the president in power. The country was considered to be an area of military importance, where power could not be acquired through the ballot box, and where no alternative to Déby existed.

By dint of being in the position of observer, the French government found itself involved, in February 2008, in the assassination of opposition leader Ibni Oumar Mahamat Saleh through the alleged presence close by of French military personnel Jean-Marc Marill and Colonel Jean-Marc Gadoullet. As a result of charges filed by the children of Ibni Oumar Mahamat Saleh to the Genocide and Crimes against Humanity Department of the Tribunal de Grande Instance of Paris, an investigation of the murder started in the summer of 2013. It is being conducted by the French magistrate Emmanuelle Ducos and should shed more light on the affair. This charge is one of many registered in France concerning Françafrique : the Rwanda genocide, ‘Ill-gotten gains’, the ‘Borrel case in Djibouti’, and the ‘Beach affair of Congo-Brazzaville’.

Ibni Oumar Mahamat Saleh, the leader of the Party for Liberties and Development (PLD), was a mathematician widely recognized in France. Until May 2012, the French Socialist Party involved itself in seeking justice and truth for this affair which implicated the Chadian dictator. In 2008, Nicolas Sarkozy asked for French and European observers to be present in the Chadian Commission of Inquiry. In 2010, Jean-Marc Ayrault, then a member of parliament, pushed by Gaëtan Gorce[108], the main supporter of the struggle for truth and justice, also signed a resolution calling on the French government to intervene again.[109] On 25 July 2013, the Chadian justice system was able to dismiss the case, “…because the perpetrators, accomplices and accessories could not be identified”[110] without that alienating it from François Hollande. Since the war in Mali, Gaëtan Gorce has been isolated, and the government is again pushing the Socialist Party to embrace Françafrique.

[102] ‘Tchad Index chronologique 1900-1960’, par M. Debos April 2008, http://www.massviolence.org/IMG/pdf…

[103] Roger Vincent Calatayud, Report of the observation mission to Chad (4-11 February 1992) quoted by Survie in 1996 : http://survie.org/publications/les-…

[104] 2000 ‘Noir silence – Black silence’, François-Xavier Verschave, Les Arènes, pp151-171 : Chapter 8 ‘Chad, oil and Dictatorship : p. 153

[105] 2000 ‘Noir silence – Black silence’, François-Xavier Verschave, Les Arènes, pp. 154-171 : Chapter 8 ‘Chad, oil and dictatorship’

[106] June-July 1996 + 6 March 2001 Yorongar – FX Verschave trial against Déby, ‘Noir Procès – Black Trial’, FXVerschave, May 2001

[107] Le Nouvel Observateur 9/25/97 citing the Chadian opposition, in La Françafrique, the longest scandal of the Republic, François-Xavier Verschave (Survie), 1998, pp. 311-313

[108] 4 December 2012, Gaëtan Gorce : ‘La France doit continuer d’exiger la vérité sur la disparition d’Ibni Oumar Mahamat Saleh—France must continue to demand the truth about the disappearance of Ibni Oumar Mahamat Saleh’, : http://gorce.typepad.fr/blog/2012/1…

[109] 25 March 2010, resolution adopted by the French National Assembly ‘Foreign Affairs : disappearance of Ibni Oumar Mahamat Saleh in Chad on 3 February 2008’ tabled by Socialist Party MPs Messrs.. Gaëtan Gorce , Jean- Marc Ayrault , Serge Janquin , François Loncle , … http://www.assemblee-nationale.fr/1…

[110] July 26, 2013, ‘Disappearance of Ibni Oumar Mahamat Saleh : Chadian justice dismisses the case’, jeuneafrique.com, July 25, 2013, ‘a new deadlock in the investigation of the disappearance of the opponent Ibni Oumar Saleh’, rfi.fr

  1. What Does the French Army Do in Chad ?

As the website of the Chadian presidency said so well on 18 October 2013, the Chief of Staff of the French armed forces, “Admiral Edouard Guillaud is a regular sight in the corridors of the Presidential Palace”.[111] The French soldiers of “Opération Epervier—Operation Sparrowhawk” which started in February 1986, legionnaires, army and air force soldiers, were in place at the side of the Chadian government even before the arrival of Idriss Déby. Before that the French army had built up a long history of collaboration with Chadian soldiers in 1914-1918, 1939-1945, in Madagascar, Indochina, and Cameroon. Chad is regarded as a military zone.

This presence influenced the decisions of successive French governments, and in the 1990s, according to Verschave “In Paris, what was ‘desired’ by officers who had been or were in Chad (a good-sized lobby) was perceived as an order.”[112] This presence is the link between the regimes of Habré and Déby : “From the killings of ‘Black September’ in 1984 to those of the autumn and winter of 1997-1998, it was the French army that provided the logistics, as one says discreetly, i.e. who took the killers to their place of work. During the slaughter, the French instructors or advisers who accompanied them looked the other way.”[113]

In 1996, the French NGO Survie quoted Tibe Kalande, President of Chad Non-Violence, “Today, [France] supports with one hand the democratic process, and with the other it trains the Republican Guard, which is in fact the author of all the massacres that have taken place in Chad. This ambiguity shocks Chadians (108). […] Under the pretext of reorganizing the army, France equips (with all-terrain vehicles, rifles, …) and trains the Guard. French instructors supervise them. France is playing a double game.”[114]

The French army has had a ringside seat in observing the crimes of Idriss Déby. In February 1998, at Sarh in southern Chad, after the kidnapping of four French people by Mahamout Nahor, massacres were committed on the orders of Déby while French soldiers were nearby. Also, according to Verschave, “Mopping up operations resulted in 57 victims, mostly civilians. Chadian troops were supported by members of Operation Sparrowhawk and a French helicopter.”[115] The French army is also said to have witnessed in February 2008 the assassination of the leader of the democratic opposition, Ibni Oumar Mahamat Saleh.

Sultan Déby is loved by the French General Staff. The French army has continued its collaboration while crimes have piled up, condoning impunity and thus contributing to the trivialization of crimes against humanity. Amnesty reports have come out listing many crimes, especially in the 1990s, but no changes to French military policy have been made to distance it from Déby.

French military cooperation has helped Déby to stay in power, in particular through the two French interventions to save him in 2006 and 2008 when he was faced with rebellions from the East. According to Raphael Granvaud in, “What Does the French Army Do in Africa ?” (Survie, 2009), in 2006, “According to the FUC (United Front for Democratic Change) and the opposition movements, French aircraft not only directly targeted attackers, even in the capital, without regard to “collateral damage” but may also have bombed the cities of Adre and Moudeïna (on the border with Sudan), causing numerous civilian casualties.”[116]

On 28 January 2008, when N’Djamena was under threat by between 2,000 and 3,000 men armed by Sudan, the French army intervened again. According to two journalists of the monthly magazine “Marchés tropicaux – Tropical Markets”, quoted by Raphael Granvaud, “In command was Colonel Jean-Marc Marill, Defense Attaché at the Embassy of France in N’Djamena. Throughout the fighting, he directed operations on behalf of Idriss Déby.”[117] General Puga, personal chief of staff to the President of France since 2010, and very influential in the Malian conflict, was the intermediary between Colonel Marill and Sarkozy. Le Monde wrote on 15 October 2010, “According to several observers, he (Puga) has become one of the most influential people around François Hollande… in the absence of a clear political strategy, the military and their networks are today the gatekeepers of Franco-African relations.”[118] The follow-up European operation EUFOR Chad-CAR-(2008-2009), under French influence, came in for some severe criticism from International Crisis Group : “Thanks to EUFOR Chad-CAR, France has actively contributed to strengthening Déby without helping Chadians to find a lasting solution to their crisis.”[119]

To what extent is the will to support the Chadian president also linked to arms sales during the period of economic crisis that began in 2008 ? In 2013, the ‘Malian diplomatic rent” strengthens his role in “peace and security” which could justify the reinforcing of his army.

Chad is a very corrupt country. Like other dictators, Idriss Déby has put in place his own system for bribery of foreign supporters, in Chad and elsewhere. Evidence of corruption is always hard to obtain when the press has been reduced to a minimum and investigation is impossible. The risk of corruption increases with the length of presence in the country.[120] The consequence of possible corruption of French officers by the Chadian regime is that Idriss Déby would have leverage to influence French policy. It must be hoped that that is not the case, but some confidential sources, in view of the danger, have already sown doubt.[121] The question deserves to be asked so that all aspects of Operation Sparrowhawk and how long it should last can be evaluated.

Furthermore, to overcome the shortcomings of the Chadian government, the French army plays a humanitarian and social role, thanks to the Sparrowhalk military hospital, or by intervening in cases of fire or natural disaster.[122] The Chadian population is also sensitive to jobs which come from the French army presence. Civil cooperation, distancing itself from assistance provided by the Chadian regime, could have long since improved the state of Chad. The European Union shows on its balance sheet, the “drilling of 4,700 wells for access to water in 8 regions and the construction, rehabilitation and equipping of 18 hospitals and more than 50 operating theaters”.[123]

The Chadian army which collaborates daily with the French army participates in repression, in particular by preventing the population from expressing itself freely and from engaging in peaceful protests. If ever freedom of expression finally begins to be possible in Chad, it will be interesting to observe how French troops will react in the case of a decline in freedom and violent repression. For the moment Déby, talks unashamedly of the need to repress those who dream of an “Arab Spring”.[124]

[111] 18 October 2013, Chad-France Cooperation : http://www.presidencetchad.org/affi…

[112] 2000 ‘Noir silence – Black silence’, François-Xavier Verschave, Les Arènes, pp151-171 : Chapter 8 Chad, oil and Dictatorship : p 153

[113] 2000 ‘Noir silence – Black silence’, François-Xavier Verschave, Les Arènes, pp151-171 : Chapter 8 Chad, oil and Dictatorship : p 153

[114] November1994, ‘Non-violence actualité – Non-Violence News, quoted by French NGO Survie in 1996 http://survie.org/publications/les-…

[115] 2000 ‘Noir silence – Black silence’, François-Xavier Verschave, Les Arènes, pp151-171 : Chapter 8 Chad, oil and Dictatorship : p 153

[116]5 October 2009, What does the French army in Africa, Raphael Granvaud, Survie, ‘Dossier Noir – Black File’, pp. 305-308 : http://survie.org/publications/les-… the-french-army-in

[117] 5 October 2009, What does the French army do in Africa ?, Raphael Granvaud, ‘Dossier Noir – Black File’, pp. 308-322 : http://survie.org/publications/les-… French-en-

[118] 15 October 2013, Le Monde, Serge Michel, ‘In the absence of an African network, François Hollande puts the army in the front line : http://www.lemonde.fr/international…

[119] 5 October 2009, What Does the French Army do in Africa ?’, Raphael Granvaud, ‘Dossier Noir – Black File’, Survie, p. 253 : http://survie.org/publications/les-… French army-in-

[120] 12 December 2013, ‘vidéo d’officiers français au mariage du frère de Déby—a video of French army officers at the wedding of Déby’s brother’, : http://www.tchadenligne.com/article…, http://makaila.over-blog.com/2013/1…

[121] See also the example of demobilization severance pay in 1992 : 2000, ‘Noir silence – Black Silence, FX Verschave, ed. Les Arènes, pp. 151-171 : Chapter 8 ‘Chad, Oil and Dictatorship : p. 169

[122] 28 July 2011, ‘Towards a redefinition of the French military presence in Chad ?’ : http://www.france24.com/fr/20110728…

[123] 7 November 2013, The European Union announces a strengthening of its development assistance to Chad for 2014-2020, European Commission Press release : http://europa.eu/rapid/press-releas… 1033_fr.htm

[124] 8 June 2013, ‘Le risque djihadiste libyen menace le Tchad, assure Idriss Déby—The Libyan Jihadist risk threatens Chad, says Idriss Déby’ : http://www.france24.com/fr/20130608…

  1. In 2013, the Attempt at Rehabilitation is via Paris

In 2013, collaboration with France in its intervention in Mali, opened the door for Déby to participate in international discussions on peace and security in Africa. The rest of the international community has amnesia. On 18 October 2013, at the United Nations, only 9 states out of 193 did not vote for Chad and Chad was elevated to the position of non-permanent member of the Security Council for the 2014-2015. To rehabilitate diplomatically Idriss Déby is equivalent to rehabilitating all the other dictators with a lesser record of crime, and in particular those in the former French colonies. To give a “diplomatic” amnesty for the crimes of his 23-year reign in Chad opens the door to other amnesties elsewhere.

For military reasons, the government and the French president either went looking for or accepted help from the Chadian army in Mali.[125] At the same time, they could have asked for guarantees with regard to democracy and human rights in Chad, but that was done so weakly that it barely amounts to having been done at all : “The principles we support must be respected, including in Chad,” is what François Hollande limited himself to saying on 10 May 2013.[126] Hollande spoke about the repression of journalists and opponents that took place in May 2013, and that was right but it also represented a shift in reality and an understatement, because this additional ratcheting up of Déby’s attacks on the press is only a visible, small and recent part of the story. Idriss Déby was merely silencing those who still held out, the people he had not yet eliminated, the few who had survived 23 years of ill treatment ; the cleaning out had been done upstream. Hollande has avoided talking about French collaboration with the Chadian regime during the preceding most violent periods, and thus his statement, “I have convictions, I repeated this to President Déby,”[127] was clearly understood as a guarantee for a certain level of “impunity” in exchange for services rendered in Mali.

Facts are stubborn, but they do not all carry the same weight. To speak only of the last child soldiers in Chad in 2013, of one sole rape in Mali in 2013, repression of the press and a few opponents in 2013, without establishing the context and without mentioning the record of the previous 23 years of the regime, indirectly contributes to the international rehabilitation of a dictator with a long list of major crimes to his name, and this applies to Holland as well as to a few humanitarian NGOs who have become too specialized. Communicating only about the recent 1% of a dictator’s record is to risk obscuring 99% of his crimes.

Chad was elected to the Security Council of the United Nations 18 October 2013 by 184 votes in favor out of 193. Whatever one may infer from this vote about respect of human rights at the UN, this vote is also the result of Chadian support for the French intervention in Mali. Before that, nothing suggested that this country which ranks near the end of every (international) ranking should be proposed.

At the international level, the idea seems implicitly to be to pardon indirectly all crimes committed before the signing of the Treaty of Rome. As, in Chad, most of the crimes against humanity and the greatest number of massacres date from the 1990s, it is primarily these crimes of the1990s that are concealed, all these crimes that were committed in the presence of the French army in Chad. This is only possible because of the very high level of repression over the last 30 years against all organizations working on human rights. Déby is attempting to make people forget the crimes he committed during the many civil war massacres since 1984, his role in the Darfur conflict, or more recently his strong relationship with Gaddafi, both before and during his fall in 2011.

In 2013, the image of the Chadian president has been artificially and superficially cleaned up, for international political reasons because the increase in terrorism in the Sahel has become a major issue. Even if Déby is also threatened by this, he is trying above all to increase his value internationally by playing with European and American fears of terrorism. However, his supporters are also taking a risk, in the same way as Nicolas Sarkozy took a risk with Gaddafi from 2007. There may well be a price to pay one day for this support provided against truth and justice. Is Western pressure to diminish repression being considered, to offset the effects of rehabilitation gained through “Peace and Security’ in Mali ?

[125] 29 July 2012, AFP, Laurent Fabius evokes the Malian situation in Chad with Idriss Déby : http://www.20minutes.fr/politique/9…

[126] 11 May 2013, Le Monde, Arrests in Chad : the unfortunate silence of Paris, http://www.lemonde.fr/a-la-une/arti…

[127] 31 May 2013, An exclusive Interview with François Hollande, http://www.rfi.fr/afrique/20130531-…

  1. Peace and Security in Africa without Democracy and the Rule of Law ?

François Hollande’s speeches of 2012 and early 2013 in favor of democracy, given in Kinshasa[128] and to the European Parliament,[129] fade into the background when compared to acts of support, either stated or implied, to non-democratic regimes, and in 2013 the government seems to be improvising its foreign policy in Africa by focusing only on crisis management. This priority benefits the French and African players who are the least legitimate or who dispose of military force.

The will to train and lead African armies[130] to face up to conflicts does not take into account the fact that most of these armies are used to keep dictators in power. As a result, France’s African policy appears to be the victim of French Army influence and the military-industrial lobby. The other aspects, such as development, human rights, democracy, and the fight against corruption have become secondary.

In times of fiscal crisis which push towards savings and cost sharing, the influence of the military and the industrial lobby also affects the European Union. European construction has progressed over several decades and European foreign policy is still badly defined. In December 2013, with the Foreign Affairs Council on Development Issues[131], and the European Council on the Common Security and Defense Policy (CSDP)[132] European equilibrium was sought across different dimensions : defense, development and democracy. If French influence remains predominant in Chad because of the military presence, this influence is also shared with the EU. The general objectives are becoming more clearly defined, but on the ground in Chad it is difficult to implement them ; in the framework of the 11th European Development Fund (EDF) for 2014-2020, the European Union just announced €442 million of development aid, without insisting on conditions,[133] although Chad itself has announced an increase in its oil production.

The statement of the European Commission of 8 November 2013 on the occasion of the visit of Development Commissioner Andris Piebalgs to Chad says that “in March 2011 the European Union adopted a Strategy for Security and Development in the Sahel. This strategy is based on recognition of the regional nature of the crisis and the indissoluble link between security and development. It has made it possible to consolidate a common European position on the regional crisis and to mobilize significant financial resources for security and development projects. At present, the EU is determined to pursue the implementation of this strategy and to extend its scope to Burkina Faso and Chad.” The message was delivered with great fanfare during a joint trip by the Secretary General of the United Nations, Ban Ki-moon and the Chairperson of the African Union, Dlamini Zuma. European policy is defined at a level higher than that of Chad and the need to free Chad from dictatorship is not mentioned. The logic goes beyond diplomatic constraints, and the European Union in November 2013 seemed to accept the rehabilitation of Idriss Déby that has already been officially accorded at the UN. This European aid contains budgets for democratization and building the Rule of Law, for example human rights projects with town mayors, but reconciles itself to the lack of will on the part of dictators and the lack of long-term results. The delinking of humanitarian aid from politics also plays a role.

With regard to peace and security, a strategy based on putting pressure on dictators to push them to clean up their act in African politics is difficult to justify. Conflicts arise and are resolved according to the level of legitimacy of those who hold power. States are fragile because they have been run by kleptocrats. Above a given threshold of crime and historical responsibility, it is impossible to make a head of state put in place a reform. The slow decline in impunity allows time for other impunities to come into being, for example, if corruption continues or increases while human rights progress. The involvement of political dictators in policies of security and peace in Africa exacerbates the struggle for influence based on personal interests.

Since Déby has regained “international legitimacy”, he has reinforced his military strength outside Chad. He has managed to establish himself as a key player in the Central African Republic he himself destabilized.[134] Many international diplomats are turning a blind eye to the actions of Chad in Central Africa because it challenges the logic they promote.

The European Union would like to begin to define its Common Security and Defense Policy (CSDP) at the European Council of December 2013.[135] The French Presidential summit for “Peace and Security in Africa” on 5-6 December 2013 illustrates the French will to push Europe in the direction of French interests in Africa. Increasingly complementary, French and European policies seem too accommodate themselves too easily to the record of Françafrique and French compromises with dictators, to the point where the justifications underlying recent political choices need to be doubted, such as increased EU aid to Chad given to Chad without sufficient conditions. If European policy does not jolt itself awake, it could well continue to be driven by French policy under the influence of the French military in its alliances with the dictators of Françafrique. Support for democratization in Africa seems to depend to an abnormal extent on probable strengthening of Europe’s security and its arms industry.

Following the war in Mali and with the French summit on “Peace and Security” on 5-6 December 2013, the French government is trying to make believe once again that presidents can build “peace and security” without taking into account the natures of regimes. For the French Government, peoples deprived of credible elections are still excluded from the debate about their own security.

[128] 11 October 2012, François Hollande, interviewed by France24, TV5 Monde and RFI http://www.rfi.fr/afrique/20121011-…, http://www.elysee.fr/president/les-…

[129] 5 February 2013, François Hollande to the European Parliament : http://www.elysee.fr/videos/interve…

[130] 31 May 2013, An exclusive Interview with François Hollande, http://www.rfi.fr/afrique/20130531-…

[131] 12 December 2013, http://www.consilium.europa.eu/ueDo…, SEAE 12 December 2013, Main results of the Council (EN) : http://www.consilium.europa.eu/uedo…

[132] 15 October 2013, C.Ashton on CPDS : http://eeas.europa.eu/statements/do…, http://eeas.europa.eu/statements/do…

[133] 7 November 2013, European Commission Press Release : http://europa.eu/rapid/press-releas…

[134] On 23-24 March 2013, Chadian Special Forces covertly fought the CAR army and South African FOMAC peacekeeping soldiers to open a breach for the Seleka that allowed them to enter Bangui.

[135] 15 October 2013, Statement by Catherine Ashton, High Representative of the EU, about its final report on CSDP

  1. Conclusion : Idriss Déby at the Center of a Hollande version of Françafrique

On 1 October 2013, when questioned by the Foreign Affairs Committee of the National Assembly, Laurent Fabius did not respond to the critical comments made about Idriss Déby by the Member of Parliament Noël Mamère. [136] He seemed to rely on an apparent “consensus” among French members of parliament about the objectives of the French intervention in Mali, which do not take into account the conditions under which the intervention took place. Yet Noël Mamère had just told him that the French government had put itself “under obligation” to Déby : “There are militias in the Central African Republic that are savage, brutal. These are mostly Chadian militias. Chad is headed by a scoundrel, called Idriss Déby, who tortures and liquidates his opponents, and we are now under a debt to him, because for our intervention in Mali we called on Chadian troops who are the only ones who know how to wage war in the desert.”

Driven by the need to succeed in the Mali intervention, without paying heed to the price to be paid, French leaders have tried to rehabilitate Déby internationally. Déby has since then tried to eliminate the little opposition that continued to resist him, helped to trigger the destabilization of the Central African Republic, and has accelerated the process underway in Senegal, through the Hissène Habré trial, aimed indirectly at granting him an amnesty for crimes he has committed. In October 2013, he won a seat as a non-permanent member of the UN Security Council. His will to take advantage of French support linked to the Malian conflict, by showing openly that he is now permitted to do whatever he wishes, also demonstrates the impasse into which the French government has thrown itself by again confirming its alliance with this head of state.

Have Hollande and Fabius measured the consequences of their alliance with the Chadian soldiers fighting in Mali ? Demonstrating the will to work with Idriss Déby without taking into account his 23-year record as a dictator, is to send a very strong signal of support for impunity to all African dictators. These men have no trouble in understanding. Idriss Déby’s long-term record is the worst among the ten or so dictators in France’s 20 former colonies. He has escaped the International Criminal Court by doing what he knew was necessary, and because the ICC does not take into account crimes that took place prior to the Rome Statute. That the state of Chad in 2013 is so horrendous shows above all how impossible it is to reform an extreme regime. Other heads of state whose records are not as extreme have understood that they can now count on French indulgence at all levels : justice, human rights, corruption or electoral processes. That message is being sent, in particular, to the countries of Françafrique, to their regimes as well as to their populations.

To rehabilitate Déby is to rehabilitate every one of the dictators of Françafrique. To give an amnesty to the crimes of Déby is to give an amnesty for the crimes of every dictator in Françafrique. Idriss Déby has become the center of the Françafrique of François Hollande’s five-year mandate, which is a Françafrique of renewed military influence.

Just how much support is France prepared to give to a regime that provides absolutely no chance for the rule of law or democracy to emerge ? Will the European Union give its stamp of approval to political backsliding because it has given priority to the fight against terrorism ? The French government can still change its policy in Chad and Africa. Breaking the deadlock, avoiding falling back into the vicious circle of a dysfunctional relationship between the French State and its former colonies, would necessitate a stop being put to the provision of military and diplomatic support to dictators, and above all to Idriss Déby ; active support being given to African democrats ; French troops being appropriately withdrawn from Chad ; by guarantees being given about the fight against the corruption of French officials in Chad ; and through truth and transparency about all the crimes observed by French officials in Chad between 1982 and 2013.

Paris, 15 December 2013

An Information Kit prepared in the framework of the Collective for Solidarity with Social and Political Struggle in Africa.

[136] 1 October 2013, Laurent Fabius did not reply to Noël Mamère before the Foreign Affairs Committee of the French National Assembly : Video : http://videos.assemblee-nationale.f… , Laurent Fabius speech : http://basedoc.diplomatie.gouv.fr/v…

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  1. Bibliography

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11 mars 2001, compte-rendu des 3 journées d’audience du procès intentés par trois Chefs d’Etat contre FX Verschave auteur de Noir Silence (28 février, 6 et 7 mars 2001) http://www.ardhd.org/francais/bulle…

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13 avril 2006, AFP : Des avions français ont bombardé des villes de l’est du Tchad, http://www.sangonet.com/ActuDo/aiaf…

25 février 2009, Gouvernement USA : 2008 Country Reports on Human Rights Practices, http://www.state.gov/j/drl/rls/hrrp…

octobre 2009, Que fait l’armée française en Afrique, Raphaël Granvaud, Dossier Noir Survie p306, http://survie.org/publications/les-…

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Missing Sources :

To be checked : the UN report on Sudan (for the ICC) which mentions Idriss Déby : the 1st version, before notes about Déby were redacted for the final version : 2 September 2008, UN General Assembly, “Human rights situations that require the Council’s attention : Report of the Special Rapporteur on the situation of human rights in the Sudan, Sima Samar”, A/HRC/9/13, (Chrome) http://daccess-dds-ny.un.org/doc/UN…

Less reliable sources :

1995, Idriss Deby Itno – Biographie http://www.afrique-express.com/afri…

2004, “Idriss Déby, un criminel contre l’humanité soutenu par la France” : Repères http://www.pressafrique.com/m90.html

18 July 2013, A repertoire of Idriss Déby’s Killings (non exhaustive) by the Collective of Indignant Chadian Citizens in Dakar (but, be careful : this is pro-Habré) http://juliette.abandokwe.over-blog…

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  1. Press Release from the Collective for Solidarity with Social and Political Struggle in Africa, October 28, 2013

Chad : How much longer will the population be kept hostage by the worst dictator in Françafrique ?

Press Release from the Collective for Solidarity with Social and Political Struggles in Africa, Paris, October 28, 2013

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The subject of applause when he stands beside François Hollande in Bamako, Idriss Déby the Chadian dictator has just won a seat as a non-permanent member of the United Nations Security Council : the Chadian dictator’s position has been very strongly reinforced by the war in Mali. The fight against “Jihadism” in the Sahel desert was waged by an alliance between the French army and clan troops of a head of state considered one of the worst dictators in Africa. As a result of that alliance, Idriss Déby is now positioning himself as a bulwark against Islamist terrorism in Africa or a potential sub-contractor for military and peacekeeping operations.

Money from oil has enabled the rapid strengthening of the Chadian army since 2003, without any of the profits from oil benefiting the population, even if some infrastructure is beginning to appear above ground. According to the International Crisis Group in 2009, “…oil has become a means for the regime to strengthen its armed forces, reward its cronies and co-opt members of the political class. This has further limited the political space available to the opposition and has helped keep the country in a state of political paralysis which stokes the antagonism between the regime and its opponents.” [1] The petro-state is ranked 184th out of 186 in the UNDP’s Human Development Index [2]. The Chadian government has announced a tripling of its oil production by 2015, which would place it at the same level as Congo-Brazzaville [3] . Recently, it decided to create an investment fund of $50 billion with the help of Samuel Maréchal, a former senior member of the French National Front [4]. This windfall allows Déby to finance his political activities, Gaddafi-style, in Africa. He intimidates other presidents, particularly in West Africa, and in this way he undermines democracy wherever it begins to take root.

During the intervention in Mali in May 2013, Idriss Déby was allowed to crush what little opposition still existed in Chad, with very little international response [5]. However, the repression in Chad in 2013, or even the presence of the remaining Chadian child soldiers, constitute only a very small part of the record of Déby’s 23 year reign : the massacres perpetrated by the ten thousand brutish soldiers of the Republican Guard, the extrajudicial executions, the executions of opponents, the villages burnt to the ground, the tortured or executed prisoners, the list is endless. A full inventory of the crimes committed is impossible to compile because human rights organizations have only partial powers of investigation in Chad. Déby has clearly guaranteed impunity to the people who carry out his orders. He is just as much in the habit of imprisoning or expelling his opponents, as he is in corrupting journalists, human rights activists and politicians, wherever he has a need, either in Chad itself or elsewhere.

The majority of the massacres took place in the 90s and were related to internal wars against uprisings which initially resulted from his previous massacres and the ethnic makeup of the army, and then were provoked by the grabbing of oil revenues by the presidential family and the impossibility of political change. Some of his crimes are crimes against humanity and are not subject to a statute of limitations. The international criminal justice system was developed in the early 2000s. Idriss Déby strongly supported by Jacques Chirac until 2007, has adapted his behavior to avoid prosecution by the International Criminal Court similar to what has happened to Sudanese President al-Bashir [6]. In 1990, the National Commission of Inquiry established that Habré’s victims numbered 40,000. As early as 1993, Amnesty Internatioal warned about the continuity of methods between the regimes of Habré and Déby [7]. Déby has inherited Habré’s immunity ; especially since, as Commander in Chief of the Northern Armed Forces and security adviser to president Habré until his defection in 1989, he led some of the massacres attributed to Habré, including those of ‘Black September’ in 1984 in the South, and, the putting down of the MOSANAT rebel movement between 1986 and 1988 in the Guéra region. With regard to Habré’s trial, Idriss Déby has already negotiated his immunity with the Extraordinary African Chambers in the courts of Senegal, where he is expected to testify against Habré [8].

Since 1990 the French army has not only had a front row seat in the observation of Idriss Déby’s crimes, but also in protecting him. In February 1998, at Sahr in southern Chad, after the kidnapping of four French people by Mahamout Nahor, massacres were committed on Déby’s orders with French soldiers nearby. With regard to the assassination in February 2008 of Ibni Oumar Mahamat Saleh, the leader of the democratic opposition, the French judge who led the investigation, Emmanuel Ducos, may well know the versions of the two French military advisors who were present, in particular that of Colonel Gadoullet [9]. As Habrés crimes have increased in number, the French army has continued to cooperate with him, thus comforting his impunity and contributing to a trivialization of his crimes against humanity. This collaboration has helped Déby to stay in power. France has even gone so far as to save him twice through military intervention, in 2006 and 2008. In addition, to overcome the shortcomings of the Chadian government, the French army has played a positive humanitarian and social role with its “Epervier” military hospital, or when it helps in cases of fire or natural disaster [10].

Idriss Déby has no democratic legitimacy. He arrived by force of arms. He was installed permanently in 1996 by French experts in electoral fraud at a time when Françafrique could do anything it wanted [11]. Since then he has learnt profitably from the experience built up by fellow dictators in the practice of fraudulent elections and crushing of all opposition. The last masquerade, endorsed by the European Union in 2011 following the labors of Louis Michel, the expert on how to hold elections in dictatorships, has brought no progress.

The democratization of Central Africa is currently impossible. The fates of Chad, the Central African Republic, Cameroon, Congo Brazzaville and Gabon are linked. Dictators are generally supportive of each other. This blocked state of affairs is also the result of the policy France has historically followed in the region to ensure its own supply of oil. At the moment, the European Union, which would like to start work on the defense policy it intends to present to the European Council in December, is driven by French politics, under military influence, in its alliances with the dictators of Françafrique. Democratization has been sacrificed in favor of strengthening European security and its arms industry. The French government is trying to make believe (once again) that presidents can build “peace and stability” without taking into account the nature of their regimes. The populations of these countries, deprived of credible elections, are still excluded from the debate about their own security. As a result of regaining a little “international legitimacy” Déby has both increased his external military strength and has managed to establish himself as the key player in the Central African Republic he himself destabilized [12].

On 29 October 2013, Chad will undergo the Universal Periodic Review (UPR) of the UN in Geneva [13]. This review, which is not directly binding, will evaluate what progress has been made in the establishment of the rule of law in Chad. Idriss Déby, even when accused directly, and liable to be held responsible, only lets his regime change very slowly. The recommendations made to the UPR by Amnesty International reveal the true nature of the regime and the paralyzing horror that the population has lived through for the last 23 years [14]. Although the UPR does not ask directly for truth and justice for all the crimes committed by the Chadian regime the rapid implementation of its recommendations is essential.

The Collective for Solidarity with Social and Political Struggles in Africa calls on the French government to urgently change its policy towards Chad by :
 Halting its diplomatic and military support to Idriss Déby
 Providing active support to Chadian Democrats, and the establishment of the rule of law according to the recommendations of the Universal Periodic Review
 Withdrawal of French troops from Chad
 On the occasion of the Habré trial, providing total transparency with regard to all crimes reported by French officials in Chad between 1982 and 2013, with details of the victims of the events of February 2008 including those of Ibni Oumar Mahamat Saleh.

Collective for Solidarity with Social and Political Struggles in Africa

19 Signataires (18+1 after sending*) : Forces Vives tchadiennes en exil, Rassemblement National Républicain (RNR, Tchad), Union des Populations du Cameroun (UPC), Comité d’Action pour la Conquête de la Démocratie en Centrafrique (CACDCA), Fédération des Congolais de la Diaspora (Congo Brazzaville), Mouvement pour le Renouveau Démocratique (MRD, Djibouti, coalition Union pour le Salut National (USN)), Alliance Républicaine pour le Développement (ARD, Djibouti, coalition Union pour le Salut National (USN)), Ca suffit comme cà ! (Gabon), Mouvement pour la Restauration Démocratique en Guinée Equatoriale (MRD), Forum Citoyenneté Monde arabe (FCMA), Amicale panafricaine, Plateforme Panafricaine*, Sortir du Colonialisme, Afriques en lutte, Parti Communiste Français (PCF), Parti de Gauche, Fédération pour une Alternative Sociale et Ecologique (FASE), Europe Ecologie les Verts.

Notes

1. 26 Aug 2009, International Crisis Group : Chad : Escaping from the Oil Trap, http://www.crisisgroup.org/en/regio…

2. 28 March 2013, International Human Development Indicators, http://hdrstats.undp.org/en/countri…

3. 29 september 2013, Pétrole : le Tchad va tripler sa production, http://financialafrik.com/2013/09/2…

4. 02 October 2013, M&A finance s’active au Tchad, http://africaintelligence.fr/LC-/ho…

5. 09 May 2013, updated 07 June 2013, FIDH, LTDH, APTDH : Chad : Crackdown on a background of militarytensions, http://fidh.org/en/africa/Chad/chad…

6. 2 september 2008, U.N. “Human rights situations that require the Council’s attention : Report of the Special Rapporteur on the situation of human rights in the Sudan : http://daccess-dds-ny.un.org/doc/UN…

7. 21 April 1993, CHAD, Amnesty international calls for a full inquiry into army killings in the south in 1993, http://www.amnesty.org/fr/library/a…

8. 30 September 2013, Jean Bernard Padaré : l’avocat qui construit scientifiquement la perte d’Idriss Déby ITNO—Jean-Bernard Padaré, the lawyer who is bringing about the scientific loss of Idriss Déby ITNO”, http://www.ndjamena-matin.com/artic…

9. Septembre 2009, Amnesty : « Disparitions forcées au Tchad—Enforced Disappearances in Chad » : amnesty.fr/sites/default/files/SF09MA084_tchad.pdf, + Amnesty International Report 2009, Chad : Enforced Disappearances, http://www.amnesty.org/en/region/ch…, + 5 March 2013, Survie : Déby redevient fréquentable, l’impunité de ses crimes demeure, survie.org/billets-d-afrique/2013/221-fevrier-2013/article/deby-redevient-frequentable-l

10. 28 July 2011, Vers une redéfinition de la présence militaire française au Tchad ?—Towards a redesign of the French Military Presence in Chad ?” : http://www.france24.com/fr/20110728…

11. Jerôme Grand d’Esnon and André Rouge, Verschave, Noir Chirac, 2002, p225 chap. “Légitimer le frère Déby, bourreau des Tchadiens – Legitimizing brother Déby, Executioner of the Chadians”

12. On 23 & 24 March 2013, the Chadian special forces clandestinely fought against the Central African army and South African soldiers of the FOMAC peacekeeping mission to create an opening in their lines through which the Séléka was allowed to enter Bangui, 8 October 2013, AFP : “La Centrafrique, une affaire de sécurité nationale pour N’Djamena” : http://liberation.fr/monde/2013/10/…

13. 29 October 2013, Chad Universal Periodic Review, U.N. Geneva, http://www.upr-info.org/-Chad-.html

14. 31 July 2013, “Suggested recommendations to States considered in the 17th round of the Universal Periodic Review, 21 October-1 November, 2013”, http://amnesty.org/en/library/asset…

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  1. Presentation of the Collective for Solidarity with Social and Political Struggle in Africa – Paris

https://electionsafrique.wordpress.com/a-propos/

(http://www.electionsafrique.org/Presentation-du-collectif-mise-a.html)

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32 réflexions sur “Tchad 2013 : la réhabilitation impossible d’un dictateur notoire (dossier d’information)

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